Espace dimensionnel - Space Fictions + Photos
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Design, textes et photos eipho

samedi 19 décembre 2009

_ Regardez bien cette femme, la voyez-vous ?
_ Non, où est-elle ?
_ Trop tard, elle vient de passer.
_ Mais enfin, si elle était venue à passer, je l’aurais vue !
_ Où auriez-vous regardez ?
_ Là où j’aurais vu du mouvement.
_ Et s’il n’y a pas de mouvement et que les choses passent quand même ?
_ Probablement qu’il me faudrait changer ma façon de regarder.

Le détenu 810 se lève, se positionne face au sud et tente de juger au mieux, l’importance qu’a l’ombre de son nez sur son visage.

_ Dans le monde du dessous il est 13H31, lance t-il dans un des tuyaux suspendus.
_ Pourquoi faites-vous ça ?
_ De temps à autre, je donne des informations à mon premier monde.
_ Que voulez-vous dire ?
_ C’est simple, il y a ceux qui vivent à la surface de l’univers et d’autres qui vivent à l’intérieur de cet univers, sur des planètes qui sont leur propre monde. Ceux qui sont à la surface de l’univers ont alors pris conscience que d’autres encore vivaient au-delà, dans les confins du cosmos. Alors je me suis dit qu’il était impossible que la chaîne s’arrête sur une planète et que des mondes inférieurs, des univers intérieurs, existaient également.
Dans chaque Terre il y a un soleil. Celui qui dit Terre, dit par là planète vivante. Qui dit planète dit être, nous sommes des êtres, par conséquent, remplacez le cosmos, les univers et les planètes par des êtres, cela revient au même.
Notre monde est nous-mêmes en nous-mêmes.
Nous vivons à la surface de la Terre comme d’autres vivent à la surface de l’univers.
Et dans leur monde, d’autres vivent encore au-delà, à la surface du cosmos où les univers se projettent toujours plus loin, se cognant aux parois impalpables de l’Inconnu.
Nous sommes donc comme à la surface d’un univers intérieur où d’autres êtres vivraient également dans les profondeurs, au-dedans de dimensions qui leurs sont propres, toujours plus proches du premier soleil, jusqu’à devenir enfin celui-ci. L’être du début est un soleil, l’être de la fin est un soleil.
_ Bref professeur, où voulez-vous en venir ?
_ Vous venez d’arriver ici, vous ne voyez que la cellule et je vous explique qu’il n’y a pas que la cellule.
_ Mais c’est quoi cette histoire de monde, dans quel monde croyez-vous que nous sommes ?
_ Et dans quel monde ne sommes nous pas ? Ce qui est certain, c’est que nous sommes déjà passés physiquement dans les mondes, univers, dimensions comme vous voulez, dits inférieurs. Nous amplifions notre vue sur notre monde et de par cette action, toutes les couches inférieures et supérieures évolues en même temps. Nous passons d’un univers à l’autre sans quitter le premier et toutefois notre conscience ne s’y trouve plus. Le but, est de revenir pas à pas au premier univers tout en continuant à faire grossir le champ de la conscience. Ce champ qui dévoile en son heure, les univers et mondes supérieurs.
_ Pourquoi revenir là d’où nous venons ?
_ Parce que les hommes ne se rappellent plus ce qu’ils sont. Parce que quand ils auront remis le pied dans le premier monde, ils s’apercevront qu’ils sont les Dieux de leurs mondes et univers. S’ils continuent d’avancer aux travers des dimensions sans savoir ce qu'ils sont, les futurs mondes qu’ils créeront ne seront que des pâles copies des précédents.
_ Mais pourquoi me dire tout ça, quel est le sens ici ?
_ Et bien voyez-vous, nous avons créé tous les deux cette cellule. Appelez-la comme vous le voulez. Il se peut que cela soit un univers. Néanmoins une question se pose, la sortie se trouve-t-elle dans les mondes supérieurs ou inférieurs ?
_ Sûrement les deux, mais la façon d’être libre ne serait pas la même.
_ Exact ! Il se peut que la liberté ne soit pas pleine dans les mondes supérieurs si nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, comme une Terre connaît ses habitants.
_ Ce qui veut dire ?
_ Que nous sommes comme une Terre et que nos habitants seraient le reflet de notre âme.
_ Voulez-vous dire que la Terre a une conscience ?
_ Observez-vous et vous verrez que vous êtes égal à une planète. Quand la vie y prend racine, il y a conscience. Cela peut être uniquement dû à son feu intérieur. Voyez les univers en vous et débarrassez-vous de ceux qui ne vous servent plus. Vous libérant de mondes intérieurs vous ouvrirez peu à peu la porte à la présente cellule.
_ Ecoutez, quelque chose ne va pas. Vous dites qu’il faut revenir au premier monde, puis vous dites de me débarrasser de mondes intérieurs et enfin, que le vrai chemin se trouve vers les univers supérieurs, je n’y comprends plus rien.
_ Sachez que vous englobez tous les mondes de votre univers. Vous n’êtes pas un monde, mais vous créez le monde. Revenir au premier monde veut dire, revenir au savoir originel tout en ayant la connaissance et l’expérience des mondes supérieurs, cela sous entend, qu’il faille chercher l’origine en soi tout en l’accommodant aux mondes dans lesquels vous évoluez. L’origine en soi est l’Univers de tous les univers. Rentrez le plus profondément à l’intérieur c’est être au plus loin de tous les mondes, alors les univers n’existent plus, il n’y a plus que l’Absolu et plus aucune cellule entre deux dimensions.
_ Et quelle était cette femme du début ?
_ Peut être ne s’agitait-il pas d’une femme, peut être était-ce votre conscience ou l’image que celle-ci projetait sur un univers supérieur. Votre monde alors était perceptible. Voila pourquoi je vous ai parlé pour vous dire que finalement, la porte de sortie n’est pas forcément celle que l’on croit. La clef d’un monde est dans ce propre monde, tout en prenant connaissance des autres mondes. Trouver le monde réel parmi tous ceux-là et la véritable clef sera à vous.
_ Où irais-je ?
_ Probablement vers un monde plus mûr.
_ Sera-t-il inférieur ou supérieur au précédent ?
_ Physiquement, vous ne pouvez revenir vers la Source, vous ne pouvez que vous en éloignez, mais votre âme elle, peut s’en rapprocher. Si votre conscience trouve la nécessité d’obtenir une ou des connaissances au travers l’expérimentation de la matière alors vous aurez un corps et vous évoluerez à travers les dimensions et mondes supérieurs, ce qui veut dire, d’autres univers, dans ce cas là, vous serez projetez vers les mondes supérieurs. Cependant, il peut y avoir un désir ardent dans ce cheminement qui est de toujours plus connaître les mondes inférieurs pour apprécier pleinement les mondes supérieurs. En adoptant ce procédé, les véritables univers se déploient devant vous et toute porte est grande ouverte.
_ Alors pourquoi me suis-je retrouvé ici ?
_ Parce qu’à un moment donné, il y eu un blocage. Vous vouliez tout trop vite, vous n’avez pas su apprécier ce que vous aviez ou ce que vous aviez était inutile. Il y a parfois ce genre d’arrêt volontaire d’un monde pour se remettre d’aplomb. Vous en faites actuellement l’expérience. Ne souhaitez pas de mondes supérieurs que vous ne connaissez pas, allez voir d’abord les mondes qu’il y a à l’intérieur de vous et augmentez la qualité de cet univers. Ce n’est qu’alors que les véritables couches supérieures vous seront accessibles.

-----

A cet instant, le nouveau venu devint inerte. Son corps se sépara en deux et peu à peu la cellule s’estompa.
Le détenu 810 « l’aidant », est celui que l’on cherche à chaque fois qu’une cellule se présente. Il est à l’intérieur de notre monde et nous apprend que ce monde ne peut être réel sans la connaissance de l’univers dans lequel se trouvent tous les mondes. Quand la réalité est là, tous les mondes se fondent en un et nous voila l’Univers lui-même, et quand l’Univers est dépassé, nous sommes un dieu cosmique qui a désormais le pouvoir de créer à partir du Néant.
Nous déposons nos lumières dans l’obscurité, et de cette première empreinte né un centre appelé soleil, puis sa formidable galaxie qui n’est autre que son aura déployée, illumine les planètes qui se mettent alors à respirer. Celles-ci sont ses centres d’énergie, des chakras galactiques. La première forme de vie, les premiers habitants sont le Soleil-Dieu lui-même, qui expérimente ses nouveaux mondes. La création a toujours existait, tandis que les créateurs vont et viennent dans un cycle sans fin.


David Hykes - Brotherhood


*
- Bonnes fêtes de fin d'année à tous -

vendredi 18 décembre 2009

suite


photo eipho

_ Et à l’intérieur du soleil il y a… ?
Et à l’intérieur du soleil il y a… ?

Le détenu 810 se répétait inlassablement cette question. Bien des noms et formes venaient en lui mais aucun de ceux-là ne le satisfaisaient. Puis un autre détenu vint partager sa cellule.

_ Pourquoi rabâcher sans cesse la même chose ? demanda-t-il.
_ Parce qu’à force de chercher on finit toujours par trouver.
_ Il se peut qu’on ne trouve jamais.
_ Jamais n’existe pas, tout vient un jour.
_ Parlons-nous du soleil d’une galaxie ou du soleil intérieur d’une planète, d’un être ?
_ Cela revient au même. Tout soleil est à l’intérieur de quelque chose. Le soleil d’une galaxie est à l’intérieur de cette galaxie qui est elle-même à l’intérieur d’un univers.
_ Alors peut-être qu’à l’intérieur il y a Dieu.
_ Oui bien sûr qu’il y a Dieu, mais Dieu est partout. Il est à l’intérieur mais est également le soleil, ce qui l’entoure et au-delà.
_ Peut-être est-ce la conscience ?
_ Il y a évidement conscience mais ce que je cherche est cette partie de Dieu qui reste au centre du soleil.
_ Est-ce l’énergie ?
_ Oui voila, c’est l’énergie, la flamme de l’Eternel ! Imaginez un instant que toutes les planètes éveillées d’une galaxie, ses chakras donc, s’alignent parfaitement et vibrent à l’unisson, quelle serait la réaction du soleil selon vous ?
_ Je l’ignore. Il gonfle et explose ?
_ Ou plutôt, la galaxie s’éveille à elle-même, elle se réalise. Tous ses mondes ne font plus qu’un, et elle devient un pur Soleil. Alors elle ascensionne à une conscience supérieure, atteint un nouvel espace de l’univers beaucoup plus grand à éclairer et se fond encore plus en lui jusqu’au jour où, toutes les galaxies feront de même pour cette fois, faire évoluer un univers tout entier, me suivez-vous ?
_ Vaguement, j’en ai bien peur.
_ Un jour, vous rattraperez le train en arrêt. Ce que je veux dire, c’est qu’une galaxie avec ses planètes est comme une horloge, tout comme les centres d’énergie d’un individu, qui à un moment précis, éveille et réaligne ses chakras. Les planètes tournent sans cesse autour du soleil d’une galaxie jusqu’à que toutes soient parfaitement alignées et éveillées, c’est la réalisation galactique opérée par ce même soleil qui l'a rendue faisable.
_ Mais pourquoi me dites-vous tout cela, ne devrait-on pas parler de cette cellule ?
_ Et que croyez-vous que nous fassions ? Parler de tout ce qui entoure une chose permet de mieux comprendre cette chose. Cette cellule ne fait partie que de votre monde.
_ Pas du votre ?
_ Non.
_ Alors qui êtes-vous ?
_ Celui qui vient lorsque l’on a besoin d’aide. Je suis l’aidant de tous dans tous leurs mondes et vous m’avez appelé.
_ Mais enfin, je n’ai appelé personne.
_ Vous pouvez l’avoir fait inconsciemment. Je suis là parce que vous êtes là.
_ J’avoue ne pas bien saisir.
_ Je suis une manifestation de votre subconscient si vous préférez. Cette représentation a pris la forme d’un corps que vous voyez et auquel vous pouvez vous identifier pour mieux le comprendre mais le corps peut se retirer et il ne restera que la voix, préférez-vous cette méthode ?
_ Non, restez là.
_ Je ne suis pas parti.
_ Êtes-vous ma voix intérieure ?
_ Appelez ça comme vous le voulez. Je suis votre voix intérieure mais aussi votre être supérieur. Savez-vous que vous êtes déjà venu me voir tout à l’heure ? Il s’agissait de vous mais pas sous la même forme ni avec le même raisonnement. Vos expériences et vos compétences étaient autres tout en effectuant le même cheminement. Savez-vous pourquoi ?
_ Je n’en ai pas la moindre idée.
_ Parce que ce qui se trouve à l’intérieur de tout, ce qui nous meut, est la même chose pour tous.
_ Et donc ?
_ Donc nous suivons tous une même voie avec des bagages différents. Et lorsque nous rejoignons un terminus, tous nos bagages sont ouverts pour donner consistance et force à ce terminus. Nous repartons alors vers une autre station où nos connaissances antérieures seront très utiles. Comprenez qu’il vous faut devenir un soleil ainsi votre but sera de poursuivre l’énergie.
_ Et si je m’éloigne de ce but ?
_ Vous ne serez d’aucune utilité.
_ Alors si je suis votre raisonnement, là d’où je viens il y a des millions de gens qui n’ont aucune utilité ?
_ Il n’y a d’utilité que cette chose qui leur fera voir et dire plus tard, nous n’avons pas étaient utiles. De par cette chose, ils le deviendront.
_ Donc dans un sens, tout à une utilité.
_ Cela peut-être une utilité pour vous, pas pour le monde. Ou alors, ce monde percevra votre utilité le jour où vous aurez enfin été utile pour vous-même et aurez compris l’importance de vous accomplir dans votre milieu. Ce jour seulement, votre monde commencera à en ressentir les effets. Le soleil est le point central de tout. Cherchez la chaleur et l’énergie en vous et vous trouverez votre soleil, votre salut.

De nouveau la cellule s’estompa et tout reprit un cours normal dans les entrailles de l'univers, rythmé de silence éternel, d’explosions momentanées et de vibrations cosmiques.
Le détenu 810 est " le " détenu. Il n’y a pas deux détenus.
La voix intérieure ne survient que lorsque le détenu 810 s’efface.
Ou peut-on dire aussi qu’il se dédouble, écoutant et observant l'autre partie de lui-même, et que cette partie ne se manifeste que lors de ce détachement parce qu’elle est la vérité du Soleil en lui.

photo eipho

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Une ultime interrogation pesait dans l’esprit de 810. Il énonçait son problème point par point, jusqu’à qu’une réponse satisfaisante arrive d’elle-même à lui.

« L’humain est à la planète ce que celle-ci est à sa galaxie, et cette galaxie est à l’univers ce que celui-ci est au cosmos. L’humain est un spermatozoïde et sa planète est l’ovule, ainsi la galaxie est un spermatozoïde et l’univers est l’ovule. Le cosmos est donc la Mère, alors qui est le Père, où est-il ?
Le cosmos est donc Mère et Père à la fois, c'est-à-dire qu’il n’est ni l’un ni l’autre, qu’il est neutre. Dans ce cas-là, l’univers, la galaxie, la planète et l’être humain sont neutres. La vie par elle-même est donc neutre, mais pour survivre et se reproduire dans la matière elle a besoin de se diviser et par déduction, d’adopter le principe masculin/féminin. L’être humain n’est donc ni un homme ni une femme lorsqu’il est retiré de la matière mais il garde ses expériences masculines et féminines comme n’étant qu’un seul et même état tout en se rappelant avoir été divisé.
Il y a alors une volonté de la vie à se diviser pour mieux croître puis à ne refaire qu’un pour mieux se métamorphoser et ceci dans le seul but de franchir toujours plus loin, toujours plus haut, les marches de tout ce qui n’est pas connu et en prendre connaissance. La vie est ce qui se remplit, le néant est ce qui est vide et la vie souhaite remplir tous les vides. Du plus petit des mondes jusqu’aux plus grands, des atomes et molécules jusqu’aux étoiles, seules les formes et densités changent là où rien en soi ne change, à part l'amplification de la conscience au travers les expériences faisant ainsi évoluer la cellule Vie dans des territoires toujours plus vastes et complexes. »

FIN

mardi 17 novembre 2009



Rideaux lumière ils sont, tombants du ciel, seul plafond nuageux, pensée blanche, voile sur l’horizon, hautes sphères, derrière, les points illuminent le néant.
L’âge, hors temps, les consciences, existences, leurs paradis, l’universel, divisé dans la pluie cosmique, le voyage-vie, fusée sans destination, comète éternelle, force absolue.

Il pleut sur les mondes, les univers, par delà les trous noirs, le maintenant court sur place publique immobile. Les visages alternent ombre et clarté, dans les pupilles, les soleils, les iris percent les « je suis » et tout un monde dégringole, grisaille cités d’acier.
C’est, la muraille de chine - mur de Berlin, les camps concentration - réfugiés, les ghettos - bidonville, les no man’s land - les frontières, coffres-forts - les blindés, l’interminable lutte - l’invasion.

Une écuelle, deux grains, une piécette. Un regard se lève. Une surface d’eau, l’océan dans une goutte, perle de paix coulant d’un œil pyramide. Les êtres se sentent séparés.
Les rangées de lumière sont rideaux célestes ondulants aux vents, pensées humaines, fuseaux d’équinoxes, décalages et mouvements par tous temps. Les êtres se sont divisés.
Sur la vallée lumineuse, baisant les pieds de la Compassion, flottant sur la source, l’étendue souffle, l’éternelle sève, c’est transparent que le miroir devient l’histoire, l’essence-mémoire des hommes et leurs fautes. Les êtres sans souvenirs sont « nous, vous, eux » et tout se répète.
Les glaives projection, feu d’artifice depuis la chair, esprits-canons, édifices-destruction. La matière cherche son dieu dans le sang, pire ombre de soi, un saut sans fond sans toit. Les points illuminent le néant, l’étoile s’éloigne, les êtres perdus, l’humanité modifiée.
Un mur entre chaque, trois barreaux pour parole, un store pour paupière, propagande écouteur et marche sur escalator financier. Cages à lapins, souricières et larges péages-autoroutes. Plate-forme pétrolière, H building et jacuzzis, un peuple s’éteint, un homme s’enrichit.

Âme-carte, topo de l’ascension-unité, examen du plan : déployer son cordon d’argent, étirer ses ailes, boire aux chutes de l’Empire, trinquer à la faillite-fatalité, sauver la première qualité, le créateur en nous.
Les ondes invisibles percent leurs biosphères à cinq mille deux années-lumière, les cœurs-ballon éclatent et la grande montgolfière lâche du lest, des zestes de cruauté, comme la cendre-fumée s’envolant depuis le cendrier des dirigeants-trafiquants, dernière cigarette, dernière pollution, locomotive essoufflée.
La lune retire sa couverture, reflet du côté glacé, froideur d’humanité, le deuxième soleil est né. La dernière bombe est tombée, la dernière main serrée, dernier papier brûlé-signé, enfin la paix, le dernier être est lavé.

Et le volcan jaillit, et le volcan purifie. Les continents s’éloignent un peu plus, et de toujours plus loin, les êtres-phares se rapprochent, les âmes rayonnantes appellent, les peuples scintillants communiquent, dans la clarté du monde-silence, le flambeau depuis l’Euphrate inonde la Terre.
Chaque vague est d’amour-torrent, feu mystique énergisant, gonflant, encore et encore, gonflant l’étincelle intérieure. Les êtres se sont réunis.
Le soleil sans ombre se déplace dans l’astral. La nature beauté s’illumine, le savoir est son réverbère, la connaissance sa lanterne, la mémoire sa veilleuse et la mer s’est écartée, mise en place du plan divin.
La nuit chante sans fin, vitesse harmonique ricochant sur d’etoilées constellations, portes d’outre-temps, sabliers-dimension, les tables Akashiques et leurs sons, sur nous notre chanson.
L’éclipse est le miroir et depuis l’obscurité les rideaux se sont levés. Spectacle de l’Ombre-rayonnant, ondes et vibrations, les gouttes se mêlent, s’unissent, forment la flaque, la rigole, la rivière. Les eaux tombent, les barrages cèdent, saison chaude des averses, ondulations terrestres, les cieux éclairent l’âme collective et l’illumination n’a plus d’explication.
La Terre est un soleil, le soleil un cœur galactique, l'espace solaire, un hymne à la forme-vie, multiple facette du « je suis » et « je vis », « ici et maintenant ». Noyau de l’Esprit, les êtres se sont unis.
Et l’Infini en eux demeure, l’éternelle lueur, centres d’énergies activés. Les êtres sont un, mélange de tous dans la lumière, confondus. La matière s’efface, les corps s’évaporent, et les anges prennent place.

Enfin voici, la finale du cinquième règne. Le soleil humain gonflant, réalisé, irradie tout. La galaxie tremblante, s’attend à l’orgasme du nouvel âge, nouveau cycle. Le coït universel ne s’éteint jamais. L'Essence est la Source, masculin/féminin, le Tout électrique, et nous sommes son courant galopant, à la conquête du néant.
Voici le quatorzième Big Bang. Énième voix du silence, nouvel om.
Évaporé dans le divin, enrichi de l’Histoire-humanité, dans les ténèbres et la conscience déployée, « je », poursuit une route et vient de franchir un cap. Cinq milliards d’années regroupées dans la présence d’une seconde perpétuelle.


dimanche 25 octobre 2009


Lisa Gerrard - Maranatha


J’ai vu, le ciel gris et pluvieux, transpercer les airs tristes de certains matins.
J’ai vu, un grand plancher mouvant d’un bleu laiteux, incroyable couleur contrastant.
La méditerranée gonflée d’audace sur un plafond tourbillonnant, chargé du parfum des hommes, pensées sauvages et solitaires. Les esprits agités remuent avec eux les cieux, la réalité se dessine dans le récipient de l’inconscience générale.
C’est, les pieds sur les galets, les idées sur les sommets, par delà les milliers d’êtres somnolents, les tramways et cent vingt contes de fées, un voyage en train musical, une flèche poignardant le paysage, où les regards subjugués se portent vers une nature intérieure plus féconde, plus fertile de ces rêves, qu’ils gardent profondément au fond d’eux, par crainte d’être aimables et trop bons, dans ce monde austère n’ayant plus que la saveur d’un café froid.


Les foules disparaissent
les immeubles se peignent de vert
les routes de bleu et les fenêtres
de toutes les forêts denses, dansent sans fin.
La rue arbore deux rangées d'arbres géants
et au milieu, sur cette route qui n'en finit pas
faisant le tour de la terre, des centaines d'enfants jouent.
Alors le ballon s'envole au loin, et tous courent après lui
comme s'il était le soleil, l'étincelle de leur vie.
La végétation défile et tout se confond enfin
la durée, le silence et l’espace
Il n’y a plus d'option, plus de valeur, plus d’influence
tout est égal, tout commence là où tout se finit.


samedi 24 octobre 2009

photo eipho

photo eipho

mercredi 2 septembre 2009

Ma-d’âme-our pour se projeter immobile vers toi, c’est le monde qui passe sous les pieds quand la pensée est assez forte pour faire le reste. C’est trouver en soi le guide, conduisant notre véhicule corporel dans une fluidité absolue. Alors le temps se boit comme du petit lait en un breuvage constant et parfaitement limpide, car nos nourritures ne sont plus qu’oxygène et amour. Et c’est alors, que la légèreté nous transforme, dans l’alchimie de nos désirs purs et véritables, nous conduisant vers ce paradis que nous aurons bâti en nous et que nous projetterons en dehors désormais.
Sans relâche, chaque jour le combat n’est plus combat, il n’y a plus à se battre quand tout est accepté. Il n’y a plus le moindre conflit lorsque sur tout nous mettons une vision d’amour. Ainsi il fait toujours beau dans nos têtes et notre âme sans cesse nous sourit, parce qu’en harmonie avec l’Univers.
Et celui-ci nous parle et il nous dit : « C’est toi qui agit à travers moi, c’est toi qui est à travers moi. »
Et comme un ricochet je réponds aux hommes : « Merci d’être là, merci d’exister. »
Et l’humanité de répliquer : « Où est »
Et chacun de se dire : « Ici et maintenant. »

Je suis la brise faisant danser les arbres, je suis le galet au fond du ruisseau, je suis l’étoile qui scintille tout là-haut, je suis le pauvre bougre au fond de son trou qui déprime, je suis le riche qui confond les clefs de ses villas, je suis l’animal, le vagabond, l’ermite, la plante, la feuille, la sève, une vapeur et un nuage.
Expérimentons tout, tous les états, toutes les situations, toutes les rencontres. N’ayons peur de rien. Nourrissons-nous de toutes les facettes de nous qui sont réfléchies tout autour de nous, car elles nous apprennent sur nous et notre monde. Alors le moi n’existe plus, et ce moi devient tout, devient vous, puis nous tous sans exception, dans un ensemble symbolique, une même marche vers une destinée, un point concentré d’énergie, l’humanité c’est Un.

Dans la première vision des choses, c’est dans le rien dit-on, que se trouve Tout. Une fois que l’on a compris l’importance de ce rien, de ce peu de dépendance aux choses, dans le retranchement d’une conscience intégrale, alors il change de nom.
Si l’on pense que l’univers tout comme nos vies sont en partie vides ou dénués de sens, nous nous trompons complètement et nos chemins ne sont sûrement pas les bons.
Mais c’est dans cette tromperie aussi, que finalement, à un moment donné, tout prendra sens et que le chemin changera de forme. Il faut la volonté de se modifier, de se rénover, la volonté de surpasser ce qui nous semble bas et médiocre, la liberté d’être complètement soi et d’agir pour son propre bien, sans être influencé par quelque chose qui tente d’imposer ou de contrôler. Trouver sa résonance véritable, celle qui élève l’être dans une individualité harmonieuse, et qui de par son essence alors transformée, agira sur l’Ensemble sans plus aucun effort.



dimanche 16 août 2009



photo eipho

photo eipho
Et le vent caressa mon visage et prit ma main.
Et l’ombre fidèle et glacée me saisit à l’instant et me dit :
« Pourquoi le suis-tu, n’étions-nous pas bien toi et moi, n’étions-nous pas heureux ? Tu écrivais sur ma peau et je t’amenais loin dans le noir à l’écoute de toi-même. »
Alors je lui souris et elle s’évanouit dans mes bras.
« Regarde le vent, dis-je. Lui ne laisse de trace que pour changer les saisons, que pour retourner mon âme et la métamorphoser. »
Et de ses yeux larmoyants j’entendis :
« À part quand il balaye et détruit, à part quand il gronde et terrasse même l’ombre du plus grand des arbres. »
« Il ne s’agit alors pas de lui, mais du souffle de la colère. Personne d’autre que le porteur d’ombre ne peut se défaire de son ombre, ne peut détruire le reflet de sa propre image, or je ne te détruis pas, je ne te brise pas, je te rends ta liberté. Oh je sais bien ce que tu penses mon ombre ! mais je dois te laisser là aujourd’hui, au bord du chemin. Le vent me tire, le vent m’appelle et dans ce pays où je vais, nul n’a besoin de son ombre et tu n’y survivrais pas. Alors je te rends ta liberté mon ombre, d’autres auront besoin de toi pour connaître le chemin. Apprends-leur et montre-leur tous les recoins sombres de leur personnalité. Sois leur confidente et amie, sois leur révélation et leur libératrice, mais reste dans ton monde car il n’y a que là où tu puisses être utile. Je suis le vent, je pars avec le vent et comme lui je n’ai plus d’ombre. »

Alors tendrement une dernière fois elle m’embrassa, d’un baiser au goût de la nuit, que le vent et moi éclairions en un sillon et une voie, nommée pour toujours Lactée.


samedi 1 août 2009



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(agrandissement au clic) _

samedi 25 juillet 2009



photo eipho

- Biosphère le monde -


mercredi 22 juillet 2009


Clic & zoOm

photo eipho
C'est
L'arbre aux dix-sept troncs
Un lendemain d'orage
Assis dans les fougères
Qui conta l'histoire
Des vues de la sphère
J'y étais enroulé dans ma hutte
Au large à ciel ouvert
Méditant de l'instant
Attentif à l'appel de ses airs
J'y suis parti exploré
L'antre de sa mer de verre
Aux vues bleues et limpides
Jusqu'à l'horizon des lumières
De mille racines se renouant
Nous confiant la vision de mystères
Où celles de la vue bleue
Délivre la majesté de l'ère
L'arbre a dit pour toujours
Juste se taire.


photo eipho

dimanche 19 juillet 2009


J’ai mis mon âge dans la case téléphone.
Que faites-vous dans la vie ? - Laissez-moi rectifier.
et que ferais-je dans la mort ? Ce que je fais dans la vie,
cette question a-t-elle un sens. On essaye de vivre ou de survivre.
Mais la vraie question ne serait-elle pas, qui êtes-vous dans la vie ?
Tenez, j’ai une photo de mon âme, les autres ce n’est pas moi dessus,
enfin pas moi réellement, c’est juste un corps que j’ai emprunté et que je modèle.
En fait avec nos corps, nous sommes tous plus ou moins des artistes.
Alors peut-être maintenant j’ai une réponse.
Que faites-vous dans la vie ? Je suis l’artiste de mon corps,
je le modèle pour qu’il s’acclimate, la tâche n’est pas aisée au début.
On met du temps à s’apercevoir qu’on vit. La conscience ne vient pas tout de suite,
et puis au bout d’un moment, c’est le corps qui est de trop.
Que faites-vous dans la vie ? Sûrement qu’il me reste encore
deux ou trois choses à régler, sinon je n’y serais plus (dans cette vie).

Ivresse (exaltante…) pleine de charme, à savourer :

Partir seul, prendre une tente, un bon livre, de quoi écrire,
des provisions pour plusieurs jours, et choisir un coin magique et reculé dans une forêt.
Le matin partir marcher, l’après-midi lire, écrire, contempler et méditer.
Découvrir la nature et notre relation avec elle en s’abandonnant à elle.
Respirer avec les yeux, avec les oreilles
Respirer avec le cœur, avec l'âme toute entière.
La conscience décuple dans le bio-être, l'humain ne faisant qu’un avec la nature
ne fait plus qu’un avec la formidable palette de la Vie, en la touchant directement.
Le temps n’existe plus, les conflits s'évanouissent, la tranquillité règne
peu à peu c'est l'organisme qui se fond avec le reste
et on s'oublie pour devenir.

Fonction : devenir oxygène.

jeudi 16 juillet 2009

Voici le centre de la galaxie, disait le Kal-ioupi

glissez dans le fin passage au centre
et tentez d'y apercevoir votre monde


à hésiter autant choisir un point éclairé
on se perd sans lumière, souffla le Kal-ioupi

voici le monde que vous avez choisi
où la vie choisira votre forme
où votre vie choisira son monde
où votre monde choisira sa vie
et
où la vie de votre monde s'accouplant avec le global-monde vous choisira.


Note : et bien je n'écris plus beaucoup en ce moment, juste quelques notes sur 5003 et encore. Me voici dans les arbres, à dormir dans une forêt et à y passer mes journées. Quelques foulées en ville pour voir du monde mais c'est le chant de la néo-nation Àlès que j'entends, ou les milliers de pensées du silence quand le sublime et rare vide ne s'installe pas, ou alors, l'esprit planant dévorant les pages d'un bon bouquin.
Je perçois depuis, à présent, ou pleinement, comme il y a un manque de nous-mêmes dans le virtuel. La vie pleine, débordante, transcendante se trouve dehors, nulle part ailleurs elle n'est plus libératrice, le nez dans la nature.

lundi 6 juillet 2009


Le monde

photo eipho

n'est qu'une

photo eipho

métamorphose


samedi 4 juillet 2009

Suite de Éclat d’ombre



Alors le vieillard après un instant d’égarement et d'hésitation regarda sa propre ombre et dit :
« Où est ce cimetière d’ombre, ce gouffre obscur, ce puits sans fond dont tu m’as conté l’histoire que je puisse me débarrasser de ma vieille ombre trainante et agonisante. Car vois-tu, tu as comme réveillé une nouvelle ombre en moi qui s’agite et ne demande qu’à prendre place et naître de la belle mort de la précédente. Je me sens rajeunir étranger, alors je t’en prie, dis-moi où est cet endroit que j’y cours au plus vite. »
« Regardez cette crête au loin vieil homme, j’en viens, grimpez-y et vous découvrirez le gouffre s’étendre au bas de son flanc, mais veillez à n’y laisser que votre vieille ombre et à ne pas y tomber vous-même dedans. »
« Que dis-tu étranger, mentirais-tu à un vieillard ? Je connais cette crête et je connais tous les endroits alentours car j'y suis né et il y a bien longtemps. Il n’y a aucun gouffre dans ces contrées et aucun homme d’ici n’en a relaté l’existence. »
« Depuis quand connaissez-vous cette crête vieil homme, quand vous y êtes-vous rendu pour la dernière fois, mettrez-vous ma parole en doute ? Il y a deux jours un gouffre s’y trouvait et j’y étais. »
« Et bien soit, je m’y rendrai cette nuit et si ton histoire n’est point vraie prends garde, tous les gens d’ici railleront de toi et tu n’auras plus qu’à déguerpir. »
« Pour vous prouver ma bonne foi je vous attendrai ici même, et je vous confie cette lanterne et mon chien qui vous conduira, car avec lui je suis sûr que vous reviendrez. »
Le vieillard partit alors, boitant et bougonnant dans la nuit sombre, guidé par un chien et à la lueur d’une lanterne tenue au bout d’un bâton.
« Ombre, oh ! ma vieille ombre, dit-il, comme je suis triste en ce jour mais heureux à la fois, car je vais te laisser brave compagne de ma vie et si je ne peux te laisser alors c’est moi que je laisserais là-haut. Vois, mes derniers jours sont proches mais une dernière mission m’est confiée. Si l’étranger dit vrai, une seconde jeunesse m’attend là-haut, mais à présent je souffle car le chemin m’est pénible et je souffre car mon corps me fait mal et toi mon ombre tu as toujours demeuré à mes côtés, cependant, une autre que toi plus solide et plus grande me tend les bras, comment refuser, me le pardonneras-tu ô mon ombre ? Et je te laisserai dans un gouffre froid et sinistre, y trouveras-tu ton compte ou m’en voudras-tu pour l’éternité ô mon ombre ? Mais me voici, j’arrive, m’élançant avec fermeté vers ma destinée. »
Ansi le vieux parla jusqu’à l’aurore, marchant avec hâte sur le sentier montagneux. Puis enfin arrivé au sommet de la crête, il put constater que l’étranger disait vrai.
« Alors voilà d’où vient cette plainte sourde et sinistre martelant la nuit, montant des entrailles de la terre, un terrible mugissement en vérité, celui des ombres qui se meurent, abandonnées et que personne ne veut. Allons mon ami, courage ! quant à toi mon ombre, je suis sûr que tu y trouveras une bonne âme, tu n’es pas encore si mal et moi-même, j’éprouve maintes difficultés à me débarrasser de toi. »
Et c’est avec regret et non sans un dernier mot d’adieu que le vieillard se sépara de sa vieille ombre. Une grande peine s’installa quand l’ombre doucement descendit dans les profondeurs regardant le vieil homme d’un air abattu et il en fut si triste qu’une larme coula sur sa joue.
« Adieu mon passé, dit-il. »
Mais soudain, une chose étrange se produisit. Le vieillard remarqua qu’il n’avait plus d’ombre ou plutôt, que cette ombre n’était plus une ombre mais sa propre silhouette se répandant en une forme nette, claire et lumineuse à ses pieds. Il devint si léger que son corps quitta le sol et lentement il s'éleva vers les cieux. Pris de panique, le vieux accrocha sa barbe de justesse à la dernière branche d’un arbre, y fit un nœud et implora de l’aide. Le chien alors courut dans la vallée avertir son maître.

« Vieil homme qu’avez-vous fait ? Avez-vous jeté votre ombre alors que vous n’en possédiez pas de nouvelle ? Vieil homme que pensez-vous qu’il vous soit arrivé ? Vous avez revêtu l’ombre d’un ange ! voila ce qu’il vous est arrivé. Votre parcours est fini, il vous faut vous détacher, je ne peux vous venir en aide, personne ne peut plus vous venir en aide. »
« Mais enfin, je suis encore en vie, ma vieille ombre celle qui me relie toujours à ce monde se trouve dans ce trou, peut-être puis-je encore la récupérer, aide-moi ! »
« Seule la peur vous fige, détachez-vous de cette peur, détachez-vous de cet arbre. Ne vous sentez-vous pas léger à présent, libre de la pesanteur, libre du poids du monde, des ombres noires, libre de l’effet humain ? N’avez-vous pas envie d’aspirer plus haut, parmi les anges et non plus parmi les hommes ? Votre âme est prête vieil homme, laissez votre corps la rejoindre. »
« Très bien étranger je le ferai, mais d’abord j’ai un dernier vœux à exaucer ici-bas. »
Le vieillard ayant expliqué la chose, se trouva marchant à cinq nuits d’ici, portant sur son dos un sac de pierres. Ainsi lesté, il parcourut de grandes étendues avec un souffle nouveau et la santé d’un jeune homme afin d'aller déterrer un coffret destiné à sa descendance. Personne ne le vit ce soir là. Aux maisons, il y resta quelques guirlandes de fêtes passées et lui, il quitta son sac de cailloux et le posa au sol. L’ombre de l’ange eut ainsi dicté la dernière marche de l’homme.

« Ce gouffre autrefois n'y était pas, est-ce vous qui l'avez créé ?
Vous baladez-vous tous avec votre cimetière d'ombres ?
Abandonnez-les ! Comme l'a fait avant moi celui que j'ai rencontré. »

Telles furent les dernières paroles du vieillard s'adressant aux hommes du haut de sa dernière montagne. Et sa nouvelle ombre lui montra le chemin.


vendredi 3 juillet 2009


Ton ombre vint imiter la mienne, déguisée en un autre moi que je ne crus plus jamais rencontrer. Me suis-je fait surprendre au début que je la saluai comme un vieil ami, ou plutôt, comme à un autre aspect de moi-même que j’ignorai et qui demeura l’énigme d’une nuit entière, mais voilà que son aspect changeant éveilla certaines méfiances dans le crépuscule marchant à mes côtés sur les sentiers de la grande quiétude.
« Cette ombre n’est pas mienne, me suis-je écrié. Qui donc suit mes pas, obscurcissant ma propre ombre et parlant à sa place ? Voila que tout s’éclaire et apparaît comme sous la lumière d’un flambeau, vieille sournoise, inconnue se glissant à bord de radeaux filants pesant sur leur embarcation, à qui appartiens-tu ? »
Et le crépuscule de répondre :
« Cette ombre appartient à celui qui hier est mort en toi. Cette ombre était ta folie perdue s’étant sauvée dans les mondes fous des rondes, des toupies dégénérées et de tout ce qui tourne en vain pour revenir à son début plus vide encore qu’à son départ. Cette ombre-ci, était celle qui dirigeait ta vie, aveugle aux appels du cœur et des senteurs paisibles des inspirations nouvelles. A présent, vois comme tu lui marches dessus sans remords, mais vois aussi comme elle continue de t’amadouer. N’aie plus aucune pitié pour elle, elle est morte mais dans sa mort elle continue de te suivre. Désormais, nous deux savons bien que c’est toi qui lui dictes l’instant et même l’avenir, mais prends garde lorsque tu es assoupi car les ombres nous envahissent, et entre ta nouvelle et ton ancienne ombre un rude combat s’est engagé. »
« Ô crépuscule de ma jeunesse, ô vieil ami de mes jours futurs, tes conseils sont bienvenus et plus clairs encore lorsque tu t’éteins pour reposer tout près sur l’herbe de la nuit. Mes doutes se voient maintenant confirmés, moi ainsi que ma nouvelle ombre nous nous battrons même dans nos rêves, et je lui laisse les siens, ses rêves d’ombre et ses batailles d’ombres, car j’ai les miens et les miens me suffisent, mais je lui prêterai main-forte et veillerai à ce qu’elle ne soit écrasée par aucun soleil espiègle et sournois à cette seule ombre qui est mienne et qui me suivra même dans la nuit, la seule obscurité de moi-même que j’autorise. »
Entendant cela le crépuscule se mit à sourire et la seconde ombre à se cacher derrière les recoins sombres de la première.
« Alors comme ça, il reste une part d’ombre à affranchir, que dis-je, une ombre entière, un abcès, une verrue rampante et ratatinée, sors de là misérable que tu es, pourquoi restes-tu cramponnée à moi, étriquée comme une feuille entre deux pages, t’es-tu perdue dis, ne sais-tu pas où aller à présent ? Vois-tu je n’ai plus besoin de toi, je suis libéré de tes soucis d’ombre, de tes besoins d’ombre car regarde et contemple ma nouvelle ombre, mon nouveau détachement, ses traits sont plus nets, son aspect plus profond, ma nouvelle ombre aspire à remplir les abîmes et son œuvre a déjà commencé et toi, tu n’es plus le reflet que d’un vent fané, tu n’as plus de raison d’être, à part si je ne me trompe, pour m’apprendre une dernière chose car personne n’a besoin de deux ombres. Alors parle je t’écoute une dernière fois, mais ne t’avises pas de me tenter ou je te tuerai. »
Alors l’ombre gémit et se blottit au pied de celui qui fut jadis son maître, et dans la noirceur de son spectre, deux yeux larmoyants apparurent.
« Amant, ami et compagnon tu as été, dit l’ombre, je n’ai rien d’autre pour ma défense que de te rappeler ce que nous avons vécu… »
« Tu étais nourrie par mes pensées anciennes », dis-je en lui coupant la parole.
« Alors si tu as pitié pour ton ancien toi, aie pitié de moi, ombre de cet ancien toi. »
« Justement, tu trouveras un meilleur destin dans ce gouffre que tu vois là-bas, plutôt que de me suivre car nous n’avons plus les mêmes idées, vois comme tu t’accroches même à ce que tu n’aimes plus, tu es répugnante en cela, tu préfères souffrir plutôt que de te retrouver seule, tu refuses une quelconque transformation et te plais dans tes vices et vertus fétides. Loin de moi vomisseuse d’enfantillage, trouves-toi quelqu’un de ta taille, de ton niveau et cherches justement dans ce gouffre-ci, car c’est dans ce genre de précipice obscur, qu’aiment à se mortifier ceux de ton espèce et il se pourrait bien que quelques uns y cherchent leur ombre. »

Et voila que l’on me dit plus tard : « Votre ombre est comme votre double, plus claire encore pendant la nuit. Elle se dessine selon vos aspirations et pensées profondes. Un guide, votre guide ne serait-elle pas devenue ? »
« Vieillard comme vous voyez bien même dans le grand brouhaha de cette taverne lugubre mais sortons plutôt, j’ai à vous montrer. »
Les deux hommes sortirent dans la nuit sans lune et le vieillard put contempler que ce n’était pas l’homme qui parlait mais l’ombre, que ce n’était pas l’homme qui marchait devant mais l’ombre. Il comprit qu’il avait affaire à celui qui suit son ombre comme une ombre, mieux qu’une ombre. Son ombre était devenue le meilleur reflet de lui-même, et l’ombre savait déjà tout de ce que l’homme lui enseignait.
« Voulez-vous savoir pourquoi vieil homme, voulez-vous connaître le secret ? Regardez cette ombre et apprenez que c’est une ombre de Lumière, elle est autonome et j'ai autant confiance en elle qu'en moi-même. »
C'est ainsi que l’ombre causa, car en vérité, quand l'ombre de Lumière parle, l'homme se tait, non parce qu’il ne veuille pas prendre la parole mais parce qu’il ne peut qu’écouter.

Seconde partie : Des anges et des ombres



dimanche 28 juin 2009

photo eipho
Wax tailor - Seize the day

Voici le fond d'une ville à penser.
Endormez-vous, j'ai besoin de toute votre attention
Fermez les yeux, agitez mieux les profondeurs
les boulevards et périphériques, voyez là
glissez-y un métro, un viaduc sur cent tours
faites des bas quartiers, des coins sobrement pittoresques
Soyez sûr, absolument sûr que vos chevilles resteront bien attachées
Alors allons-y. Voici le fond d'une ville à penser
L'homme brûlant, morceau de roche sur l'asphalte
sous la cloche de l'addition soufflant ses voies hors de l'eau
de l'air, à la nébuleuse industrielle il tire sa révérance
Si votre création avait une bande son, si vos rêves avaient une musique de fond
le labeur une tonalité, cela serait une minute première d'éclat
une lumière sortant des stéréo-quartiers, gorge des voiliers
Le vieux « tempositeur » assis en haut d'une grue
sentira son diamant pur et brillant tandis qu'il saigne
griffé par une romance plus difficile à entrer dans le jeu céleste
des planètes alignées avec vos lunes et vos soleils
où l'univers et vos hommes deviendront un
alors le ciel brillera lumineux comme le peuple-diamant
Il se dira, que personne ne l'a appelé de la Terre
que personne dépense son existence à errer dans un labyrinthe métaphorique
dans une caverne de corail sous-marine, écoutant des échos d'une vie tronquée
Faites votre recherche puis obtenez des vies musicales sur un collier de perles
Voici le fond d'une ville à penser
Les globes-trotteurs s'en iront chercher un dessinateur de route inspirée
et s'arrêteront sur une métropole qui derrière les nuages apparait
ils y glisseront l'herbe sous leur pied, les parcs de leurs têtes enchantées
les graines des marchands ambulants rencontrés dans la vitrine de l'héroïsme
Alors ils vous diront, évitez les usines-poumons, faites-en des poumons-forêts
pensez naturel et soyez ponctuel, à l'ouverte des portes de la cité-source.


samedi 27 juin 2009

photo eipho


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photo eipho

...D'un bout à l'autre

vendredi 26 juin 2009

5000 - 2


photo eipho
Sensorama - Echtzeit

Un espace de vingt millions d’idées
La voie brillante hors des lois virulentes, les teintures
Une mince manière de résumer
Les nations fissurées, usures pesantes sous l'armure
Criant contre le vent, partisans de quelques souffles affleurant, abstraits
Les substances d’huiles iront chanter dans le passé
Musique d’ivoire, une partie de l’histoire, autre façon de voir
Avançant juste, dans la direction morale
Sans poignarder l’animal, l’exploitation banale d’un ciel bleu
Une lance de feu, un explosif, vif il ne s’arrête pas le souhait
Inespéré, faire de l’humanité la personne bien, l'espérée
Parce qu’elle ne rêve juste qu’à sa façon, la même, un même
Cœur mort dans une tranche de vie blême, reliée aux issues cruciales
Ventilateur du personnel dans la poussière globale
Rampant vers le haut, une légende voulant fonctionner dans un système
Où se heurte son visage contre la rivière noire de la capitale
La douleur se déplaçant depuis l’hémisphère antique
Une mémoire sélective, pauvre faune innocente et plaintive
Observez votre montre de frontière, les limites de sa culture
Creusez plutôt des rigoles vos passions et s’il vous plait
Laissez-moi dedans
Rappelez-vous la lumière sur la colline
Vous ne manquerez jamais la liberté jusqu’à qu’elle ait disparu
L'impression cinglante aux bonnes intentions est en vue
Et en revenant d’une écriture sur une plage
Le menu réapparait comme une rupture du breuvage
Avec ceci, un coquillage-réveil pour les âmes en sommeil
Sans voiles rouges, ni joli coucher de soleil
C’est le monde qui voyage dans le système des étoiles, affublé
De cet espace aux vingt millions d’idées
Tout en parlant de la puissance et de la passion
En avance sur son temps de quatre cent mille citations
Le présent rêve d’un retour dans le courant principal
Et lance son appel au volcan d'une ère idéale
Comment aurais-je pu voir si je n'avais regardé à l'intérieur de mes yeux
Comment aurais-je pu entendre si je n'avais écouté à l'intérieur de mes sons
Dites-moi combien sont-ils partis vers ces contrées sans dire adieu
C'étaient ceux-là, les déçus, les mécontents, les cœurs sans adhésion
En vérité, ils sont toujours ici. Ils sont devenus l'ouïe et la vue de leurs enfants
Le toucher de leur descendance où l'humanité éclot dans la paume de la main
En vérité, ils ne sont jamais partis car ils demeurent dans la senteur des matins
Et bâtissent avec nous nos pensées, vingt millions de meilleures idées
Même à cinq mille ans de soi, donne-moi la main je suis toi.


Nous ne voyageons pas à travers le monde
c'est le monde qui voyage à travers nous
mais ce monde, c'est également nous.


mercredi 20 mai 2009

Voyages parallèles

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depuis la biosphère

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et sur les tremplins du monde_

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(agrandissement au clic)

dimanche 17 mai 2009

_ On m’annonce hier que je suis mort d’une rupture du cordon ombilical, criait Jean Margoul en courant dans les couloirs de l’hospicial discotheca " Tremplin Paradisio ".
_ Comment cela se fait-il ? lui demande une femme en l’arrêtant d’un doigt.
_ On m’a dit que j’avais tellement maigri du ventre que mes abdominaux ont fait ressortir mon nombril jusqu’au point de l’éclater. Et là, paf ! le cordon qui me reliait à mon corps se pète.
_ Votre cordon d’argent ?
_ Non, il était sous couvert fourchette et couteau d’anonymat, un simple cordon basique.
La femme lève le sourcil droit et fronce le gauche, à la manière de quelqu’un qui cherche à comprendre, ou se donne l’impression de chercher à comprendre et a du mal.
_ J’ai du mal à comprendre, dit-elle.
_ Ça se voit, mais vous êtes infirmière n’est-ce pas ?
_ Ça dépend infirmière de quoi.
_ Alors au hasard, infirmière des petits soucis, infirmière des cordons sur les paquets cadeaux, infirmière des câbles téléphoniques, infirmière des relations âme-corps ? Ah, j’y suis ! Vous êtes l’infirmière du docteur J'oi Épée !
_ Effectivement, si ce n’est que le docteur J'oi Épée et moi ne sommes qu’un. Je ne m’occupe pas que de lui mais nous travaillons main dans la main sur les ruptures de cordons. Faisiez-vous des projections astrales ?
_ Des quoi ?
_ Des décorporations.
_ Oui en effet, mais seulement pour aller manger.
_ Je vois, ainsi ce n’est que votre corps éthérique qui s’alimentait. Transpiriez-vous beaucoup ?
_ Oui, tout à fait.
_ Normal, votre corps physique n’ayant plus assez de solidité pour contenir l’eau en vous, vous vous évaporiez à la moindre surchauffe. Plus d’enveloppe matérielle assez résistante voyez-vous ?
_ À peu près.
_ Jean Margoul, il faut que vous compreniez que nous ne pouvons plus vous faire regagner votre corps. Seule une réincarnation pourrait faire cela mais dans un nouveau corps avec un nouveau cordon. Cependant il reste une solution, et le docteur et moi-même pouvons vous y aider.
_ Quelle est-elle cette solution ?
_ Vous m’êtes sympathique monsieur Margoul, aussi ne dites pas un mot de ce que je vais vous apprendre maintenant. Vous pouvez trouver quelqu’un de la dimension matérielle qui pratique également la décorporation. Pendant le moment où il quitte son corps et n’en est plus maître, vous pouvez vous en emparer.
_ Bonne idée ! Puis-je essayer le corps d’une femme ?
_ Vous pouvez, mais faites attention que son âme ne soit pas plus puissante que la vôtre, de toute façon, si c’est le cas, vous auriez du mal à rentrer dans son corps.
_ Comment ça ?
_ Car elle prend soin avant de partir de protéger son corps par une barrière de protection, une enveloppe quasi impénétrable. Seuls les novices à ce sujet omettent de se protéger.
_ Oui à essayer pourquoi pas lors d’une fête arrosée ça peut être marrant, or pour l’instant, je suis plutôt branché pour une suite d'événements sur un ailleurs transcendant. Docteur J'oi Épée, allons boire un verre d’hélium et transmutons ensemble, ça vous tente ?
_ Je dis oui mais le doc dit non. Et puis sachez que vous ne serez plus là demain. Après l’hospicial discotheca vient le comptoir de l’évaluation, c’est un éthylotest de votre être. Mais nous nous reverrons là-bas, je serai le professeur Onie Harm.
_ Comment vous reconnaîtrai-je ?
_ C’est simple, mes cheveux seront mille cordons ombilicaux flottant dans les airs, tels les serpents de la méduse, pour cause, c’est moi qui distribue comprenez-vous ?
_ Il me semble oui, l’évaluation c’est l’accès aux réincarnations ?
_ Un des passages seulement, car ensuite, si une réincarnation vous est accordée, vient le tunnel des grandes oubliettes du savoir.
_ C’est inquiétant…
_ Quoi donc ?
_ Les oubliettes du savoir, c’est celles qui précédent la naissance pas vrai ?
_ C’est exact.
_ N’y a-t-il pas un moyen de moins oublier ?
_ Plus votre conscience est élevée et moins vous oubliez, voila ce que je peux vous dire.
_ Alors nous verrons bien.
_ Hep ! un instant. Ce n’est pas dit que vous allez être réincarné ou même l’être si rapidement. Il se peut que vous fassiez un voyage dans d’autres temps, dans d’autres dimensions, d’autres univers si l’on juge bon que cela soit bénéfique pour votre âme. Puis selon votre éveil, le degré de votre conscience, une partie plus ou moins grande sera effacée si l’on vous accorde une nouvelle naissance, mais vous garderez tout si l’on vous garde là-haut, à bord de l’illumination finale, qui comporte elle-même nombre de paliers.
À cet instant crucial, Jean Margoul s’empara d’une forme déguisée en vent avec un badge d’infirmière et aux yeux brillants de velours, et dans un élan qu’il qualifiera plus tard d’incontrôlable, il ouvrit grand la bouche et l’aspira. Il souffla en plusieurs fois pour la faire sortir, mais voila que cet individu venait de découvrir l’"amour physique" des esprits.
_ J’ai tout de suite vu que nous faisions partie de la même famille d’âme, chuchota-t-elle, ce qui explique pourquoi je vous ai aidé, mais vous y êtes allé un peu fort.
_ J’ai compris dès lors que vous acceptiez volontairement de vous faire aspirer, que vous étiez celle que j'avais recherché toute ma vie.
_ À votre tour si vous le désirez, et restez-y aussi longtemps que vous voudrez.
_ Ah ah ! docteur J'oi Épée, maudit brigand, sortez de ce corps, vous ne faites plus le poids, allez vous faire réincarner vieux cochon !
Une ombre sortit, comme réveillée d'un long sommeil et se traina lentement vers le sanctuaire des abandons.
_ Prenez sa place Margoul et devenez mon nouveau docteur.
_ Avec joie et paix, lança t-il en s'engouffrant.



jeudi 7 mai 2009


Congregants - Lustmord


00/00/0000 L'éternel instant et tout recommença.
Où se trouvèrent ceux ayant pu survivre?
Où fut, le souvenir de la Vérité?
Partout sous nos pieds, eurent-ils dit.
À quelques kilomètres dessous, les traces d'explosions nucléaires.
Des milliers d'années en arrière et les ossements de géants.
Énigme improbable.

Où chercher, les réels ancêtres?
Alors les visages se tournèrent là-haut.
Le Visage des descendances tombé dans l'oubli.
Mais il y eut comme un vieux rêve. La terre apparut comme un amas de ruines.
Et puis, des tonnes de cendres recouvrèrent tout, pendant des siècles.
Tout fut éteint, endormi. Or sous son nouveau manteau, la terre toujours respira.
Alors la vie doucement, émergea, depuis le début reprit.

00/00/0000 et une seconde.
Quand l'homme revint, il eut une touche de conscience en plus.
Parce qu'ici, le temps lui permit d'atteindre ce nouvel âge.
Cependant, son imaginaire le persuada de croire que certains eurent réussi.
Là où la majorité se réveilla pour rebâtir les jours nouveaux,
Un brin de son âme eut quant à lui, quitté le berceau mère.
Physique ou psychique, cela revenant au même.
Chaque finale dispose toujours d'une part de réussite.

99/99/9999
Bien plus tard, quand les anciens revinrent, personne ne les reconnut.
La vie est la même partout mais changeant d'aspect suivant le milieu, écrivirent les derniers en partant. L'univers et le temps se chargèrent de leur donner la nouvelle apparence indispensable à leur survie, se modifiant où qu'ils aillent.
Voici la cinquième humanité, déclarèrent-ils en les désignant. Trois mille six cents ans les attendraient jusqu'au prochain cycle. Alors la grande question : Quand est-ce qu'enfin, une majorité réussira et ne tombera plus dans son propre piège, libérant ainsi l'ensemble de l'Humanité, la totalité de l'Âme de ce monde. Cependant, plus l'humanité se renouvelait dans les âges et plus elle mûrissait, ce n'était qu'une question de temps. Dans l'attente, le début de la nouvelle finale pouvait commencer.

99/99/9999 et une seconde
Les systèmes contre-nature bâtis par l'homme s'effondrèrent logiquement, et la nature aida cet être polluant à dérégler un climat favorable à sa survie. Tout se répéta donc une fois de plus et cela serait ainsi tant qu'il ne servirait pas correctement de la Vie qui lui était attribuée. Alors, si la question de l'observateur était claire, celle du concerné l'était moins : Sauver son corps ou sauver son âme ?


. Note: Le marquage de l'histoire est comme la fiabilité des témoignages qu'on lui rend. Pour l'instant, tout appartenant toujours au pouvoir de la domination, tout peut encore être modifié par elle. Et prétendre qu'il n'y ait qu'une seule "humanité", c'est prétendre connaître tout l'univers.

dimanche 3 mai 2009

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Gavriil Kirsan est né à 73 ans. Si ses premières années à la maison de repos « Rosa Tsvetana » furent emplies d'une paix intérieure qui propageait bien-être et sérénité à ses proches, le reste de sa vie fut marqué par une longue et laborieuse entreprise.
À 72 ans, Gavriil eut sa première dent, un an après il commença à radoter et six mois plus tard, il jeta sa canne dans le vide ordure de la cantine et serra la main du directeur, pour se lancer déclara t-il, à la conquête du monde.
À peine sut-il courir, que Gavriil Kirsan explora l'Inde à dos d'éléphant, dans une aventure qui alla le conduire au bout de trois longues années jusqu'à l'Aeropuerto Internacional de Madrid, non loin d'un grand cimetière d'où celle qui devint sa femme naquit deux semaines plus tard.
C'est à 66 ans que Gavriil épousa Susana. Ils aménagèrent à Valence où tous deux passèrent leur temps dans les livres et leurs occupations au jardinage et à la peinture. Gavriil s'essaya à la poésie, Susana à la spiritualité dans le yoga.
Et puis un beau jour, vint la fin de l'adolescence. Gavriil et Susana découvrirent leurs deux fils de 29 et 31 ans, vivants en Amérique latine où ils allèrent s'installer précipitamment.
Alors à 53 ans, Gavriil travailla dans une mine à charbon onze heures par jour pendant huit ans, ensuite il devint chauffeur-routier pour une carrière voisine, et c'est à l'âge de 41 ans qu'il fit connaissance avec Mama Liz, sa mère, qui vint au monde.
Enfin à 13 ans, Gavriil perçut sa retraite. Une somme misérable dont il se suffit néanmoins. Sa femme se fit vieille et la perte de toutes ses rides annonça le pire.
Leurs dernières années furent séparées par des parents trop jeunes pour demeurer, de part leur activité, à un endroit précis. Ils se dirent au revoir un triste matin d'octobre, Gavriil alors âgé de 12 ans sombra dans un autisme profond quand Susana déménagea, et le reste de sa vie glissa lentement dans une fuite de mémoire, une disparition du langage, une régression tragique.
Mais Gavriil Kirsan fut ce vieillard heureux, ayant toujours ce sourire apaisant dans toutes les situations, jusqu'à l'heure de son enterrement dans le ventre de sa mère, d'où il rejoignit le paradis.


vendredi 24 avril 2009

C'était

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jeudi 16 avril 2009



15:55:55 À cet instant, la guerre est déclarée Enfanimal.
15:55:56 À cet instant, l'Enfanimal est déclaré perdu.
15:55:57 À cet instant, le sauvetage de l'espèce est déclaré.
15:55:58 À cet instant, l'Enfanumain est déclaré gagnant.

Il y a un centre immobile, un noyau, un point.
Il y a un autour très mobile, une masse, un tourbillon.
Après quoi tourne la masse ?
Pourquoi le noyau reste-t-il fixe ?
L'humanité est en rotation dans la masse.
Quelques individus au centre, semblent avoir cessé
tout mouvement.
L'humanité tourne, tourne, en rond
mais le temps les accompagne
alors les tours ne semblent jamais les mêmes.
Il y a ceux au milieu qui observent
et ont fini de tourner.
Et ceux autour qui ne comprennent pas
pourquoi ils se sont arrêtés.
Nullement arrêtés, disent ceux-là
l'observation, l'immobilité, au milieu de tout
l'agitation alentour crée la force de perception.

Il y a le temps qui passe
Et le tourbillon qui s'éteint peu à peu
donnant ses dernières forces au noyau.
Les accueillant, celui-ci n'en finit pas de croître.

15:55:59 À cet instant, l'humanité est déclarée Force Silencieuse.
15:55:60 À cet instant, il n'y a plus qu'un noyau. Le Noyau. Immense.
15:55:61 À cet instant, le noyau s'auto-féconde.
15:55:62 À cet instant, éclosent à l'intérieur les nouveaux mondes, les nouveaux tourbillons.

_ Créant les futurs noyaux dans le noyau mère, dit l'horloger.
_ Les mondes dans un monde du Monde, dit l'assistant.
_ Quelle est cette date historique ?
_ Le 62 Velrmieht de l'an 15 ap. VJ.

mardi 14 avril 2009


Il est 20:11. Une lettre glisse lentement sous votre porte d'entrée.
Vous vous arrêtez et êtes confronté à deux possibilités.

1) Ouvrir la porte pour voir qui vient de la glisser au risque de ne plus pouvoir lire cette lettre.
ou

2) Récupérer la lettre et peut-être ne jamais savoir qui vient de la déposer en douce.

Que faites-vous ?

Il y a probablement un indice dans la lettre ou alors un nom, des initiales, mais dans ce cas, pourquoi ne vous la remet-on pas en main propre ?
Vous pouvez aussi prendre la lettre et attendre devant la fenêtre, histoire de voir si vous ne voyez pas sortir quelqu'un. Mais il n'y a personne et aucun indice dans la lettre. Vous ne saurez jamais.
Alors évidement, vous faites le tour de vos connaissances, famille, amis, collègues de boulot et même voisins, mais il n'y a que dalle, rien qui puisse vous mettre sur la voie.

Dans le cas contraire, vous aurez arrêté l'individu qui tentait de fuir dans la rue. Vous l'aurez reconnu et crié son nom. Il ou elle se sera retourné(e) mais il vous sera impossible alors de connaître le contenu de cette lettre. On niera même vous l'avoir adressée.

À trop douter tout s'échappe, il faut faire vite, alors que faites-vous là tout de suite ?
Dans mon histoire, vous prenez la lettre et l'ouvrez. Mais à l'intérieur, il y a écrit au feutre noir :

« C'était moi »

Bien sûr maintenant que vous savez, la prochaine fois vous ouvrirez vite la porte, mais ce coup là, la lettre disparaitra et il est peu probable qu'il y ait écrit la même chose dedans. Vous pourrez quand même questionner l'individu si vous l'interceptez, mais à nouveau, on niera tout. Rien, aucune lettre.

Il se peut que vous demandiez : « Mais que faites-vous là ? »
On vous dira peut-être : « Je cherche une lettre »
« Votre lettre s'est elle égarée ? »
« Oui, sous ma porte » dit alors l'homme, car il s'agit bien d'un homme et vous, vous êtes une femme.

À cet instant vous ne comprenez plus rien, comme moi.

Cette femme se demande si cet homme ne se moque pas d'elle. Elle a bien vu la lettre glisser sous Sa porte, elle n'est pas folle ( ni comme vous d'ailleurs ). Pour ce soir, elle laisse tomber. Autre chose à faire que de s'occuper d'histoire de fous.

Mais le lendemain. 20:11, nouvelle lettre.
Cette fois, elle court et saute sur la lettre tout en essayant d'ouvrir la porte de l'autre main. Alors, scène vraiment étrange, le même homme de l'autre côté tire également sur la lettre.
« Mais c'est ma lettre, lance t-il »
« Pourquoi la glissez-vous sous Ma porte ? demande t-elle »
« Mais c'est Ma porte ! déclare t-il »

Bref, personne n'a rien compris sur ce qu'il s'est passé ici, mais voici mon idée :
. En France, les antennes relais jugées nocives pour la santé ont été remplacées par un appareillage de haute technologie utilisant des champs électromagnétiques de fréquences dites eiphoiènnes. Un tout nouveau système de pointe qui malheureusement, s'avèrerait être aussi un générateur d'ondes biosphériennes, créant des passages dans la quatrième dimension. Ces personnes n'auraient jamais dû se croiser et cette lettre, n'aurait jamais dû voyager dans un des couloirs du temps.


vendredi 10 avril 2009

photo eipho

lundi 6 avril 2009


Deliverance - Vangelis



« Il y eut un temps où les paroles n'eurent plus la moindre importance
un temps où même les actions n'eurent plus le moindre intérêt
un temps où les souvenirs ne comptèrent plus
ce fut bien évidemment, la fin d'une des premières quêtes.
Ainsi vinrent naturellement, l'observation, l'apesanteur, le détachement.»

Le silence alors, n'est pas un repli, mais une forme d'évidence
même dans un vacarme assourdissant, le silence peut être roi
tout n'est que question de contrôle
et le silence étant roi, rend à son tour celui qui le détient, maître de lui-même.

Mais ce que l'on voit aussi, c'est que le silence a besoin du temps pour se faire entendre
ce qui peut paraître paradoxal, et de lui nait un tout invisible, la concrétisation d'une nouvelle conscience qui prend forme peu à peu, dévoilant les frontières infinies du silence. Puis de part ce qu'il apporte en chacun, il devient et est perçu comme un besoin vital. Une source.

« Alors l'écoute du silence entraina Tilsouape à sortir de son corps - ou est-ce le silence qui, écouté par Tilsouape l'entraina hors de son corps ? Un voyage dans le silence, ou plutôt, dans une véritable source de révélations. Tilsouape comprit la force de cet engagement et de tout ce qui était conscient de l'en détourner, aussi il se déroba du monde qui ne voulait quant à lui pleinement écouter, trop occupé dans son agitation. Tilsouape après des recommandations, laissa son ancienne dimension à sa propre progression, lui, avait trouvé un passage, et était-ce un passage commun ou individuel où chacun forgerait sa propre entrée dans la compréhension du silence ? Tilsouape l'ignorait mais il progressait et dans son existence, même en revenant dans un monde de lourdeur et qui semblait se trainer, quand le silence et son savoir l'accompagnaient, tout semblait s'alléger. Parce que Tilsouape savait, parce qu'il avait vu et vécu, parce qu'il avait ramené avec lui de ce véritable silence qui a plus d'un sens, alors ce fut à partir de cet instant que pour lui les dimensions se relièrent, que passé, présent et futur ne firent plus qu'un, c'est là qu'il perçut l'authenticité du "film", là qu'il déclara, ne plus vouloir sortir du silence avant la fin, avant le dénouement complet, car c'est par lui et son souffle qu'il était porté désormais.»

« Il y eut un temps où les paroles n'eurent plus la moindre importance
un temps où même les actions n'eurent plus le moindre intérêt
un temps où les souvenirs ne comptèrent plus.»



Les reflets du monde apparaissaient comme les lettres d'argent à l'aube des ombres aiguës. C'est ainsi, que chacune des nuits qui s'agitait depuis les profondeurs, sonnait telle une fleur séchée que l'on découvrait au milieu d'un livre ancien.
Elle y pondrait son histoire, l'aromatisant de sa vie, à sa guise.


vendredi 20 mars 2009


Silence
Le silence
.Un silence

Le moment d'un silence, l'étendue d'un silence
le silence d'un siècle, le silence d'une nuit
un silence éternel, un silence éphémère
Mais aussi, les confidences du silence
dans, le silence du règne humain.

Silence
Le silence s'est imposé
Un silence sur la vie

Qu'est-ce que la vie sans silence
Qu'est-ce qu'un monde de paix, sans la paix de l'âme
.Un silence

Silence, observe en silence, dans le silence
chaos, guerres, luttes, agitations, effervescences, troubles, tempêtes
.Un silence
Le silence s'éteint, reprend et sur lui défile à nouveau
chaos, guerres, luttes, agitations, effervescences, troubles, tempêtes
Silence

Le silence rêve : de plonger dans le Silence
De plonger dans le silence avec lui, la souveraineté du bruit
De faire plonger dans le silence, la masse Humaine
qu'elle s'écoute, qu'elle se voie, qu'elle se parle
dans un silence intérieur, acquérant une perception consciente extérieure
le Silence lucide éclos, de l'âme collective du monde
La dimension d'un silence.

Silence
Le silence efface le silence
En dégradé, un silence absolu

Grande bénédiction que de l'avoir trouvé
sur les routes de tous les remue-ménages
silence de l'air, du vide, de l'infini
S'abonner à lui, se nourrir de lui, se projeter en lui
Dans l'attardement de l'humanité, dans son grincement et sa cacophonie
voici le besoin dont il manquait.

Du silence
Encore plus de silence
Silence
Silence
Silence
Silence


vendredi 13 mars 2009

- Conclusion -
suite de Dénouement


Melted Mantra - Steve Roach


« Non il n'y a pas de Dieu en tant qu'êtres supérieurs car il n'y a pas d'êtres supérieurs, ni d'êtres inférieurs. Nous sommes tous égaux. Mais il y a des consciences supérieures, des forces supérieures, c'est indéniable. »

« Tout le monde ici a rencontré le grand S-Tennh, mais nul ne peut le décrire car il est dans la vision de chacun. »

« Nous n'avons pas le même espace temps, ni la même mesure de celui-ci si nous devions comparer. Mais qu'un jour chez vous corresponde à trois mois chez nous, revient exactement au même si vous prenez en compte le changement de dimension. Et quand il ne nous reste seulement que ce qui est nécessaire, quand la vie nous met face uniquement devant les évènements importants, alors le temps s'évanouit et le futur devient aujourd'hui. Cela explique pourquoi tes épreuves s'enchainent et se déroulent chaque jour, parce que tu ne vis plus que ce qu'il y a d'important pour ta vie. Il te semble que tout est altéré, c'est parce que la vérité des autres s'est altérée dans ta réalité. Mais des semaines entières peuvent s'écouler entre chacune de tes épreuves, seulement tu n'as plus la nécessité de les vivre, et cette forme de temps dans son ensemble n'a plus d'utilité pour toi. Tu as brillamment saboté les premiers murs de la détention humaine. »

« Vous étiez alors renvoyés dans vos vies, le 25 décembre 2012 »

14.4.28 _ Réveil difficile - somnolences – souvenirs éveillés.
Mat s'aperçoit que les prêtres viennent lui parler durant son sommeil.
Il en garde tous les mots parce qu'ils raisonnent d'une sincère vérité.
Aujourd'hui se dit-il, si je suis conscient, c'est que quelque chose m'attend.

14.4.29 _ Tout à un sens.
Muni d'une intuition, avec la clarté d'une évidence, Mat se saisit du bonsaï qu'il place devant lui. Cette fois-ci est peut-être la dernière, alors en le touchant, il se laisse emporter.

14.4.30 _ Les temples de l'ouest – couleur jaune – à travers la Conscience.
Dans la dimension parallèle, un prêtre se trouve devant un portail de nuages plongeant sur l'azur transperçant d'un autre monde. Autour, tout n'est qu'apesanteur dans un brouillard lumineux.

_ Te voilà fin prêt, dit la voix du prêtre. Tu as maintenant la lucidité et la compréhension nécessaires. La capacité de suivre ce qu'il y a au delà de tes rêves. Quand tu seras prêt, tu pourras franchir ce portail et nous en aurons fini avec ces épreuves en ce qui te concerne.
_ Qui y a t-il derrière ?
_ Qu'en penses-tu ?
_ Je n'ai rien à perdre.
_ Parfait. La seule chose que tu puisses perdre est quelque chose que personne ne peut avoir. Ton âme. Derrière il y a le grand S-Tennh. Lui seul pourra t'éclaircir sur ce qui t'attend.
_ Donc j'ai réussi ?
_ Tu as réussi les épreuves, mais il te faut attendre la décision de S-Tennh.
Mat 420000 se dirige vers le portail, reste un moment devant puis il se retourne vers le prêtre et dit :
_ J'y vais. Merci.
Et dans un dernier salut il franchit le mur dimensionnel.

Le voilà qui plane entre des cumulus géants. Un soleil immense et magnifique disperse ses rayons jusqu'aux mille horizons. Les faisceaux de lumière balayent et se courbent autour des nuages et tout le ciel semble vouloir danser avec Mat. Quelque chose le porte. Une force intérieure qui stimule l'univers tout autour et en même temps, ce nouvel univers attise cette énergie intérieure. Un potentiel qui s'élargit sur une prise de conscience plus forte. Le rien infini est un tout absolu.

Mat se souvient alors de cette phrase dans un de ses rêves que les prêtres avaient prononcée : « Tout le monde ici a rencontré le grand S-Tennh, mais nul ne peut le décrire car il est dans la vision de chacun. »

_ Bonjour, dit-il à la Nature qui régnait ici.
Une voix profonde et surnaturelle lui répond :
_ Bonjour.
Un silence s'ensuivit mais Mat resta parfaitement calme et serein car une joie immense étreignait son cœur. Il sentit au plus profond de lui s'être rapproché de la source qu'il laissa couler en lui et celle-ci en retour, le gratifia d'une incroyable vitalité pure et harmonieuse dans ce qui ne faisait plus qu'un, à l'intérieur et autour de lui.
_ J'aimerais connaître la suite de mon chemin.
_ Es-tu pressé ? Ne veux-tu pas discuter avec la conscience suprême, avec ta conscience supérieure ?
_ Êtes-vous le grand S-Tennh ?
_ Eux m'appellent comme ça, les uns comme ci, et d'autres autrement. Quelle importance ?
_ Aucune.
_ Tu n'as pas cherché à me voir, à me représenter, alors je n'ai pas besoin de créer une image, tu me vois tel que je suis, rien et tout à la fois. Ce qui compte est ce qui pense et qui parle, la mécanique qui agit à travers le physique. Je ne suis qu'une conscience supérieure de la vie, cette même vie dans laquelle tu te trouves, ainsi tu peux devenir moi dans un futur et par ce fait je suis toi dans le futur car la conscience évolue.
_ Vous dites que vous êtes moi ?
_ Oui, dans un état spirituel plus avancé.
_ Mais le Dieu des autres n'est quand même pas moi ?
_ Non, chacun est son propre Dieu en devenir. Il n'y a que la Conscience dans laquelle véhicule la vie qui soit identique, une même source avec plusieurs degrés d'élévation. En fait, chacun y rentre quand il le veut et chacun y progresse comme il le veut, tout n'est que question de croyance puis de volonté.
_ Que va t-il m'arriver à présent ?
_ Par le détachement, le lâcher prise, par la croyance en toi-même, ta conscience spirituelle, tu fermes le cycle des réincarnations qui s'abattait sur toi et termine les épreuves dédiées aux simples humains. Quand les 500000 humains auront réussi, alors le monde prendra une autre tournure. Pour l'instant, la mission de la dernière chance suit son cours et toi, tu es admis sur Sorbalchiim. Tu seras un disciple puis un prêtre pour aider les autres humains. Et lorsque ton tour viendra, tu pourras te reposer, car il y a aussi 500000 hommes et femmes sur Sorbalchiim, quand un être éveillé arrive, un autre part rejoindre le silence, le repos de l'âme. Puis enfin, lorsque vous aurez tous œuvré à sauver ce qu'il reste de l'humanité, toutes les âmes et même celles qui étaient dans le silence du Nirvana, iront bâtir de nouveaux mondes, de nouvelles civilisations, avec pour seul pouvoir, leur conscience spirituelle aboutie. Des univers autonomes au travers le vide illimité du Monde du savoir, où la vie accède pas à pas. Donc, tu peux apercevoir que rien n'est jamais fini.
_ Puis-je vous poser une autre question ?
( Silence )
En lui Mat 420000 saisit qu'il peut demander, car c'est la même chose qu'avancer. En effet, S-Tennh sembla capter sa pensée et lui dit :
_ Rappelle-toi, si je suis toi, alors tu ne fais demander qu'à toi. Personne ne connait mieux les réponses que nous-mêmes mais il n'est pas défendu de demander tout haut.
_ Que signifie la date du 25 décembre 2012 ?
_ Après le lever du voile, la Réalité cachée dans la vérité, l'heure du renouveau. Mais le 25 décembre est aussi le retour du soleil, fils de l'Univers, célébré comme une naissance dans vos anciennes religions, alors quoi de mieux que cette date pour un retour de l'humanité dans la partie ? Le temps fut arrêté pour vous mais pas pour les habitants de Sorbalchiim. Sur votre terre, huit siècles s'étaient écoulés entre le 21 et 25 décembre de cette même année. Quand tu mettras pied alors sur Sorbalchiim, ne sois pas effrayé par la date de leur calendrier car le leur n'a pas cessé. Ce temps fut nécessaire pour tout nettoyer, mais je pense que tu comprends désormais. Tes derniers jours sur Terre n'ont pas pris fin le 7 janvier de l'an 2013, mais exactement en l'an 2813. Pour la notation du temps, celui-ci se déchiffre maintenant comme ceci : 14.4.30 signifie que c'est ton 14ème jour dans la 4ème génération d'humains, sur les cycles 28, 29, 30 qui correspondent aux trois dernières activités nécessaires et vitales de l'humain. Au delà, il n'a pas besoin de sa conscience puisqu'il ne s'en sert pas. Seul n'est resté dans votre temps que l'Important, situations et événements. Le reste qui n'a pas d'intérêt a été supprimé, oublié, dématérialisé.
_ Pourquoi le 14ème jour et que veut dire la 4ème génération d'humains ?
_ Avant cela, tu dormais, inconscient dans un sommeil qui aurait pu être sans fin mais ton tour est venu. 14 jours d'éveil équivalent à une période de 10 mois pleins, les 10 mois indispensables aux changements de saison sur Sorbalchiim. Ensuite, il y a eu à travers les âges, quatre grands règnes de l'humanité. Quand une humanité disparaissait, une autre naissait, cela ne te rappelles pas quelque chose ?
( La même chose qu'un prêtre lui avait dit sur les personnes qui réussissaient ou qui échouaient, quand une de ces personnes partait, une autre arrivait et donc ils étaient toujours 500000 ).
_ Dès que tu seras sur Sorlbachiim, tu ne seras plus un numéro mais un disciple. Au fur et à mesure que ton intellect s'imprègnera de ta nouvelle conscience, ta soif de connaissance ne fera que s'accroître, et elle ne sera plus dirigée principalement sur ton monde mais sur toutes ces choses qui composent l'essence de l'Univers et qui deviendront subitement palpables. Voilà, il est temps à présent, rejoins Arkrémnudie, laisse-toi guider.

22 Octobre 2813 _ Arrivée sur Sorbalchiim.

Rappel : À 500000, les humains ont recommencé à vivre dans ce qui avait été la dernière chance, une ultime mission, celle de la compréhension : « À quoi vous sert votre vie ? » ne cessait-on de rappeler. Ce fut, le 25 décembre 2012. Pendant la coupure du 21 au 25, le temps fut arrêté durant huit siècles et reprit avec un tout autre rythme. Seul ce qui avait de l'importance pouvait être vécu.
Sur Terre, Mat acheva sa mission "humaine" en janvier 2013, 14 jours après le réveil du 25 décembre. Quant au Temps, il s'étendrait aussi longtemps que son besoin en nous d'ascension de conscience et de connaissance, et qu'importe sa notion pourvu qu'il puisse nous mener là où il n'est plus d'utilité. C'est la grande marche vers l'immatériel, le règne des grandes possibilités.

Et S-Tennh demanda : « À quoi te sers ta vie ? »
Mat répondit : « À servir pour la vie. Car quoi que l'on fasse et le temps que cela prenne, tout nous ramène uniquement à ça. »



L'Ensemble S-Tennh

FIN


jeudi 12 mars 2009

- Dénouement -
suite de Séquence II


. Pourquoi 420003, 002 et 001 ont-ils disparu ?

. Pourquoi laisse t-on sortir Mat de l'hôpital alors qu'il porte le numéro 420000 ?

. Pourquoi s'était-il retrouvé amnésique à bord du vaisseau ?

Mat ne détenait aucune réponse. Tout cela était bien plus qu'étrange et s'il n'y avait aucun sens, alors il ne servirait à rien de perdre son énergie à essayer d'en trouver un. Si il y avait une explication, elle viendrait d'elle-même.

(( Personne ne sait ce qu'il fait là ))
« on a tous une mission »


12.4.28 _ Réveil – fin d'un rêve – une phrase se répète :
« Personne ne sait ce qu'il fait là » Mat émerge d'un long silence.
Ici, une chambre qu'il connait déjà comme dans le souvenir d'une ancienne vie.
Voici son appartement, 4ème étage, fenêtres grandes ouvertes sur une matinée peuplée d'incertitudes. Les étapes s'enchainent sans liaison, sans aucun pont entre elles, ballotées par l'effluve d'un ordre inconnu, n'en connaissant ni le port d'arrivée, ni son lendemain.

12.4.29 _ Assis au bord du lit, Mat contemple le temps, le ciel, le présent.
Une douche rapide, un café, les nouvelles du jour à la radio.
Puis Mat a une pensée à propos de l'arbre des Transports : « Ici, dans cette ville, ils auront du mal à entrer en contact avec moi. Peut-être est-ce la fin d'un cauchemar, peut-être que je suis maintenant réveillé. »

12.4.30 _ Mat 420000 s'apprête à sortir de chez lui – clefs – lumières fades alentour.
En se retournant c'est la surprise.
_ Louise ? Mais je croyais que …
_ Bonjour, je suis votre voisine !

Ainsi ce n'est pas un rêve, tout cela est bien réel même si tout paraît incompréhensible.
Il n'y a pas de coïncidence, tout est programmé.
Ils avaient dit : « Ceci est une mission » Mais quel en était l'objectif ?

_ Bonjour Louise, est-ce qu'une petite balade vous tenterez ? J'ai besoin de me dégourdir les jambes.
_ Oui pourquoi pas, mais il faudrait que je passe chez un vendeur d'H2o.
_ Très bien, allons-y ensemble.
Plus tard, au coin d'une rue, intrigué par tout un tas de questions n'arrêtant pas de l'assaillir, Mat interroge de nouveau Louise :
_ Dites-moi, vous m'aviez dit que nous étions 500000 sur terre n'est-ce pas ?
_ Moi je vous ai dit ça ?
_ Oui à l'hôpital.
_ L'hôpital ? Je n'ai jamais mis les pieds dans un hôpital. Mais nous sommes bien 500000 en effet.
_ Comment cela est-il possible ?
_ Possible ? Vous m'étonnez Mat ! Nous avons toujours étaient 500000.
_ C'est vraiment incroyable !
_ Pourquoi donc ?
Mat déstabilisé, explique :
_ Et bien parce que j'ai fait un rêve. Nous étions 6,8 milliards d'êtres humains, et juste avant notre extinction, un Dieu est venu sauver 500000 hommes et femmes en leur donnant une ultime chance, une nouvelle mission, car disait-il, la précédente avait échouée.
_ Intéressant, il faudrait l'écrire, en faire une histoire !
_ Mais comment ce fait-il que nous soyons 500000 ? Depuis quand sommes-nous 500000 et pourquoi ce chiffre n'augmente-t-il pas ?
_ Vous êtes bien étrange... Tout le monde sait ça voyons, quand quelqu'un part, quelqu'un d'autre arrive.
_ Part ? Mais part où ? Et qui arrive ?
_ Tout va bien vous êtes sûr ? On dirait que vous sortez d'une autre planète !
_ J'en ai peur.
_ Bon alors je vais vous dire. C'est une logique. Quand quelqu'un part, une autre personne arrive. Nous l'humanité, sommes un chiffre non modifiable. Nous sommes 500000, et 500000 est aussi notre identité. Vous même, vous portez en vous un numéro. Quand une personne meurt, une autre naît.

Ainsi, ils marchent tous deux dans la vague de leur discussion. Mat ne perçoit plus ce qui l'entoure et réfléchit, encore et encore.
« Ce pourrait-il que quand une personne "meurt" cela voudrait dire qu'elle ait fini sa mission ici. Se retrouverait-elle ailleurs ? Comme moi changeant de décors à chaque épreuve ? Il pourrait bien s'agir du jeu d'un Dieu !, apparemment les prêtres disaient vrai. »
_ Venez je vous invite à boire un verre, dit-il à Louise, il me faut un remontant.

Passage sur Sorbalchiim, dans les temples du sud.

_ Nous n'avons pas d'autre choix, nous devons provoquer le contact.
_ Cela est tout à fait contraire à nos principes et vous le savez parfaitement. Nous dérogerions à la règle et cela aurait une conséquence fâcheuse.
_ Mais comment voulez-vous qu'il réussisse dans un endroit où ne pousse aucune végétation ? C'est perdu d'avance !
_ Et bien faites comme nous avons toujours fait dans pareils cas, envoyez lui des intuitions, des signes.
_ Bien, ça sera fait.
_ Nous autres nous nous tiendrons prêts.

Retour dans la vie de Mat.

Sous le bras, Mat 420000 rentre avec un bonsaï. Une idée lumineuse de Louise. Elle l'avait aperçu sur le chemin du retour dans la vitrine d'un fleuriste et tenait absolument à lui en faire cadeau. « Il serait parfait chez toi, avait-elle déclaré avec enthousiasme. » Une drôle de sensation parcourra alors Mat, serrait-elle inclus dans le jeu, ferait-elle partie d'une vérité ? Une vérité qui serait dans la réalité de sa vie ?

Seul chez lui à présent, Mat observe le bonsaï et reconnaît en lui un arbre des Transports. Il se laisse guider et tend la main. Dans l'instant, il se retrouve dans une atmosphère rouge. « Les temples du sud ! » entend-t-il. Les nuages se dissipent et le voici devant l'image d'un prêtre, assis dans la dimension parallèle.

_ Bienvenue étranger.
_ Bonjour.
_ Alors, comprends-tu un peu mieux ce qu'il se passe ?
_ Et bien quelques bribes, juste quelques bribes. Je ne comprends pas tout dans son ensemble.
_ As-tu des questions ? Nous sommes là pour t'aider.
_ Pourquoi 420003, 002 et 001 ont-ils disparu ?
_ Ils n'ont pas disparu, ils ont échoués. Leur "mort" a entrainé leur renaissance.
_ Donc, si j'échoue je serais obligé de refaire ma vie ?
_ Tout à fait. C'est comme ça que cela fonctionne.
_ Si je comprends bien, c'est mon tour de jouer maintenant. Alors le vaisseau, l'hôpital, cet appartement, tout était compris dans les épreuves ?
_ Les épreuves de ta vérité seulement. En réalité, elles œuvrent pour un projet bien plus vaste.
_ Lequel ?
_ Celui qui est à l'origine de ta mission.
_ Pourquoi me suis-je retrouvé amnésique à bord du vaisseau ?
_ Très bonne question. Maintenant que tu es arrivé à la moitié de ton parcours, tu peux en apprendre un peu plus. Un des prêtres a dû t'en avoir un peu parlé déjà. Il y a huit siècles, l'humanité fut sur le point de disparaître à jamais. Le grand S-Tennh décida alors de sauver 500000 hommes et femmes et de leur donner une dernière chance. Il les plaça sur un monde propre, nettoyé de tout leurs passés. Et veux-tu savoir qu'elle était cette date ? Quelle est la date du début de cette dernière chance ? Le 21 décembre 2012. Et ensuite, au renouveau, toutes les personnes sélectionnées devenaient amnésiques de leur passé et du passé en général.
_ Mais alors ? À quelle époque vivons-nous ?
_ Ceci n'a pas la moindre importance. Il faut que tu arrives à trouver le sens profond, à quoi te sers réellement ta vie.
Voilà une question qui revient encore, se dit Mat, à quoi me sert ma vie ?
_ Est-ce croire en la Vérité du monde mais d'y découvrir et d'y vivre sa propre réalité ? Un peu comme accomplir sa Légende personnelle, semblable à ce qu'écrivait si bien un de nos auteurs Paulo Coelho. Est-ce dans le fait de comprendre nos destins et ainsi de mieux en profiter, de mieux profiter de la vie, de l'instant présent ? Si c'est cela ce à quoi pourrait me servir ma vie, je serais heureux car j'aurais trouvé un but valable.
L'énergie du prêtre augmente alors, son aura se fait plus intense, même une lueur se met à briller dans ses yeux.
_ Qu'on ouvre les temples de l'ouest, a t-il prononcé. Tu es sur le point de réussir. La dernière épreuve t'attend.
Évaporation.

13.4.28 _ Réveil – L'existence prend un nouveau sens.
La pièce est dans l'obscurité mais tout est clair.
Mat 420000 se sent dégagé d'un poids. Maintenant, il a la certitude que le monde détient un sens caché parce qu'il serait trop simple d'agir comme il le faudrait si tout était su à l'avance par le monde entier. Et ce sens caché parvenait à qui le suivrait, à qui le chercherait, le menant ainsi à la Réalité voilée, dans sa nouvelle vérité personnelle. Aussi, des choses et des événements autour de nous prendraient peu à peu moins d'importance, moins de place, parce qu'ils ne seraient pas inclus dans un processus d'élévation, de réussite, qui nous est propre. Alors nous étions confrontés directement au véritable, sans plus aucunes issues de secours pour nous en détourner.

13.4.29 _ Les volets sont ouverts – il fait beau – le soleil brille.
Est-ce le même qu'autrefois ?

13.4.30 _ Tout va bien – rien à signaler.
La vie suit son fil, avec ou sans nous.
Mais aujourd'hui, commence une nouvelle journée pour sauver sa peau.


L'appartement

à suivre ici