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mercredi 16 juin 2010


Transit de froid, il nous a parlé hier de la guerre. Aujourd’hui, il ne peut plus et demain, il pourra peut-être. Archi est son nom et avant d’être un adolescent, il était la fois passée une femme d’âge mûr, pour expérimenter a-t-il dit, pour mieux comprendre l’humanité dans sa totalité, ou peut-être Dieu.
Quatre vies différentes en cent vingt ans, ça ne s’invente pas et Archi se repose à présent, installé sur la Place du Capitole, il parle de la guerre, d’auto-assassinat de l’humanité et du monde meilleur qu’il a vu.
Les curieux, explorateurs et aventuriers de la conscience faisant halte à ses côtés, se désaltéraient ici de souffles nouveaux, de fraîches inspirations.
Un soir de tempête, Archi regarda ses troupes et leur dit qu’il s’agissait du visage du monde désirant se manifester, qu’il fallait prier pour que les nuages nous séparent encore de cette vision tragique comme ils l’avaient toujours fait, car ce visage était celui de l’épouvante et qu’il pourrait par sa simple apparition anéantir à jamais ceux n’y étant pas préparés, c’est-à-dire presque tout le monde.
Ce visage, a-t-il dit à quelques prétentieux, est celui de la réalité concernant la vérité humaine. Il s’est forgé et s’est dessiné avec le temps, ses traits sont ceux des puissances malsaines qui dominent en coulisse, qu’on le veuille ou non, toute la marche Terrienne.
Il dit aussi, que si nous pouvions lui renvoyer un de ses éclairs en pleine face, ce visage verrait réellement qui il est, ce qu’il est, ou du moins une partie, car jusqu’à présent, son reflet dans les mers et océans n’y ont rien donné.
Il fallait trouver une solution, parce qu’un beau jour, c’est le visage de la grande tempête qui viendrait et qu’il faudrait faire face coûte que coûte, nous n’aurions pas le choix.
Archi invita donc les hommes et les femmes à réfléchir. Il dit ensuite, que seul un être assez lumineux pourrait faire ça ; un être assez pur pour réfléchir la véritable et toute entière image du monde sans en être atteint lui-même, alors la tragédie dont les êtres sont victimes s’écroulerait d’elle-même.
Il y eut un bref instant de silence, de calme complet, tous se turent. Ils avaient essuyé la pluie durant les heures passées et désormais, un ciel grand se dévoilait, laissant paraitre mille étoiles qui firent place nette dans la pensée globale à une sérénité communicative.
Les nombreux lampadaires qui brillaient faiblement, délivraient à chaque extrémité, comme flottant dans l’air, un étrange halo orangé. C’est toute la Place du Capitole qui semblait s’embarquer pour quelques expéditions de vie, d’éclosions et de créations dans le miroir de l’espace qui se réfléchissait au-dessus de tous, et où l'ensemble paraissait se propulser.
Archi connaissait fort bien le sujet, mais durant l'instant suivant, il laissa les hommes et les femmes converser entre eux.
Alors un porte parole des contrées du Sud se présenta et demanda à Archi quel était ce visage.
_ Il est celui du mal mais mieux encore, le mal qui ne veut pas se voir, qui ne veut pas se connaître, le mal qui se nie, il est le pire de tous.
_ Peut-on le vaincre ? s'enquit-il ensuite.
_ Oui et non. Prenez-y vous dès maintenant et vous pourrez le vaincre à coup sûr. Attendez qu’il se manifeste, niez-le et vous serez perdant.
Alors soudain une femme prêt de là se leva et prit la parole :
_ Oh ça y est je sais Archi, je sais où nous pouvons réellement combattre ce visage ! Je sais où celui-ci se cache, je sais où il réside et ô combien il est difficile de l’y déloger.
_ Oui en effet dit Archi, et beaucoup ne sont pas prêts, cette tempête ne les concernera peut-être pas, mais le visage, lui, sera inévitablement leur tempête intérieure s’ils refusent de voir.
_ Invitez-vous l’humanité tout entière à regarder ce visage ?
_ Oui. Car c’est en regardant le visage du réel qu’on arrête de nier une bonne fois pour toute et que l’on fait face à toutes ses vérités personnelles, à ce que l’on est vraiment, voila le plus grand défi, la plus grande leçon, le plus grand combat, car toutes ces vérités, vos vérités, seront alors révélées au monde entier, et réciproquement, le monde entier n’aura plus aucun secret pour vous. Arrêtez de vous cacher envers vous-mêmes et vous finirez par ne plus vous cacher les uns des autres. Car comment serez-vous prêts à voir le visage du monde si vous n’êtes pas même prêts à voir le votre ? Vous ne pourriez le supporter. Plus vous vous connaîtrez plus vous réduirez vos zones d'ombres. Niez certains aspects et vous laisserez ces ombres se propager, c'est ce qu'il s'est passé avec le monde.
_ Les apparences ?
_ Oui, les masques, les faux-semblants, l’artificiel, le mensonge mais aussi l'inconscience. Ce monde est en manque de vérité. Obtenez la vérité vous obtiendrez la liberté. Alors le jour où la grande tempête viendra pour le monde, vous pourrez lui rire au nez. Le jour où votre véritable visage éclatera dans sa totalité, dans sa transparence, que vous aurez définitivement écarté vos révoltes intérieures, que vous serez finalement libéré de toute tempête, qu’en vous rayonnera un ciel pur et que votre cœur vous dira enfin être un soleil, alors vous assisterez à une envolée ô combien plus grandiose de votre destinée.