Espace dimensionnel - Space Fictions + Photos
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jeudi 29 avril 2010


Swadisthana - Vive



« Il faut que je te parle de Rêv-âme. »

Pour la première fois, cette voix familière résonna en moi, comme un appel, un écho profond, une délivrance. Soudain, les visions se mêlèrent les unes aux autres et en un éclair, je quittai mon corps.

« Il faut que je te parle de Rêv-âme. »
Je me réveillai comme dans un chez moi que j’avais oublié. Lieu de nombreuses visions, il y avait là cette femme que je connaissais, qui me parlait. Yeux entièrement bleus et cheveux de la même couleur, lunaire, laiteuse.
_ Te voilà de retour parmi nous, me dit-elle.
_ Mais je te connais, où suis-je ?
_ Tu es revenu sur Rêv-âme, l’Etoile bleue, ta planète d’origine.
_ Je ne comprends pas. Je ne suis plus sur Terre.
_ Non, la Terre n’est qu’une représentation holographique du mental terrien sur la matière. La dimension extérieure est l'édifice de sa nature intérieure. Tu y es volontairement parti acquérir une grande vertu pour le développement de ton âme. Tous tes souvenirs de vie antérieure sur cette planète t’ont été implantés afin que tu te confondes mieux avec cette humanité et son histoire. Ainsi, comme chaque âme y résidant, tu as dû utiliser uniquement ton libre arbitre pour t’en sortir.
_ Et qui sont ces êtres de lumière qui aident les Terriens dans leur ascension ? N’y a t-il pas des étapes inévitables : physiques, astrales, causales ?
_ Oui et non. Oui pour ceux qui ne sont pas libérés de la Terre et de ses habitants. Il leur faut alors, se dégager lentement dans des dimensions de plus en plus subtiles. Or, pour celui qui est définitivement libéré, nul besoin de ces étapes. Ici, toutes les dimensions ne font qu’une. L'Essence qui est à l'origine de tout est partout et vit dans tout. Croire que la fin de l’évolution d’une âme est de se fondre dans la lumière est un concept erroné, tout est déjà lumière. Ici sur Rêv-âme, qui est cinquante fois plus grande que la Terre, les âmes peuvent revêtir l’apparence qui leur convient, car elles ont une maîtrise parfaite de la matière. Toutes les âmes de cette planète ont atteint un haut niveau vibratoire, enracinées dans la seule force du Cœur Universel, mais il n’est pas rare que quelques-unes demandent à se réincarner ailleurs, si cela peut être utile à un nouveau développement spirituel. Tu as vécu trente-cinq années sur la Terre, mais seulement deux se sont écoulées ici. Rêv-âme est un paradis, une planète de lumière et de paix, d’aide et de guérison pour toutes les espèces de l’univers. Bienvenue chez toi, fit-elle avec un sourire. Maintenant, je te rends ceci. Ce pendentif t’appartient. »
La pierre qui s’y balançait, aux couleurs flamboyantes, dégageait une vive lueur qui, au contact de la peau, m’enveloppa d’une exquise chaleur, et d’un seul coup, la mémoire me revint, intacte.
_ Mais tu es… ! dis-je les yeux brillants.
_ Oui, répondit-elle.
L'Atlantide - Rêv-âme. Nous avions mis onze mille ans à nous retrouver. Elle était ma moitié, mon double, c’était Elle. Celle de mes visions, celle que j’entendais pleurer et gémir, celle dont j’entendais les rires, sentais la présence. Celle qui m’attendait et que j’espérais.
_ J’ignore ce que tu as appris sur Terre, me dit-elle, mais le Grand Sage (l'Esprit de Rêv-âme) veut te voir.

Le Grand Sage s'adresse par télépathie. En regardant droit dans les yeux, il sonde les esprits avec bienveillance. Telles furent ses paroles : « Je connais le pouvoir que tu as acquis là-bas. Ainsi tu pourras mener les êtres de Rêv-âme à la victoire définitive sur l’Armée de L’Ombre. J’ai confiance en toi, va et unissez-vous. »
Je ne compris pas ses derniers mots, mais dans ce qui précédait, j’eus la conviction suprême qu’il ne pourrait y avoir aucune défaite.
Le soir même, je découvris véritablement, le sens ultime de ce qu’était "faire l’amour".
Cela s’est produit le plus naturellement possible, tout était fluidité et harmonie. Pour ces retrouvailles cosmiques, nous avons décidé de nous unir à jamais, comme nous l'étions jadis. Nos âmes se sont d’abord mélangées dans une gamme de couleurs époustouflantes, extase sans limite. Puis elles ont fusionné pour ne faire plus qu’un seul et même individu, l’être parfait, complet, rayonnant. Mon âme comprit être enfin réalisée dans la Pure Conscience. Le retour aux sources. Débordant de lumière, je, ou nous, irradiai d’un bonheur sans fin.
En moi, une voix dit : « Vois, il n’y a aucune étoile, seul ce monde existe, c’est le paradis que chaque âme de l’univers aimerait rejoindre sans le savoir. Tout le reste n’est que conception mentale, où la conscience cherche et veut atteindre au travers l’illusion, la vérité, puis la réalité. »
Je levai la tête et ne distinguai que le noir, profond, calme, vibrant et enivrant.

L’Armée de L’Ombre fut extrêmement facile à vaincre. Son arme est la peur, la nôtre est l'Amour. Celui qui est stable et solide sur ses appuis, avec une certitude inébranlable, entêté dans la seule force d’aimer, ne perdra jamais.
Les créatures sombres et féroces bondirent sur nous, tous crocs et griffes dehors, les yeux injectés de sang. Or, non seulement nous n’avions que de l’amour à leur montrer et leur offrir, mais aussi, nous ne donnions aucune réalité à leurs projections infernales. Pour nous, elles n’étaient que de pauvres âmes en peine, défendant une cause perdue, par manque d’affection, de connaissance, de maturité. Plongé dans le chaos, l’ego est devenu le maître incontrôlable, diable limité et destructeur. L'excès de souffrance entraîne les âmes faibles et ignorantes vers les pensées sombres, la noirceur et les ténèbres.
Suite à cette tragique défaite, bon nombre de ces âmes sont parties sur un autre plan d’existence pour enfin, nous l’espérions, recommencer à évoluer. Le reste s’est enfui ou volatilisé.
Voilà ce qui m’a été donné d’apprendre sur Terre. Tandis que les Terriens n’ont pas acquis la pleine puissance d’aimer, d'être et de se maintenir au niveau du Cœur Universel, leurs âmes renaissent sur cette planète encore et encore, car ils ne perçoivent aucune autre réalité où s’épanouir.

Me voici sur la grande plage, autre vision terrienne.
Les six êtres lumineux s’avancèrent et cette fois-ci, nous nous comprîmes.
_ Aide-nous à nous matérialiser, fit l’un d’eux.
Il s’agissait des six vents éparpillés à jamais. Par le pouvoir de l’esprit, la chose fut faite. Les êtres sont alors apparus avec une consistance "solide", et leurs pensées ont enfin cessé d’être balayées par les courants.

L'Esprit de Rêv-âme fut satisfait. Je refusai tous titres pompeux, néanmoins on me nomma Gardien de la Lumière.
Ensuite, le Grand Sage me demanda ce que je comptais faire.
_ Retourner sur Terre, dis-je. Mais qu’on ne me retire pas la mémoire.
_ Et dans quel but ? fit le Grand Sage.
_ Je souhaite montrer la voie, guider les âmes en difficulté.
_ Tu veux plutôt dire, aider les parties de toi que tu as oublié là-bas, autrement, tu n’aurais aucun désir à y retourner. En vérité, il y aura toujours des âmes en difficulté, là-bas ou ailleurs, c'est inévitable, car il en viendra toujours de nouvelles pour se former et la difficulté est leur apprentissage. Aussi, vouloir aider une humanité en particulier, reviendrait à vouloir aider l’éternité, or nous ne conduisons pas l’éternité, c’est elle qui mène la danse. Ton souhait se porte plutôt sur des êtres chers, divisés de la Source. Ces êtres chers que tu demandes à guider sont ces parties de toi qui sont restées sur Terre, dans l'illusion. Tu penses qu’elles ont quelque chose à apprendre, mais au final, c’est toi qui apprendras le plus. Cette planète, ce lieu, ces habitants, sont déjà en toi ; tout cela devrait être considéré comme du passé. S'accrocher au passé c'est souffrir encore un peu, ou alors, c'est ne plus être sensible à la souffrance. Mais même dans ce cas, cette terre sera toujours perçue comme une terre de souffrance tant qu'elle sera conditionnée par la conscience générale actuelle de ses habitants. Il est extrêmement dur pour une âme ascensionnée de s’y incarner sans douleur.
_ Je sais.
_ Tu ne veux pas profiter un peu plus du bonheur et de la paix ici ?
_ Grand Sage, le bonheur et la paix sont déjà en moi !
_ Bien. Qu’il en soit ainsi. Trente-cinq années te seront de nouveau accordées. »
Son aura inonda le dôme d’une clarté divine, céleste. Tout devint éblouissant et je fermai les yeux, envahit d’une exquise chaleur intérieure. La merkabah (véhicule de lumière) nous transporta alors, de nouveau, avec mes guides instructeurs, comme trente-cinq ans en arrière, à la découverte d'un lieu et de parents propices, ainsi que des enjeux de cette prochaine incarnation.

Durant le voyage, Rêv-âme ne bougea pas mais rétrécit. En réalité, elle se dématérialisa et la Terre prit sa place en grossissant peu à peu. Au delà du mirage, l’Univers est un miracle constant et renouvelable. Il ne s’agissait bien entendu que d’une vérité pour nous. Là où les dimensions ne sont qu’une, un changement d’état entraîne bien souvent leurs séparations. Elles se fondent les unes dans les autres, tout en étant divisées. Ainsi, en ne choisissant qu’une dimension en particulier, un monde s’efface et un autre apparaît.

Et pour l'éternité, partout me suivrait, la Pierre de Rêv-âme.


samedi 17 avril 2010


Bleu, était son ciel.
« Il ne s’agit là que de l’Esprit. »
Il est couleur de sa lumière.
« Ou de l’amour pour la sœur Terre. »
Or bleue, était sa vie.
« C’est une forme de barbarie. »
Peut-être la danse de l’Infini.
« Alors mon rêve s’est accompli. »

Bleu, était son ciel.
« Je crois que c’est plus beau la nuit. »
Mais à l’automne il fuit la vie.
« L’été prend comme un raccourci. »
Et je me sens presque évanoui.
« Chaque fleur donne un peu de sa vie. »
Or bleu, est paradis.
« Ou l’Esprit de mille pays. »

Alors de quelle couleur tu es, toi qui parles presque sans regret ?
« Là d’où toutes sont détachées, est ton royaume qui apparaît. »
Mais bleu était son ciel.
« Comme un tableau que tu repeins. »
Dans le mystère que tu détiens.
« Lequel se trouve entre tes mains.
Or bleue, était ma vie.
« C’est la couleur d’esprit ici. »

Et où est donc ce monde bleu ?
« C’est une étoile, un rêve bleu, un univers aux mille lieux.
Dis-moi tout de l’Infini.
« Quelle est donc cette amnésie ? »
Quelque chose qui broie la vie.
« Ce sont ces murs en ton esprit. »
Mais je me bats pour me sauver.
« Fais donc lumière en tes pensées. »

Bleu, était son ciel.
« Ou le ciel de ton Esprit. »
Or bleue, était sa vie.
« C’est la lumière qui réfléchit. »
De quelle couleur est la lumière ?
« Celle qui détient toutes les envies. »
Et où est donc ce paradis ?
« A l’intérieur de toute vie. »

Bleu, était mon ciel.
« Sans nuage est le palais résidentiel. »
Bleue, était la vie.
« Une forme de lumière s'est adoucie. »
Blanc, finit le ciel.
« Une plénitude révérencielle. »
Blanche, finit la vie.
« Lumière pure et éternelle. »


jeudi 1 avril 2010


Être, ou ce qui devint, l’être, fit Le Premier Rêve. Il nomma ce rêve : l’Être-ange.
Il rêva s’être entièrement divisé. Un rêve qui sembla durer des milliards d’années.
Tous ses goûts, tous ses sentiments, toutes ses pensées, toute sa nature furent propulsés hors de lui, chacun convoitant l’autonomie, l’indépendance, la liberté.
Tous ses miroirs furent projetés à son mental, et ce dernier, créa un monde matérialisé, où des milliards de lui différents prirent vie. Chacun détenant une part distincte de ses qualités.
Ou est-ce, ses milliards de lui, qui, projetés hors de lui créèrent un monde ?
L’être premier fut le seul à savoir qu’il ne s’agissait que d’un rêve, mais toutes ses divisions en étaient inconscientes, et le monde de ce rêve devint une réalité pour elles.
L’être premier se réveilla, et stupéfait, constata que son rêve poursuivait sans lui. Chaque être, chaque partie qui avait été soustraite de lui, affirmait à présent son individualité.
« Nous sommes divisés, nous sommes des milliards, le monde existe », disaient ces miroirs.
Alors toutes ces divisions se battirent les unes contre les autres, prétendant que "leur" qualité était supérieure. Le Moi apparut. Ce monde devint une Terre de Guerre. Un enfer, tant que toutes ces divisions ne se réuniraient point.
L’être premier, du haut de son éveil, contempla ses divisions endormies, en train de rêver.
Il n’y avait strictement rien à faire, à part attendre, que ces créatures se réveillent.
Les souffrances à travers ce monde devinrent insoutenables, et les êtres les plus entraînés commencèrent à percevoir la réalité.
« Ce monde n’est pas réel » dirent-ils. « Si nous souffrons, c’est parce que nous sommes divisés et qu’il nous manque quelque chose. Nous avons cherché le bonheur ici et nous ne l’avons pas trouvé. Ici n’est pas la réalité. »
Alors certains de ces êtres découvrirent qu’ils avaient une âme, et qu’ils appartenaient à un grand Tout. De là, c’est opéré leur éveil.
Bon nombre de ces âmes sortirent alors du rêve, quittèrent la matière et cherchèrent l’être premier pour se fondre à nouveau en lui.
Avant cela, ces êtres-anges, pensaient qu'il était de leur devoir d'aider toutes les entités séparées à sortir également du rêve, de leur enfer inconscient, de leur dualité, du Monde Endormi.

Mais pour tout dire, l’être premier et son rêve, n’étaient qu’un rêve de l’Univers. Un rêve qui lui apporta beaucoup.