Espace dimensionnel - Space Fictions + Photos
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samedi 28 février 2009


Blood deep in dread - Lustmord



La première fois, est une fois de moins, dit une enfant apparue depuis le toit d'un monde. À bien la regarder, son crâne est lisse et ses grands yeux laissent à peine apercevoir la cicatrice qu'elle porte à ses lèvres.
Elle se pose dans votre main et vous montre du doigt, là-haut, le sommet. Elle se cache derrière vous, derrière votre oreille d'où vous entendez de lointains sanglots, ceux de son âme que vous ne pouvez ignorer et puis, elle vous a choisi, vous.

La première fois, est une fois de moins, répète t-elle.
Elle vole devant vous, se fixe là devant vos yeux et vous regarde intensément, comme si elle voulait que vous contempliez son histoire à travers son regard, vous faire comprendre. Alors elle se saisit de votre main et vous tire en avant. C'est à partir de là, que vous plongez vraiment dans l'univers.

Chacun de vos pas vous élève et vous passez au dessus du toit, marchant dans le vide, la tête en direction du nuage noir, le seul à des kilomètres. Comme un siphon, tourbillon à rêves, vous vous jetez dedans et vous entendez de nouveau : La première fois, est une fois de moins.

Alors prenant votre inspiration, vous fermez les yeux et l'enfant éclate projetant ses particules sur la Terre, vous la délivrant alors, comme un monde parfait, pur et lumineux. Vision d'extase, voilà comment pourrait être la vie ici-bas, quand la maladie de l'immaturité sera guérie. Or il y a toujours la voix de l'enfant et elle vous dit, que cette vision est celle d'un futur, la dimension d'une probabilité. Bien qu'elle soit mince, elle pourrait être matérialisée dans la réalité terrestre et les enfants d'en haut, travaillent à maintenir cette perspective, cette optique d'harmonie, pour les générations futures, mais aussi pour le repos des âmes s'étant libérées de la chair.

La première fois est une fois de moins, comme sa première naissance.
Vous rappelez-vous, où vous étiez ? Et là vous pensez, où j'étais, avant d'être dans le ventre de ma mère ? En vous, vous entendez, oui, c'est bien cette question qu'il faut se poser. Alors vous regardez ce monde, encore, magnifique et rempli d'une paix qui vous soulage le cœur. Vous comprenez que tout à un sens mais vous ne parvenez toujours pas à faire un rapprochement.
La première fois est une fois de moins ?
Attendre le futur pour pouvoir peut-être vivre dans un monde idéal ?

Cette dimension a quelque chose de particulier. Vous saisissez alors que vous êtes dans le corps de l'enfant qui vous a guidé, et que vous voyez le monde à travers ses yeux. Un endroit où chaque galaxie est un œuf contenant ses propres dimensions et la première fois que vous naissez à un endroit, cette fois-ci est une fois de moins. Une fois de moins dans une longue histoire, qui finira par être résolue, recousue, et aperçue dans sa globalitié le jour du grand changement.
Le jour du grand changement...
Pour atteindre le monde idéal ?
Sur notre monde ou dans celui des cieux ?


mercredi 25 février 2009



Ton cœur est bleu et je suis posé par terre.
Comment l'as-tu trouvé dans son numéro de jonglage ?
Le clochard sans amitié fixe et l'écriteau : « Un sourire svp »
Son âme est morte dans une idéosphère n'étant pas d'ici.

Ton cœur est bleu et tu as pris la liberté d'être belle à l'intérieur.
Je grandis et revois les clowns aux mains sales
qui malgré tout, n'arrivent point à t'abîmer
comme quoi, ce qui ne se voit nous rend plus fort.

Ton cœur est bleu et même après l'accident
son silence n'a ni été vain, ni moins inutile.
Comprenant l'invitation à faire le tour du monde
une vigne de vie a pris le relais depuis les points de suspension.

Ton cœur est bleu, renvoyant de brûlantes questions
à ceux se trouvant là-haut, dans les chants d'un soleil
qui en avaient fini de croire en des étoiles qui n'existaient pas.
Ce qui est bien, c'est que l'expérience nous fait voler plus loin.

Ton cœur est bleu et le clochard m'a dit
qu'il ne pouvait changer de couleur qu'avec l'impossible
et qu'importe ceux qui passent dans ta vie
tu restes la même et moi je redescends sur terre.

Ton cœur est bleu. Machinalement, on s'aperçoit que c'est la couleur initiale
comme la pureté de l'univers où tu portes ton regard
et qui éclabousse ceux qui croisent le tien, alors tu les invites à faire de même
dans la délivrance de ces mots qui ne se disent pas.

Ton cœur est bleu et je suis posé par terre.
J'ai atterri et tout compris, l'envers et l'endroit
la situation, nos anciennes vies qui ont fleuries
et ce sens interdit qui pour moi, n'avait rien d'un défi.

Je suis posé par terre et je tiens tout seul.
Le clochard réintègre son âme et retourne dans le passé.
Le monde des idées en parallèle avec celui des vivants
les combats de l'indifférence soignent les couleurs ternes à jamais.


vendredi 20 février 2009

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mardi 10 février 2009


_ Je suis un oligo-élément.
_ Quoi ? demande sa femme.
_ Un saligaud-monument... un congélo-récurrent... un déglingo-boniment...
_ Cherche encore, tu vas finir par trouver, rajoute sa femme.
_ Sac à puces, lui réplique le type, laisse-moi penser en paix. Un tréteau-palpitant...
_ Un très beau ignorant, coupe la femme.
Jean-Paulin (c'est son nom) se retourne de nouveau et regarde Jeanne-Pauline (c'est son nom à elle), un sourire en coin et lance:
_ Tu vas voir toi, tu vas finir à la casserole. Je cherche un qualificatif propre à ma personne.
_ Un substantif.
_ Bon sang de bois, fous-moi la paix que diable.
Essayant autre chose il déclare:
_ Je suis un cerveau-encombrant...
_ Un cerveau de concombre, dit la femme en rigolant.
_ Bien, ça suffit, mettons un terme à cette plaisanterie. Tu cherches à me distraire ou bien ? Ne vois-tu pas que je suis en pleine concentration philosophique ?
_ Tu m'en fais une bonne de concentration philosophique, en démonstration bordélique oui !
_ Bon, très bien...
Jean-Paulin se lève tranquillement de sa chaise, l'air de rien et saute brusquement sur sa femme en essayant de lui mordre les oreilles et le nez.
_ Alors comme ça on se fout de moi hein, voici une inspiration énergique ma ptite.
Roouuonnfffrrr (là il lui mord l'oreille gauche) grrrimmmaarrfff (là le bout du nez).

Voilà qui va produire son effet, se rassure t-il.
Plaquée au sol, la pauvre femme lève le drapeau blanc.
_ Ok ok, t'as gagné, je te laisse tranquille, admet-elle dans un fou rire.
_ Alors où j'en étais, fait-il en se rasseyant sur son siège. Fichtre, tu m'as coupé dans mon élan. Puisque c'est comme ça, je vais en trouver un pour toi de qualificatif. Euh... bourrique-flambée ? relique-colmatée ? tunique de mémé ?
_ Et pourquoi pas, stoïque de l'apogée pendant que tu y es !
_ Oh bravo, pas mal du tout, je prends note très chère.
_ Allez j'en ai assez entendu, je te laisse à tes délires mon vieux.
_ Oui c'est ça, la réflexion est une dure science pour les femmes, dit Jean-Paulin en ricanant.
Ici, c'est elle qui lui saute dessus, le fait basculer en arrière de son siège et pose son pied sur son ventre d'un air triomphant.
_ Alors on s'est fait avoir mon ptit père !
_ Nom d'une pipe, la science des mots est un combat de tous les jours, admet-il. J'ai une question. Est-ce que les mots ont la même force qu'ils soient masculins ou féminins ? Et est-ce que cette même force d'un mot change, quand c'est un homme ou une femme qui le prononce ?
_ Décidément tu es à moitié fou, fait-elle en retirant son pied. Je ne sais pas, et n'y voit aucune importance là-dedans.
_ Ah ah ! Ça en a une, puisque c'est une question ! Une question comme une autre, et chaque question a son importance, car elle mérite sa réponse, déclare Jean-Paulin.
_ ... Mais tu veux en venir où à la fin ?
_ Je cherche Le Qualificatif. Celui que le monde cherche pour lui-même.

Reprenant place sur son fauteuil sidéralement concentré en psychédélisme de l'esprit et laissant cette fois sa compagne parler toute seule, il lève son stylo en l'air devant un nuage apparu à sa fenêtre et chuchote:
... Un humamot-accostant, un êtramot-arpentant, un ciel-à-l'eau-dévastant (un ciel à l'eau ou un ciel halo ?) ... un jour, je trouverai le terme exact.


jeudi 5 février 2009



03H44 - l'alarme prévue sursauta, fit bondir la table de chevet, retira violemment les draps, ouvrit grand la fenêtre et donna une paire de claques à l'individu fort surpris.
03H44 et 2 secondes, l'alarme fut décapitée.

John Boulbole le savait, cette nuit, serait la grande nuit de sa vie.
Il enfila sa perruque, colla ses moustaches et revêtit une combinaison translucide empruntée à grand-maman. Seul héritage d'une ancienne écumeuse de banques, fierté de la famille, condamnée à perpétuité et donc, morte en prison dans sa bave, disait-on.
John Boulbole se glissa le long de la gouttière, passa faire l'amour à sa voisine du second et sauta dans une bétonnière stationnée au bas de l'immeuble.
Il leva lentement la tête pour ne faire dépasser que ses yeux.
03H52 – le fourgon de la Brink's Bank of Crapule Mondial s'apprêtait à passer le carrefour dans moins d'une microseconde.
De source sûre, le convoi spécial rempli de tous les blogs du monde, devait traverser la ville à ce moment précis, informé d'un nouvel itinéraire par Sa Majesté La Srize.

Pour plus de renseignements, John Boulbole est collectionneur, mais aussi grand joueur de loto et tiercé. Il additionne, multiplie, soustraie, calcule des milliards de nombres depuis plus d'une douzaine d'années. Et tout comme les nombres et les hypothèses de réussite alliés à la chance et à la précision, les itinéraires des convois de la brink's peuvent se faire connaître en lieu et heure approximatifs pour tout bon mathématicien faisant confiance à son intuition.

Aussi, John attendit trois jours planqué dans sa bétonnière prêt à bondir tel le renard masqué.
Durant ce temps, il remercia grandement en lui-même, les ouvriers lui ayant fait faire plus de cinq mille tours par jour pour le distraire et lui donner l'apparence et le poids d'une statue, bien efficace pour passer encore plus inaperçu.
Cette fois, John sentit son cœur battre. Ses moustaches n'étaient pas dupes, elles frétillaient, le convoi approchait. Mais le camouflage en statue, rendit sa combinaison translucide inutile. Il ne serait plus invisible. Pas grave, notre ami avait un plan.

Comme un bombardier furtif, le convoi roula sans bruit à l'approche de la planque de Boulbole.
Faisant confiance à ses aptitudes physiques, en une fraction de seconde, John sauta vers le fourgon, d'un énorme bond de plus de quinze centimètres. Malheureusement, il s'écrasa au sol comme l'ancre d'un paquebot jetée du haut de la tour Effeil sur une planche en bascule, qui, faisant contrepoids avec une palette de parpaings, l'envoya dans les airs à la manière d'une catapulte. Il s'écrabouilla comme une crêpe sur le toit du véhicule de la brink's, faisant sauter à l'impact, sa carapace de ciment.

Le fourgon stoppa. Les convoyeurs déclenchèrent la sirène silencieuse, armes aux poings, ils descendirent et émirent les sommations de rigueur, dans le vide.
« Allo, allo, police ? Mayday mayday ! Quelque chose s'est écrasé sur nous, help us de toute urgence ! »

John Boulbole fut de nouveau invisible, merci grand-maman. Il s'infiltra par le pot d'échappement et s'empara des blogs du monde en les avalant. Pourvu que le contenu ne se vide pas dans ses intestins ! Aussi courut-il aussi lentement que possible, évitant les secousses, pour de nouveau escalader la gouttière. Au passage et pour ne pas qu'il aboie, il fit l'amour au chien de la voisine du second et rentra chez lui avec son formidable butin.

Pour finir, disons qu'il lui fut impossible d'extraire les blogs du monde de son corps.
Ceux-ci et on ne sait par quel miracle, étaient toujours alimentés par les internautes.
Donc, John Boulbole bien qu'étant pour l'heure l'homme le plus lu du monde, finit par tellement grossir, qu'il éclata un beau matin d'une forte et intense activité virtuelle.



dimanche 1 février 2009

photo eipho

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