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Design, textes et photos eipho

samedi 25 juillet 2009



photo eipho

- Biosphère le monde -


mercredi 22 juillet 2009


Clic & zoOm

photo eipho
C'est
L'arbre aux dix-sept troncs
Un lendemain d'orage
Assis dans les fougères
Qui conta l'histoire
Des vues de la sphère
J'y étais enroulé dans ma hutte
Au large à ciel ouvert
Méditant de l'instant
Attentif à l'appel de ses airs
J'y suis parti exploré
L'antre de sa mer de verre
Aux vues bleues et limpides
Jusqu'à l'horizon des lumières
De mille racines se renouant
Nous confiant la vision de mystères
Où celles de la vue bleue
Délivre la majesté de l'ère
L'arbre a dit pour toujours
Juste se taire.


photo eipho

dimanche 19 juillet 2009


J’ai mis mon âge dans la case téléphone.
Que faites-vous dans la vie ? - Laissez-moi rectifier.
et que ferais-je dans la mort ? Ce que je fais dans la vie,
cette question a-t-elle un sens. On essaye de vivre ou de survivre.
Mais la vraie question ne serait-elle pas, qui êtes-vous dans la vie ?
Tenez, j’ai une photo de mon âme, les autres ce n’est pas moi dessus,
enfin pas moi réellement, c’est juste un corps que j’ai emprunté et que je modèle.
En fait avec nos corps, nous sommes tous plus ou moins des artistes.
Alors peut-être maintenant j’ai une réponse.
Que faites-vous dans la vie ? Je suis l’artiste de mon corps,
je le modèle pour qu’il s’acclimate, la tâche n’est pas aisée au début.
On met du temps à s’apercevoir qu’on vit. La conscience ne vient pas tout de suite,
et puis au bout d’un moment, c’est le corps qui est de trop.
Que faites-vous dans la vie ? Sûrement qu’il me reste encore
deux ou trois choses à régler, sinon je n’y serais plus (dans cette vie).

Ivresse (exaltante…) pleine de charme, à savourer :

Partir seul, prendre une tente, un bon livre, de quoi écrire,
des provisions pour plusieurs jours, et choisir un coin magique et reculé dans une forêt.
Le matin partir marcher, l’après-midi lire, écrire, contempler et méditer.
Découvrir la nature et notre relation avec elle en s’abandonnant à elle.
Respirer avec les yeux, avec les oreilles
Respirer avec le cœur, avec l'âme toute entière.
La conscience décuple dans le bio-être, l'humain ne faisant qu’un avec la nature
ne fait plus qu’un avec la formidable palette de la Vie, en la touchant directement.
Le temps n’existe plus, les conflits s'évanouissent, la tranquillité règne
peu à peu c'est l'organisme qui se fond avec le reste
et on s'oublie pour devenir.

Fonction : devenir oxygène.

jeudi 16 juillet 2009

Voici le centre de la galaxie, disait le Kal-ioupi

glissez dans le fin passage au centre
et tentez d'y apercevoir votre monde


à hésiter autant choisir un point éclairé
on se perd sans lumière, souffla le Kal-ioupi

voici le monde que vous avez choisi
où la vie choisira votre forme
où votre vie choisira son monde
où votre monde choisira sa vie
et
où la vie de votre monde s'accouplant avec le global-monde vous choisira.


Note : et bien je n'écris plus beaucoup en ce moment, juste quelques notes sur 5003 et encore. Me voici dans les arbres, à dormir dans une forêt et à y passer mes journées. Quelques foulées en ville pour voir du monde mais c'est le chant de la néo-nation Àlès que j'entends, ou les milliers de pensées du silence quand le sublime et rare vide ne s'installe pas, ou alors, l'esprit planant dévorant les pages d'un bon bouquin.
Je perçois depuis, à présent, ou pleinement, comme il y a un manque de nous-mêmes dans le virtuel. La vie pleine, débordante, transcendante se trouve dehors, nulle part ailleurs elle n'est plus libératrice, le nez dans la nature.

lundi 6 juillet 2009


Le monde

photo eipho

n'est qu'une

photo eipho

métamorphose


samedi 4 juillet 2009

Suite de Éclat d’ombre



Alors le vieillard après un instant d’égarement et d'hésitation regarda sa propre ombre et dit :
« Où est ce cimetière d’ombre, ce gouffre obscur, ce puits sans fond dont tu m’as conté l’histoire que je puisse me débarrasser de ma vieille ombre trainante et agonisante. Car vois-tu, tu as comme réveillé une nouvelle ombre en moi qui s’agite et ne demande qu’à prendre place et naître de la belle mort de la précédente. Je me sens rajeunir étranger, alors je t’en prie, dis-moi où est cet endroit que j’y cours au plus vite. »
« Regardez cette crête au loin vieil homme, j’en viens, grimpez-y et vous découvrirez le gouffre s’étendre au bas de son flanc, mais veillez à n’y laisser que votre vieille ombre et à ne pas y tomber vous-même dedans. »
« Que dis-tu étranger, mentirais-tu à un vieillard ? Je connais cette crête et je connais tous les endroits alentours car j'y suis né et il y a bien longtemps. Il n’y a aucun gouffre dans ces contrées et aucun homme d’ici n’en a relaté l’existence. »
« Depuis quand connaissez-vous cette crête vieil homme, quand vous y êtes-vous rendu pour la dernière fois, mettrez-vous ma parole en doute ? Il y a deux jours un gouffre s’y trouvait et j’y étais. »
« Et bien soit, je m’y rendrai cette nuit et si ton histoire n’est point vraie prends garde, tous les gens d’ici railleront de toi et tu n’auras plus qu’à déguerpir. »
« Pour vous prouver ma bonne foi je vous attendrai ici même, et je vous confie cette lanterne et mon chien qui vous conduira, car avec lui je suis sûr que vous reviendrez. »
Le vieillard partit alors, boitant et bougonnant dans la nuit sombre, guidé par un chien et à la lueur d’une lanterne tenue au bout d’un bâton.
« Ombre, oh ! ma vieille ombre, dit-il, comme je suis triste en ce jour mais heureux à la fois, car je vais te laisser brave compagne de ma vie et si je ne peux te laisser alors c’est moi que je laisserais là-haut. Vois, mes derniers jours sont proches mais une dernière mission m’est confiée. Si l’étranger dit vrai, une seconde jeunesse m’attend là-haut, mais à présent je souffle car le chemin m’est pénible et je souffre car mon corps me fait mal et toi mon ombre tu as toujours demeuré à mes côtés, cependant, une autre que toi plus solide et plus grande me tend les bras, comment refuser, me le pardonneras-tu ô mon ombre ? Et je te laisserai dans un gouffre froid et sinistre, y trouveras-tu ton compte ou m’en voudras-tu pour l’éternité ô mon ombre ? Mais me voici, j’arrive, m’élançant avec fermeté vers ma destinée. »
Ansi le vieux parla jusqu’à l’aurore, marchant avec hâte sur le sentier montagneux. Puis enfin arrivé au sommet de la crête, il put constater que l’étranger disait vrai.
« Alors voilà d’où vient cette plainte sourde et sinistre martelant la nuit, montant des entrailles de la terre, un terrible mugissement en vérité, celui des ombres qui se meurent, abandonnées et que personne ne veut. Allons mon ami, courage ! quant à toi mon ombre, je suis sûr que tu y trouveras une bonne âme, tu n’es pas encore si mal et moi-même, j’éprouve maintes difficultés à me débarrasser de toi. »
Et c’est avec regret et non sans un dernier mot d’adieu que le vieillard se sépara de sa vieille ombre. Une grande peine s’installa quand l’ombre doucement descendit dans les profondeurs regardant le vieil homme d’un air abattu et il en fut si triste qu’une larme coula sur sa joue.
« Adieu mon passé, dit-il. »
Mais soudain, une chose étrange se produisit. Le vieillard remarqua qu’il n’avait plus d’ombre ou plutôt, que cette ombre n’était plus une ombre mais sa propre silhouette se répandant en une forme nette, claire et lumineuse à ses pieds. Il devint si léger que son corps quitta le sol et lentement il s'éleva vers les cieux. Pris de panique, le vieux accrocha sa barbe de justesse à la dernière branche d’un arbre, y fit un nœud et implora de l’aide. Le chien alors courut dans la vallée avertir son maître.

« Vieil homme qu’avez-vous fait ? Avez-vous jeté votre ombre alors que vous n’en possédiez pas de nouvelle ? Vieil homme que pensez-vous qu’il vous soit arrivé ? Vous avez revêtu l’ombre d’un ange ! voila ce qu’il vous est arrivé. Votre parcours est fini, il vous faut vous détacher, je ne peux vous venir en aide, personne ne peut plus vous venir en aide. »
« Mais enfin, je suis encore en vie, ma vieille ombre celle qui me relie toujours à ce monde se trouve dans ce trou, peut-être puis-je encore la récupérer, aide-moi ! »
« Seule la peur vous fige, détachez-vous de cette peur, détachez-vous de cet arbre. Ne vous sentez-vous pas léger à présent, libre de la pesanteur, libre du poids du monde, des ombres noires, libre de l’effet humain ? N’avez-vous pas envie d’aspirer plus haut, parmi les anges et non plus parmi les hommes ? Votre âme est prête vieil homme, laissez votre corps la rejoindre. »
« Très bien étranger je le ferai, mais d’abord j’ai un dernier vœux à exaucer ici-bas. »
Le vieillard ayant expliqué la chose, se trouva marchant à cinq nuits d’ici, portant sur son dos un sac de pierres. Ainsi lesté, il parcourut de grandes étendues avec un souffle nouveau et la santé d’un jeune homme afin d'aller déterrer un coffret destiné à sa descendance. Personne ne le vit ce soir là. Aux maisons, il y resta quelques guirlandes de fêtes passées et lui, il quitta son sac de cailloux et le posa au sol. L’ombre de l’ange eut ainsi dicté la dernière marche de l’homme.

« Ce gouffre autrefois n'y était pas, est-ce vous qui l'avez créé ?
Vous baladez-vous tous avec votre cimetière d'ombres ?
Abandonnez-les ! Comme l'a fait avant moi celui que j'ai rencontré. »

Telles furent les dernières paroles du vieillard s'adressant aux hommes du haut de sa dernière montagne. Et sa nouvelle ombre lui montra le chemin.


vendredi 3 juillet 2009


Ton ombre vint imiter la mienne, déguisée en un autre moi que je ne crus plus jamais rencontrer. Me suis-je fait surprendre au début que je la saluai comme un vieil ami, ou plutôt, comme à un autre aspect de moi-même que j’ignorai et qui demeura l’énigme d’une nuit entière, mais voilà que son aspect changeant éveilla certaines méfiances dans le crépuscule marchant à mes côtés sur les sentiers de la grande quiétude.
« Cette ombre n’est pas mienne, me suis-je écrié. Qui donc suit mes pas, obscurcissant ma propre ombre et parlant à sa place ? Voila que tout s’éclaire et apparaît comme sous la lumière d’un flambeau, vieille sournoise, inconnue se glissant à bord de radeaux filants pesant sur leur embarcation, à qui appartiens-tu ? »
Et le crépuscule de répondre :
« Cette ombre appartient à celui qui hier est mort en toi. Cette ombre était ta folie perdue s’étant sauvée dans les mondes fous des rondes, des toupies dégénérées et de tout ce qui tourne en vain pour revenir à son début plus vide encore qu’à son départ. Cette ombre-ci, était celle qui dirigeait ta vie, aveugle aux appels du cœur et des senteurs paisibles des inspirations nouvelles. A présent, vois comme tu lui marches dessus sans remords, mais vois aussi comme elle continue de t’amadouer. N’aie plus aucune pitié pour elle, elle est morte mais dans sa mort elle continue de te suivre. Désormais, nous deux savons bien que c’est toi qui lui dictes l’instant et même l’avenir, mais prends garde lorsque tu es assoupi car les ombres nous envahissent, et entre ta nouvelle et ton ancienne ombre un rude combat s’est engagé. »
« Ô crépuscule de ma jeunesse, ô vieil ami de mes jours futurs, tes conseils sont bienvenus et plus clairs encore lorsque tu t’éteins pour reposer tout près sur l’herbe de la nuit. Mes doutes se voient maintenant confirmés, moi ainsi que ma nouvelle ombre nous nous battrons même dans nos rêves, et je lui laisse les siens, ses rêves d’ombre et ses batailles d’ombres, car j’ai les miens et les miens me suffisent, mais je lui prêterai main-forte et veillerai à ce qu’elle ne soit écrasée par aucun soleil espiègle et sournois à cette seule ombre qui est mienne et qui me suivra même dans la nuit, la seule obscurité de moi-même que j’autorise. »
Entendant cela le crépuscule se mit à sourire et la seconde ombre à se cacher derrière les recoins sombres de la première.
« Alors comme ça, il reste une part d’ombre à affranchir, que dis-je, une ombre entière, un abcès, une verrue rampante et ratatinée, sors de là misérable que tu es, pourquoi restes-tu cramponnée à moi, étriquée comme une feuille entre deux pages, t’es-tu perdue dis, ne sais-tu pas où aller à présent ? Vois-tu je n’ai plus besoin de toi, je suis libéré de tes soucis d’ombre, de tes besoins d’ombre car regarde et contemple ma nouvelle ombre, mon nouveau détachement, ses traits sont plus nets, son aspect plus profond, ma nouvelle ombre aspire à remplir les abîmes et son œuvre a déjà commencé et toi, tu n’es plus le reflet que d’un vent fané, tu n’as plus de raison d’être, à part si je ne me trompe, pour m’apprendre une dernière chose car personne n’a besoin de deux ombres. Alors parle je t’écoute une dernière fois, mais ne t’avises pas de me tenter ou je te tuerai. »
Alors l’ombre gémit et se blottit au pied de celui qui fut jadis son maître, et dans la noirceur de son spectre, deux yeux larmoyants apparurent.
« Amant, ami et compagnon tu as été, dit l’ombre, je n’ai rien d’autre pour ma défense que de te rappeler ce que nous avons vécu… »
« Tu étais nourrie par mes pensées anciennes », dis-je en lui coupant la parole.
« Alors si tu as pitié pour ton ancien toi, aie pitié de moi, ombre de cet ancien toi. »
« Justement, tu trouveras un meilleur destin dans ce gouffre que tu vois là-bas, plutôt que de me suivre car nous n’avons plus les mêmes idées, vois comme tu t’accroches même à ce que tu n’aimes plus, tu es répugnante en cela, tu préfères souffrir plutôt que de te retrouver seule, tu refuses une quelconque transformation et te plais dans tes vices et vertus fétides. Loin de moi vomisseuse d’enfantillage, trouves-toi quelqu’un de ta taille, de ton niveau et cherches justement dans ce gouffre-ci, car c’est dans ce genre de précipice obscur, qu’aiment à se mortifier ceux de ton espèce et il se pourrait bien que quelques uns y cherchent leur ombre. »

Et voila que l’on me dit plus tard : « Votre ombre est comme votre double, plus claire encore pendant la nuit. Elle se dessine selon vos aspirations et pensées profondes. Un guide, votre guide ne serait-elle pas devenue ? »
« Vieillard comme vous voyez bien même dans le grand brouhaha de cette taverne lugubre mais sortons plutôt, j’ai à vous montrer. »
Les deux hommes sortirent dans la nuit sans lune et le vieillard put contempler que ce n’était pas l’homme qui parlait mais l’ombre, que ce n’était pas l’homme qui marchait devant mais l’ombre. Il comprit qu’il avait affaire à celui qui suit son ombre comme une ombre, mieux qu’une ombre. Son ombre était devenue le meilleur reflet de lui-même, et l’ombre savait déjà tout de ce que l’homme lui enseignait.
« Voulez-vous savoir pourquoi vieil homme, voulez-vous connaître le secret ? Regardez cette ombre et apprenez que c’est une ombre de Lumière, elle est autonome et j'ai autant confiance en elle qu'en moi-même. »
C'est ainsi que l’ombre causa, car en vérité, quand l'ombre de Lumière parle, l'homme se tait, non parce qu’il ne veuille pas prendre la parole mais parce qu’il ne peut qu’écouter.

Seconde partie : Des anges et des ombres