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dimanche 5 septembre 2010

Vendredi 18 février
Ici le froid s’est vigoureusement installé. Les fenêtres ont tellement gelé qu’elles ne s’ouvrent plus, et suite à la violente tempête, la radio est coupée depuis lundi dernier. Plus aucun moyen de communication à l’extérieur.
Est venu alors le souvenir de ton précédent courrier, cela fait quelques semaines à présent. Il a tenu place une bonne partie de soirée, et finalement, à force d’y songer, j’ai eu l’impression que tu t’étais retenue, que tu n’osais pas. Est-ce que tu as peur ? Ou est-ce moi qui suis trop libéré ?
Tu sais on regarde parfois les vagues déferler et on se dit que la mer est agitée, mais on a oublié de regarder les profondeurs où on y verrait une mer tout à fait paisible, presque d’une paix bouleversante. Ça serait comme de voir le vent s’engouffrer dans la crinière d’un dieu et de penser alors que son âme en est dérangée.
Les mots étaient comme ces cheveux qui s’envolent, comme ces vagues sans importance, et j’ai vu au fond, que tu jouais avec le vent parce que tu souffrais. Mais la mer qu’il y a en toi, c’est comme le centre de la Terre, comme l’immensité de l’univers, c’est tout pareil. Alors à force de regarder, on finit par voir vraiment.
J’écris de temps en temps, à une ou deux personnes, alors ça fait d’eux des êtres privilégiés, on accorde plus d’importance aux détails que si on écrivait souvent à une demi-douzaine de gens. Tu es donc quelqu’un de privilégié parce que j’accorde plus d’intérêt au fond de la mer plutôt qu’à ses vagues. Je ne sais si c’est ton cas également, et sache que je ne suis pas là pour juger, j’ai aussi écrit à une époque à pas mal de gens, je comprends donc tout à fait que les détails n’ont guère plus aucune importance, on passe directement à l’essentiel.
Tu sais ta souffrance, tu peux me la donner, tu n’as pas à avoir peur, je la diluerai dans ma mer tranquille. Des vagues j’en ai vu plein depuis l’effondrement de l’Atlantide, et une cité de plus ou de moins qui s’écroule, n’a pas plus de valeur qu’un château de cartes, parce que je me fie à ce qui est constant plutôt qu’aux apparences changeantes. Tout ça ne sont que des reflets, des projections d’une nature qui est en perpétuel changement, et il vaut mieux voir ça en tant que spectateur, que de le vivre en tant qu’acteur car alors, nous ne serions pas à la bonne place.
Tout ça pour dire, que même si je n'en suis pas indifférent, les souffrances ne me perturbent plus et n'arriveront guère à altérer mon état, elles ne font que flotter à la surface et disparaissent en absence de vent, je préfère parler du réel fond des choses, alors quand on ne me montre que des vagues, je me déclare absent.
Je suis doucement en train de fondre dans la lumière, alors adieu comme on dit, sauf que là encore, on pourrait n’y voir qu’une vague, pourtant je parle bien de profondeur. Adieu ne veut pas dire à jamais, mais revoyons-nous en Dieu, dans les profondeurs de toute mer, là où résonnent toute vérité, sans artifice, tout simplement. Là je serai présent.

Ne me dis pas que tu souffres
Dis-moi pourquoi tu souffres
Alors je te montrerai que tu ne souffres pas.
En réalité, seules les vagues en donnent l'impression
Il n'en est rien dans les profondeurs.
Tu n’es pas les vagues, ni les cheveux qui s’agitent au vent.


C’est alors qu’il fut gardien de la station E-Vibrya en Alaska, que Joachim Goldf écrivit cette lettre pendant le long hiver 82-83. Vers la fin février, un mois avant sa relève, Goldf quitta définitivement son corps sans raison apparente, un sourire parcourait son visage.
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Avril 1983
« Cher Joachim, j’ai bien reçu ta lettre ici de l’autre coté du monde. Ton frère a bien su à qui adresser tes mots. Je sais que je n’ai pas pu exprimer ce que je ressentais. J’ai eu peur en effet, peur que ces vagues ne viennent blesser les profondeurs de mon cœur. Et maintenant que tu es parti, ô combien je regrette de n’avoir pas osé, de n’avoir pas eu plus de temps, jusqu’à que le vent s’en aille pour de bon. Où que tu sois entends le battement de mes pensées qui ne cessent de répéter ce je t’aime, celui qui jusqu'alors demeurait timide et silencieux. »

« Âlissa, j’ai senti tes mots comme si tu les avais prononcés tout près de moi. Mon frère, fort heureusement, à la capacité d'entrer en contact avec l'au-delà, il a pu retranscrire mes pensées. Je te l’ai dis, je suis en toi, dans ta mer profonde, cherche à l’intérieur et tu trouveras. »

Alors elle médita et trouva Joachim assit dans le creux de son cœur.
« Vois-tu à présent que nous avons toujours été unis, seules les vagues de l’incertitude et du désespoir nous séparaient. Pour toujours nous demeurons dans les abysses de l’éternité, univers infinis où les vagues ne sont apparentes qu’aux mondes égarés. »




Heart - Source Vibrations


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En vérité il n'y a que la lumière
le reste n'est que virtuel
du "je" créant des parties-mentale
d'où les jeux d'ombres naissent et disparaissent
jusqu'à revenir à la source de toute division
plus clair encore vie après vie.
Alors dans le cœur éclatera le Soleil
celui qui purifié aura connu et exploré
son système solaire, de planète en planète
d'âge en âge, d'espèce en espèce
de transformation en réalisation.


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mercredi 1 septembre 2010


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