Espace dimensionnel - Space Fictions + Photos
Police: DS-Digital --> c:\windows\fonts
Design, textes et photos eipho

mercredi 20 mai 2009

Voyages parallèles

photo eipho

depuis la biosphère

photo eipho

et sur les tremplins du monde_

photo eipho

(agrandissement au clic)

dimanche 17 mai 2009

_ On m’annonce hier que je suis mort d’une rupture du cordon ombilical, criait Jean Margoul en courant dans les couloirs de l’hospicial discotheca " Tremplin Paradisio ".
_ Comment cela se fait-il ? lui demande une femme en l’arrêtant d’un doigt.
_ On m’a dit que j’avais tellement maigri du ventre que mes abdominaux ont fait ressortir mon nombril jusqu’au point de l’éclater. Et là, paf ! le cordon qui me reliait à mon corps se pète.
_ Votre cordon d’argent ?
_ Non, il était sous couvert fourchette et couteau d’anonymat, un simple cordon basique.
La femme lève le sourcil droit et fronce le gauche, à la manière de quelqu’un qui cherche à comprendre, ou se donne l’impression de chercher à comprendre et a du mal.
_ J’ai du mal à comprendre, dit-elle.
_ Ça se voit, mais vous êtes infirmière n’est-ce pas ?
_ Ça dépend infirmière de quoi.
_ Alors au hasard, infirmière des petits soucis, infirmière des cordons sur les paquets cadeaux, infirmière des câbles téléphoniques, infirmière des relations âme-corps ? Ah, j’y suis ! Vous êtes l’infirmière du docteur J'oi Épée !
_ Effectivement, si ce n’est que le docteur J'oi Épée et moi ne sommes qu’un. Je ne m’occupe pas que de lui mais nous travaillons main dans la main sur les ruptures de cordons. Faisiez-vous des projections astrales ?
_ Des quoi ?
_ Des décorporations.
_ Oui en effet, mais seulement pour aller manger.
_ Je vois, ainsi ce n’est que votre corps éthérique qui s’alimentait. Transpiriez-vous beaucoup ?
_ Oui, tout à fait.
_ Normal, votre corps physique n’ayant plus assez de solidité pour contenir l’eau en vous, vous vous évaporiez à la moindre surchauffe. Plus d’enveloppe matérielle assez résistante voyez-vous ?
_ À peu près.
_ Jean Margoul, il faut que vous compreniez que nous ne pouvons plus vous faire regagner votre corps. Seule une réincarnation pourrait faire cela mais dans un nouveau corps avec un nouveau cordon. Cependant il reste une solution, et le docteur et moi-même pouvons vous y aider.
_ Quelle est-elle cette solution ?
_ Vous m’êtes sympathique monsieur Margoul, aussi ne dites pas un mot de ce que je vais vous apprendre maintenant. Vous pouvez trouver quelqu’un de la dimension matérielle qui pratique également la décorporation. Pendant le moment où il quitte son corps et n’en est plus maître, vous pouvez vous en emparer.
_ Bonne idée ! Puis-je essayer le corps d’une femme ?
_ Vous pouvez, mais faites attention que son âme ne soit pas plus puissante que la vôtre, de toute façon, si c’est le cas, vous auriez du mal à rentrer dans son corps.
_ Comment ça ?
_ Car elle prend soin avant de partir de protéger son corps par une barrière de protection, une enveloppe quasi impénétrable. Seuls les novices à ce sujet omettent de se protéger.
_ Oui à essayer pourquoi pas lors d’une fête arrosée ça peut être marrant, or pour l’instant, je suis plutôt branché pour une suite d'événements sur un ailleurs transcendant. Docteur J'oi Épée, allons boire un verre d’hélium et transmutons ensemble, ça vous tente ?
_ Je dis oui mais le doc dit non. Et puis sachez que vous ne serez plus là demain. Après l’hospicial discotheca vient le comptoir de l’évaluation, c’est un éthylotest de votre être. Mais nous nous reverrons là-bas, je serai le professeur Onie Harm.
_ Comment vous reconnaîtrai-je ?
_ C’est simple, mes cheveux seront mille cordons ombilicaux flottant dans les airs, tels les serpents de la méduse, pour cause, c’est moi qui distribue comprenez-vous ?
_ Il me semble oui, l’évaluation c’est l’accès aux réincarnations ?
_ Un des passages seulement, car ensuite, si une réincarnation vous est accordée, vient le tunnel des grandes oubliettes du savoir.
_ C’est inquiétant…
_ Quoi donc ?
_ Les oubliettes du savoir, c’est celles qui précédent la naissance pas vrai ?
_ C’est exact.
_ N’y a-t-il pas un moyen de moins oublier ?
_ Plus votre conscience est élevée et moins vous oubliez, voila ce que je peux vous dire.
_ Alors nous verrons bien.
_ Hep ! un instant. Ce n’est pas dit que vous allez être réincarné ou même l’être si rapidement. Il se peut que vous fassiez un voyage dans d’autres temps, dans d’autres dimensions, d’autres univers si l’on juge bon que cela soit bénéfique pour votre âme. Puis selon votre éveil, le degré de votre conscience, une partie plus ou moins grande sera effacée si l’on vous accorde une nouvelle naissance, mais vous garderez tout si l’on vous garde là-haut, à bord de l’illumination finale, qui comporte elle-même nombre de paliers.
À cet instant crucial, Jean Margoul s’empara d’une forme déguisée en vent avec un badge d’infirmière et aux yeux brillants de velours, et dans un élan qu’il qualifiera plus tard d’incontrôlable, il ouvrit grand la bouche et l’aspira. Il souffla en plusieurs fois pour la faire sortir, mais voila que cet individu venait de découvrir l’"amour physique" des esprits.
_ J’ai tout de suite vu que nous faisions partie de la même famille d’âme, chuchota-t-elle, ce qui explique pourquoi je vous ai aidé, mais vous y êtes allé un peu fort.
_ J’ai compris dès lors que vous acceptiez volontairement de vous faire aspirer, que vous étiez celle que j'avais recherché toute ma vie.
_ À votre tour si vous le désirez, et restez-y aussi longtemps que vous voudrez.
_ Ah ah ! docteur J'oi Épée, maudit brigand, sortez de ce corps, vous ne faites plus le poids, allez vous faire réincarner vieux cochon !
Une ombre sortit, comme réveillée d'un long sommeil et se traina lentement vers le sanctuaire des abandons.
_ Prenez sa place Margoul et devenez mon nouveau docteur.
_ Avec joie et paix, lança t-il en s'engouffrant.



jeudi 7 mai 2009


Congregants - Lustmord


00/00/0000 L'éternel instant et tout recommença.
Où se trouvèrent ceux ayant pu survivre?
Où fut, le souvenir de la Vérité?
Partout sous nos pieds, eurent-ils dit.
À quelques kilomètres dessous, les traces d'explosions nucléaires.
Des milliers d'années en arrière et les ossements de géants.
Énigme improbable.

Où chercher, les réels ancêtres?
Alors les visages se tournèrent là-haut.
Le Visage des descendances tombé dans l'oubli.
Mais il y eut comme un vieux rêve. La terre apparut comme un amas de ruines.
Et puis, des tonnes de cendres recouvrèrent tout, pendant des siècles.
Tout fut éteint, endormi. Or sous son nouveau manteau, la terre toujours respira.
Alors la vie doucement, émergea, depuis le début reprit.

00/00/0000 et une seconde.
Quand l'homme revint, il eut une touche de conscience en plus.
Parce qu'ici, le temps lui permit d'atteindre ce nouvel âge.
Cependant, son imaginaire le persuada de croire que certains eurent réussi.
Là où la majorité se réveilla pour rebâtir les jours nouveaux,
Un brin de son âme eut quant à lui, quitté le berceau mère.
Physique ou psychique, cela revenant au même.
Chaque finale dispose toujours d'une part de réussite.

99/99/9999
Bien plus tard, quand les anciens revinrent, personne ne les reconnut.
La vie est la même partout mais changeant d'aspect suivant le milieu, écrivirent les derniers en partant. L'univers et le temps se chargèrent de leur donner la nouvelle apparence indispensable à leur survie, se modifiant où qu'ils aillent.
Voici la cinquième humanité, déclarèrent-ils en les désignant. Trois mille six cents ans les attendraient jusqu'au prochain cycle. Alors la grande question : Quand est-ce qu'enfin, une majorité réussira et ne tombera plus dans son propre piège, libérant ainsi l'ensemble de l'Humanité, la totalité de l'Âme de ce monde. Cependant, plus l'humanité se renouvelait dans les âges et plus elle mûrissait, ce n'était qu'une question de temps. Dans l'attente, le début de la nouvelle finale pouvait commencer.

99/99/9999 et une seconde
Les systèmes contre-nature bâtis par l'homme s'effondrèrent logiquement, et la nature aida cet être polluant à dérégler un climat favorable à sa survie. Tout se répéta donc une fois de plus et cela serait ainsi tant qu'il ne servirait pas correctement de la Vie qui lui était attribuée. Alors, si la question de l'observateur était claire, celle du concerné l'était moins : Sauver son corps ou sauver son âme ?


. Note: Le marquage de l'histoire est comme la fiabilité des témoignages qu'on lui rend. Pour l'instant, tout appartenant toujours au pouvoir de la domination, tout peut encore être modifié par elle. Et prétendre qu'il n'y ait qu'une seule "humanité", c'est prétendre connaître tout l'univers.

dimanche 3 mai 2009

photo eipho


Gavriil Kirsan est né à 73 ans. Si ses premières années à la maison de repos « Rosa Tsvetana » furent emplies d'une paix intérieure qui propageait bien-être et sérénité à ses proches, le reste de sa vie fut marqué par une longue et laborieuse entreprise.
À 72 ans, Gavriil eut sa première dent, un an après il commença à radoter et six mois plus tard, il jeta sa canne dans le vide ordure de la cantine et serra la main du directeur, pour se lancer déclara t-il, à la conquête du monde.
À peine sut-il courir, que Gavriil Kirsan explora l'Inde à dos d'éléphant, dans une aventure qui alla le conduire au bout de trois longues années jusqu'à l'Aeropuerto Internacional de Madrid, non loin d'un grand cimetière d'où celle qui devint sa femme naquit deux semaines plus tard.
C'est à 66 ans que Gavriil épousa Susana. Ils aménagèrent à Valence où tous deux passèrent leur temps dans les livres et leurs occupations au jardinage et à la peinture. Gavriil s'essaya à la poésie, Susana à la spiritualité dans le yoga.
Et puis un beau jour, vint la fin de l'adolescence. Gavriil et Susana découvrirent leurs deux fils de 29 et 31 ans, vivants en Amérique latine où ils allèrent s'installer précipitamment.
Alors à 53 ans, Gavriil travailla dans une mine à charbon onze heures par jour pendant huit ans, ensuite il devint chauffeur-routier pour une carrière voisine, et c'est à l'âge de 41 ans qu'il fit connaissance avec Mama Liz, sa mère, qui vint au monde.
Enfin à 13 ans, Gavriil perçut sa retraite. Une somme misérable dont il se suffit néanmoins. Sa femme se fit vieille et la perte de toutes ses rides annonça le pire.
Leurs dernières années furent séparées par des parents trop jeunes pour demeurer, de part leur activité, à un endroit précis. Ils se dirent au revoir un triste matin d'octobre, Gavriil alors âgé de 12 ans sombra dans un autisme profond quand Susana déménagea, et le reste de sa vie glissa lentement dans une fuite de mémoire, une disparition du langage, une régression tragique.
Mais Gavriil Kirsan fut ce vieillard heureux, ayant toujours ce sourire apaisant dans toutes les situations, jusqu'à l'heure de son enterrement dans le ventre de sa mère, d'où il rejoignit le paradis.