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lundi 29 septembre 2008

ou
- Philoplantes -


Comme tous les ans, Mich-mich partait rendre visite à son vieil ami et maître penseur, le professeur Bicartomate de Potagium, habitant dans une des profondes galeries du monde espacé.
Bicartomate s'admettait vieux mais gardait une parfaite santé et tout son esprit, qui celui-ci, faisait son incroyable réputation.
Mich-mich, après lui avoir expédié un recommandé sonore, vint le voir dans l'espoir de soigner un mal du pays, déclenché après son retour d'un long séjour dans le royaume d'Hadès. Le philosophe, étant parti étudier les mœurs et coutumes des habitants du royaume, afin de faire partager son savoir et sa pensée sur ces différents mondes parallèles.

_ Professeur ! Soulevez votre barbe, me voyez-vous ?
_ Non, mais je vous ai senti !
_ Professeur, je viens...
_ N'en dites pas plus, j'ai quelque chose à vous dire avant que vous ne compreniez être déjà arrivé ici.
(Silence imperturbable de plusieurs secondes)
_ Et bien ?
_ N'avez-vous point entendu ? ..ah j'oubliai, les gens d'en haut sont sourds. Mon pauvre ami, voyez ce qu'ils ont fait de vous. Bien, alors je formulerai ma pensée par des sons. Je vous expliquai que ceux d'en haut ne savent se soigner. On leur dit de s'enfermer, rester au chaud et prendre des médicaments, moi je dis, de sortir, bouger le plus possible et de ne prendre AUCUN médicament. Il y a une différence entre, se soigner par soi-même ou, se laisser soigner par d'autres, de plus, les gens confondent plaisir et poison, voilà pourquoi ils fument et boivent autant, en faisant cela, ils enferment leurs esprits dans une nébuleuse infectieuse. Les médicaments apportent l'effet en surface c'est certain, mais à l'intérieur, ils détraquent et modifient l'organisme. Pensez à rester sain pour mieux voir et vivre, c'est aussi donner l'exemple, car en restant malade, vous n'attirerez que malades et maladies autour de vous. Aussi, j'ai quelque chose pour vous, mais d'abord, avez-vous maintenant conscience d'être ici ?
_ Incroyable professeur ! Je viens tout juste d'arriver et j'ai entendu votre voix résonner depuis le fin fond de la galerie !
_ C'est ce qui s'appelle la télépathie mon cher, vous avez donc encore des chances de vous en sortir, ce qui m'étonne c'est que vous êtes arrivé sans bouger les jambes !
_ La lévitation professeur. Alors les médicaments sont un poison ?
_ Tout à fait, voilà pourquoi j'ai choisi ce monde, la médecine moderne de votre monde m'aurait jeté en prison. Ici, nous avons toutes les plantes nécessaires à tous les maux, aussi, les albinos développent mieux leurs dons, sachez-le.
_ Et pour mon mal professeur, mon mal du pays, que faire ?
_ Apprenez à vous divertir, à rire et à voir dans ce qui vous gêne, que ce qu'il vous conviendra de voir pour rester serein, oubliez le reste, cela n'existe que parce que les gens savent que cela existe, en y formulant une pensée collective d'oubli et d'abandon, cela n'existera plus, dites-le aux autres.
_ Puis-je vous poser une dernière question, vous avez 115 ans, quel est le secret ?
_ Vivez sainement, oubliez ce que votre société veut bien vous faire croire, que vous n'êtes pas grand chose, vous êtes plus que cela, dépassez-vous, illimitez-vous.

Mich-mich, rédigea les mémoires de nombreux personnages.
L'œuvre de Bicartomate fut celle qui eut le plus de succès
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Le "fil aux plantes" est un organisme vivant, utilisé pour les recommandés sousterrains s'enfouissant et se faufilant dans le sol jusqu'à arriver à destination.

vendredi 26 septembre 2008

Suite et fin


Dehors, derrière chez vous, sur un grand parking, il y a un homme qui marche.
Dedans, devant vous, traversant le centre commercial, il y a un homme qui marche.
Cet homme, ne prend ni escalator, ni ascenseur. Il n'est pas claustro, mais tient à conserver ses jambes.
Les marches, deux par deux, la marche, mains hors des poches, la face pas rasée et la vue, sur building noir et blanc, plante aux seins nus sur balcon verdoyant, un interphone, une porte s'ouvre.

Plus haut, loin de chez vous, une femme fume et attend sur un palier.
A mi-chemin, proche du rendez-vous, un homme en avance, vient pour le thé.
L'homme s'arrête, la femme sourit, et sans la quitter des yeux, il se saisit de sa cigarette puis la jette d'un revers de main, dans la cage de l'escalier.
La vue se déplace et plonge à pic. La fumée tourbillonne, descend lentement les étages et s'écrase, comme un champignon de nuage vaporeux, autour de la dernière, immobilisée, inerte, devant le vieil ascenseur.
Pendant ce temps, on se dévisage, on se sent, on se rapproche, attirance alchimique, parfums légers mais intenses d'une peau, grain de sable et paupières battant la mesure des souffles. Narines palpitantes, envies saisissantes, attractions poignantes, boutons chemise ouverte, doigts croisés de deux mains sur les corps, disparaissant. Une porte se ferme, du seul mouvement d'un pied.

14H02, un homme et une femme prennent le thé, nus, sur un lit baldaquin.
Lumières tamisées, bleu intense, mélange des sens, bleu intense, ça tourne, bascule et se bouscule, alors l'homme se souvient, les paroles de Chun Mee.

Flash-back c'est un, à présent.
L'homme après quelques temps, ayant recontacté la femme, avait stipulé un voyage imprévu à l'étranger pour justifier, cette trop longue absence.
42 boulevard Marx Flower, monte avec moi, lui avait-elle demandé, c'était il y a six mois, six mois pendant lesquels, la femme avait travaillé dans la rue, se faisant ramener par les taxis de nuit ou bien, marchand pieds nus, les talons à la main, sous la pluie de ces étranges ciels à l'écho, solitairement vide.

L'un comme l'autre ne parlait plus.
À la lumière bleue, l'homme s'est rappelé et l'homme s'est cramponné.

Au bas de l'immeuble, le feu avait pris.
Vieilles fondations, rez-de-chaussée enflammé, extase d'un rêve de thé.
L'homme et la femme ne sont plus qu'un.
Leur chambre décolle, le septième ciel atteint, l'homme se retient, saisissant les draps, plus rien en pesanteur, tout se détache, tout s'éloigne, tout se défait, les murs s'écroulent, quittant la terre.

L'homme et la femme sont du thé, programme 360 degrés.
L'homme reconnaît alors sa femme, son ex-femme, l'homme se souvient et se rappelle aussi avoir oublié, avoir inventé. Sa femme n'est ni décédée, ni disparue, c'est elle, là, elle devant ses yeux, l'autre, celle qu'il croyait être une autre.
Le déclic, l'homme retrouve la mémoire. Mais la femme ayant cessé d'espérer, s'évanouit à l'instant comme une tasse de thé planante et plonge par une des fenêtres, une de celles, qui sont dans les pensées enfouies de l'homme.

La femme est dans l'homme, à ce moment, l'homme n'existe plus.
La femme venant d'achever, son premier roman.


dimanche 21 septembre 2008


_ On se connaît ?
_ On se connait.
_ D'où ?
_ On se connaît d'où.
_ Où d'où ?
_ De la Terre, d'ici, chez nous.

On a demandé: Quel est ce pays, où frappe la nuit, la loi du plus fort ?
Un autre a dit: Le pays de Gall_

Vous remarquerez votre disparition, le jour où, ouvrant votre boîte aux lettres, vous recevrez de vous-même une étrange carte postale. Alors vous vous dîtes: ce moi me connaît d'où ? il se connecte d'où ? ou, observant sa connexion douce, vous vous étonnez à penser: je m'écris de la Terre, je m'écris de chez moi, dans un endroit où je n'ai jamais mis les pieds, à 1500 kilomètres de là.
Alors bien sûr, n'écoutant que votre courage, vous partez à la recherche de votre corps évadé et sur une plage du sud vous trouvez un indice: vos empreintes s'élançant vers la mer.
Suivant les traces, c'est au moment où l'eau vous touche que vous vous endormez, dans un léger sommeil congelé, vous êtes un glaçon et partez flottant vers le pays de Gall.
Arrivé au pays, vous n'observez plus aucun reflet de vous-même dans les miroirs, pourtant vous êtes cette vue qui va et vient, cette vue qui voyage et vous voilà dans la peau d'une aérienne caméra. Votre corps ailleurs, n'ayant plus de mémoire, se fera un plaisir de la retrouver avec vous.
Vous voici enfin, vous vous voyez, admirant une grande fresque du monde de l'homme oiseau, vous êtes là depuis 3 jours et vous remarquez que vous vous étiez oublié.
Il y a quelque chose qui coince, impossible de rentrer dans votre corps, alors avec toute votre audace, vous prenez suffisamment d'élan et foncez à toute allure contre votre boite crânienne. Ça y est, vous voici enfin au chaud et vous pouvez de nouveau contrôler votre corps. Mais celui-ci, après le mauvais traitement que vous lui avez fait subir, a décidé de vous mener la vie dure, le corps contrôlant l'esprit. Un jour, vous serez assez fort, pour le retenir, ne plus qu'il s'échappe et lui ordonner ce que vous, aurez décidé.


jeudi 18 septembre 2008

..il y a le vent_

Glow - Unkle

Au dessus du grand océan, posant les pieds sur le pont ondulant
ils étaient assis là où leurs yeux, devinrent le grand tourbillon.
Venus pour la fin été, en chemise grise et chapeau paille
des pieds d'eau sur le monde tiède, leurs compagnies et leurs chemins.

Heures matinales, les nouveaux jours, visages en voyage où les rivières coulent
dans les regards des gens légers, des marchands d'une vie, inlassables troubadours
leurs valises véhiculent leurs malles autocars, leurs lettres aviatrices
sur leurs peaux leurs histoires, et leurs automnes, se penchant sur eux
finissant par faire tomber leurs fenêtres, jaunir les ardoises de leurs maisons
rougir leurs routes si confuses et leurs villes, se revêtant alors du plumage orangé
de leurs peurs anciennes, glissant sur leurs corps de cœur émeraude.

Pour nager sur le cours du prochain hiver, nus, ils avaient choisi d'être.
Comme un automne pèlerinage, ils abandonnèrent tout sur ce pont.
Une pluie délivrance, c'est un volcan qui respire, un vol quand qui aspire
sans besoin, rien d'autre, qu'une chaleur à suivre, sans autre effort que l'envie.

Déplacement d'air, hauteur formidable, le ciel leurs renvoyant ses profonds échos
des vents guidés de leurs phrases, pollinisées en grandioses saveurs vivre.
Au dessus la grande bleue, respirer puis se sentir être enfin, et s'envoler comme les tuiles, de leurs anciennes maisons, les carapaces, s'étant dispersées.

C'est comme:
Comme le fil d'un long murmure descendant sur les épaules, sur des ailes invisibles
comme la plume éperdue, tombée d'un imperceptible oiseau cassé.
La longue descente l'abandonne de ses souffrances
ressentie le long du corps, ils n'ont plus peur, plus peur du vide silencieux qui les entoure.
En plongée confiante dans les vieux abysses, c'est leurs sens qu'ils retrouvent
courants sous-marin, anciens royaumes, voler comme un poisson dans le fluide automne.
C'est comme les couleurs de la terre, les couleurs de leurs vies
dirigeables et baies sauvages, citadelle aux prairies millénaires
dolmens de nuage, voie aux chants porteurs, nature légendaire.
C'est comme vers ce grand pont, où l'automne avant son départ, les ramènent dans une toupie du temps, saluer de loin l'hiver, et se préparer, au prochain changement de l'axe polaire.

Un nouveau printemps a suivi l'hiver sur la route, et toutes saisons auto-stoppeuses
suivront, la dernière passée leurs attrapant la main, comme ces gens sur le grand pont.
C'est ainsi que leurs histoires, se marquent, ici, sur cette route solstice équinoxe
là où il n'y a, ni barrage ni péage, ni contrôle ni checkpoint, juste
le grand soulagement d'être libre, de se laisser porter au rythme tranquille et apaisant
des quatre saisons, les faisant tourbillonner avec elles, comme ces gens déracinés mais heureux, heureux de n'être plus portés, que par le vent libérateur des grands espaces neutres et invaincus.




samedi 13 septembre 2008


Dans un reportage, l'homme a froid.
L'homme se reporte alors à un autre âge et change le climat. Il sent un appel et rentre dans un couloir. Ceci est une ligne téléphonique et l'homme devient une communication en partance. Au bout, un ascenseur s'immobilise et l'homme rentrant à l'intérieur se saisit du combiné. À l'autre bout, une femme tend en l'air un autre combiné dans une pièce, l'homme apparaît.
_ Ça n'a pas été trop pénible, demande la femme.
_ Non, répond l'homme.
_ Croyez-vous avoir fini ?
_ Oui.
Alors, à l'extérieur, en regardant par les fenêtres, nous voyons la voie lactée et la terre s'éloigner. Quelques temps plus tard, la maison dans laquelle ils sont, se pose sur une autre terre, dans une ville où elle retrouve son emplacement exact.
_ Avez-vous ce que nous voulions ?
_ Oui.
À deux pas, un laboratoire, dans un microscope ils examinent la ville de Chicago.
À l'aide d'une seringue, ils injectent un sérum sous la ville.
_ Voilà qui est fait, la prochaine expédition ira remettre ce bout de terre en place.
Êtes-vous toujours sûr de vouloir continuer ?
_ Oui.
Ainsi devant lui, un autre couloir apparaît, un nouvel appel, et au bout, une cabine téléphonique. L'homme appuie sur le dernier étage et le voilà dans une maison vide. Les toilettes sont un télétransporteur, la douche vitale à la survie et les appareils de cuisine sont les commandes de bord.

Arrivé à destination, on lui pose une dernière question:
_ Souhaitez-vous rejoindre ces âmes ?
_ Oui, avait t-il répondu.

L'homme est né dans une maison vide, à Chicago, ayant demandé sa mutation au "Producteur d'âmes", pour tester ce que vivaient les Terriens au cours de leurs existences. Et ceux qui apprennent alors comment de nouvelles âmes arrivent et agrandissent les populations, s'interrogent désormais sur l'utilité du sérum injecté.
Mais de très loin quelqu'un répond, qu'un homme venu des étoiles même après une incarnation, reste trop fixé sur le ciel, la tête dans les nuages. Une once de terre à terre, un pied sur terre et prendre racine quelque part, tout ça a son importance. Ainsi, les deux réunis forment un parfait équilibre profitant également à d'autres.

_ Faites-lui croire qu'il a tout oublié dans son esprit d'humain, avaient-ils ensuite dit en refermant une porte, et observons comment il s'en sort.
Ceux qui réussissaient, car tous réussissent un jour ou l'autre, pourront placer leur maison dans n'importe quel paradis de leur choix dans l'univers et auront une connexion automatique et instantanée avec tout, ou plus précisément, le grand Tout, la liaison parfaite.


vendredi 12 septembre 2008


Je prends une personne, que je mijote à feu doux.
Je prends une autre personne, que je laisse dorer le mois d'août au soleil.
Soudain monsieur Per sonne à ma porte.
_ Que fait cette personne dans cette casserole ?
_ Elle mijote à feu doux.
_ Et celle-ci, nue dans votre jardin ?
_ Elle dore au soleil.
_ Que comptez-vous en faire ?
_ Les rendre moins fades, voir celle qui aura le meilleur tempérament.
_ La meilleure cuisson ?
_ Non oui, celle qui aura la meilleure humeur saveur.
_ La meilleure couleur ?
_ C'est un travail de longue haleine, il faut les retourner quotidiennement.
Monsieur Per se gratte l'oreille gauche et contemple.
_ Celle-ci marque des signes de fatigue, vous les arrosez à quoi ?
_ Je pensai que du Mozart ferait l'affaire, mais des touches de piano seraient plus idéales tout compte fait. Les touches blanches en journée et les noires par mauvais temps ou la nuit.
_ Ce procédé m'a l'air adapté, puis-je revenir à la fin août ?
_ Mais bien entendu, ne désirez-vous pas participer ?
_ Si cela vous fait avancer dans vos recherches, pourquoi pas, mais quelle place pourrais-je prendre ?
_ Il reste ma machine d'ultra-violet. Le prix est habituellement de 42 shillings mais pour vous et pour ce service échangé, cela sera comme un cadeau.
_ Très bien alors je prends place dès à présent.
Monsieur Per perd sa peau claire et revêt sa peau de personnage.
_ Ai-je le choix ?
_ Affirmatif, le personnage que vous choisirez n'aura aucune influence sur les effets de cette expérience. Seul votre confort est primordial.
_ Parfait, alors me voici dans la peau de la panthère rose.
_ Pourquoi ce choix ?
_ Je l'ignore, mais je me fie toujours à mon intuition première.
_ Bon alors dans ce cas, j'accepte. Désirez-vous cependant que je vienne vous retourner ou le ferez-vous vous même ?
_ Ne vous inquiétez pas, je le ferai de moi-même sans broncher.
_ Je vous félicite à l'avance, rendez-vous donc dans un mois et peut-être rentrerez-vous dans le livre des corps.
_ Des quoi ?
_ Des records.

Pour aller plus vite, nous effectuerons un saut dans le temps de 30 jours, en faisant tourner la petite aiguille de la grande comtoise d'un tour complet, à chaque rotation des deux personnes se trouvant, et dans le jardin, et dans la casserole. Un bip se trouvant également dans la machine à UV, se déclenchera à chaque passage de cette même aiguille, à midi.
Ce laps de temps écoulé, la première personne à sortir est celle de la casserole, la deuxième celle du jardin et enfin, la personne ou plutôt le personnage de monsieur Per.

Nous voici donc avec ces trois personnes côte à côte.
Celle de la casserole s'est ratatinée. Devenue bien plus petite que les autres, elle démontre un caractère grognon, agité et totalement stressé, même si sa couleur de peau, en est des plus parfaite dans l'attente du résultat voulu et obtenu. C'est à dire, d'un noir parfait.
Celle du jardin, à l'air beaucoup plus radieuse. On remarque cependant, des nuances et teintes invariablement différentes tout le long de son corps. Il me semble que celle-ci, s'est allongée ou, liquéfiée.
Quand à monsieur Per, lui, à forcément triché.
_ Et bien, c'est à dire que, la chaleur étant, j'ai préféré à mi-chemin, revêtir un personnage à peau d'iguane. Mais l'action des ultra-violet n'a peut-être pas eu l'effet désiré. Est-ce que cette couleur bleue est normale dites-moi ?
_ Je l'ignore, mais voila qui est remarquable, puis-je prendre une photo ?
_ Faites, faites, ceci est votre expérience.
_ Mais dans la peau de votre personnage réel, je veux dire par là, sur la teinte de votre personne originelle, y a t-il eu quelques modifications ?
_ Je crois bien que cette peau d'iguane et sous l'effet de la température, se soit littéralement collée à moi.
_ C'est fort étrange, or au contraire, votre caractère lui, n'a pas changé et je me dois d'en prendre des notes.
_ Et pour les autres ?
_ Je pense que le soleil, est le meilleur feu dont nous puissions disposer. Entendre dans ceci, qu'il n'affecte en rien le comportement. Par contre pour la première personne, j'ai bien peur qu'il n'y ait aucun retour en arrière possible et dans ce cas, comme je pense qu'après un mois, nous avons tous bien faim, je vous propose donc de passer à table.


mercredi 10 septembre 2008





Mardi soir au cinéma... non au restaurant, oui c'est bien ça, au rest-au-rant.
Il y avait une table nappée claire et lumineuse, près d'une piscine allumée de bleu onduleux. Contraste enivré entre les couverts bougie et le ciel noir traversant la grande véranda.
Dans ses yeux et ses lèvres champagne, un clin d'œil son sourire, ensorcelant l'endroit. Subjugués qu'ils sont, les murs et portraits, charmés devant la vision ici contée, à cette table, pile en face d'un moi passionné, un peu bafouillant:
« T'es quoi comme signe astrochimique ? »

Bon sang, cette femme est belle de l'intérieur, elle rit. Nous avons ri et nous avons mangé dans nos yeux scintillants, des mots coureurs et attachés, des mots mordus, prétendants, aspirants d'une soirée envolée loin d'un monde, dont on aurait oublié le reste.
« Mangez la biosphère », telle était la carte d'un menu électrique d'ondes gustativement physiques.
Un dessert, nous avons souhaité dans une chambre du grand hôtel, à minuit, après un dernier verre au beau milieu de la piscine.
Apnée étoilée et ses reflets, ses longs cheveux, ses bras, ses mains.
Inspiration aux saveurs goûtées, le parfum dans son cou, les mots liés
enchainés sur un lit plat dessert, chocolat chaud sur glace vanille
fenêtres grandes ouvertes, chaleur d'un soir septembre
sur la lune, l'orange épluchée.

Sa peau sablée dansant derrière les rideaux soufflés
les palais salivent au spectacle de l'exquis dîner
profitant des yeux tournés ou dormants, pour ne perdre aucune miette
pour se rassasier vue nourricière.
Les lumières tamisées ont fait place à un nouveau jour, son lever.
Et plus tard, à l'arrivée du soleil nous avions faim.


samedi 6 septembre 2008


Derrière l'arbre les murs bleus.
Le cadran solaire pointe son ombre dans la nuit.
Les herbes rases rasant l'entrée, porte de bois
manteau retiré, une bougie allumée
deux chaises, table marronnier sur laquelle
nous posons les mains, nos pensées.


En laissant entrer les sons, odeurs d'une forêt
en laissant voir formes et couleurs, nos yeux fermés
se développe la vibration, onde résonnante
dans et hors de nous, dérive d'esprit voyageur
dans la détente, des ciels inconnus, nature sauvage.

Tel un serpent de fumée formes bleutées
dans les champs et montagnes
déserts et vallées, gouffres sans fond elles vont chercher
les oubliés, ceux qui s'oublient, les éblouis des oubliettes.

Celle qui fait courir sa pensée à travers le(s) monde(s)
touche les pieds de fleurs empoisonnées
marche dans les rues de cités condamnées
croise le chemin d'âmes large errance
or au fond, le cristal s'intensifie malgré...

Y a rien qui bouge pourtant on les entend
ces sons sortant, d'enceintes majuscules_
Et le théatre de la vie nous mène
à travers des portes d'autre(s) nature(s).

- Deux vents, d'air hier -

lundi 1 septembre 2008

Monsieur Sezz est un génie, il campe pas loin de Miami
et un jour comme c'est pas permis, il vit une bagnole débouler
pleine de pistolets avec des voyous dans leurs mains.
Les voyous étaient remplis de balles à mauvaise éducation,
celles qu'on trouve aisément dans n'importe qu'elle bijouterie de famille mal élevée.

Le premier des pistolets sortit de la voiture, faisant rouler sa mécanique bien huilée, suivi du deuxième, puis d'un troisième un peu plus gros, tous avec silencieux sur la tête.
Monsieur Sezz habitué à ce genre de situation avait pris la forme d'un rhododendron et observait les agissements des bougres dans le plus grand anonymat.

Se dirigeant vers la banque à recharge, les armes à feu tremblaient comme des novices, la gâchette complètement stressée et là, Monsieur Sezz eut l'extrême intelligence d'esprit, d'imiter le bruit d'une balle de bonne éducation avec sommations.
Les trois pistolets pris de panique, se dissimulèrent derrière un gros paquebot, plein d'appareils photo avec des chinois dans leurs mains.
Les chinois étaient remplis de pellicules à délivrement instantané
celles qu'on trouve aisément dans n'importe qu'elle armurerie de jouets jetables.
Les premiers appareils prirent les trois compères du premier plan en première page et monsieur Sezz n'avait plus qu'à s'essuyer les pieds et ramasser les clichés.

_ Bien alors qu'avons-nous là, un Beretta, un Smith et Wesson et un Sauer Mosquito, ah ah vous êtes faits mes gaillards ! rendez-vous vous êtes flashés !, rhododendrona monsieur Sezz.
_ Jamais de la vie, plutôt se faire démonter que finir en vitrine, lança l'un des pistolets.

Soudain dans le feu de l'action, le quatrième pistolet qui était resté dans la voiture, fit feu et arrosa la scène de mauvaise éducation à n'en plus finir.
Quelques uns moururent sur le coup, plombés par quelques insultes perdues.
Alors comme un énième tour de magie, monsieur Sezz passa du rhododendron en mur de spaghettis. et ainsi transformé il entreprit de créer un périmètre de sécurité et encercler les lascars.
Voyant l'affaire impossible, la voiture prit la fuite, laissant là nos trois pistolets effrayés.

_ Dernière sommation, jetez vos éducations, spaghettina monsieur Sezz.
_ Que brûle nos canons si jamais nous sommes pris, envoya Beretta
et dans un incroyable retournement de situation, les trois pistolets sautèrent très haut et prirent en otage les machines du paquebot.
Alors juste avant que le navire décolle, monsieur Sezz eut l'extraordinaire idée de se transformer cette fois-ci en ancre géante et retenir de ses bras le vaisseau.

Opération réussie, monsieur Sezz est un héros aux yeux des appareils photos
et l'arrivée d'un fourgon plein de bonnes intentions avec des agents dans leurs mains compléta de satisfaire tous les parapluies venus assister au spectacle avec des sortes de gens dans leurs bras.