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dimanche 31 août 2008


Mégot était le nom d'un chat, je dis ici "était" car mégot, après avoir fumé sa vie assez convenablement, a préféré ne pas mourir.
Je me rappelle de ce chat à poil rouge et langue noire, qui après avoir léché ses lettres, y déposait soigneusement une de ses moustaches qui repoussait inexorablement le soir tombé.
En effet, ses conquêtes étaient multiples, qu'il s'agisse d'un coup de foudre pour une fleur, d'une arête de poséidon ou même d'une petite vague qu'il n'avait vue qu'une seule fois.
Mégot tombait amoureux dès qu'il se levait, en voyant une mouche qu'il pouvait suivre sur des centaines de lieues, et jamais il ne se perdait pas, car partout chez lui il était.
Dormant sur une jolie toile d'araignée, ses hamacs préférés ou bien dans la brouette d'un joyeux maçon, dans les paniers d'un poli facteur.
Mégot parcourait le monde à l'initiative de ses battements de cœur.
Rouge était sa couleur au soleil, indiennes devaient sûrement être ses origines et puis après ses neuf vies, il finit comme tout en chacun, par se faire vieux.
Alors à toutes ses rencontres un jour il écrivait, de lui faire un totem qu'il devait retrouver par son flair inchangé.
_ Miaoum miaw, ma bonne amie, avant de vous laisser, laissez moi me recueillir sur un endroit que vous aurez choisi et fait pour moi. A votre bonne grâce, plantez donc un bâton, une plume ou un asticot rosé, dessinez un cercle et gravez-y votre nom.
Mégot refermait ses lettres et les jetait du haut d'une tour céleste, les jours de grand vent.
Une de ses moustaches à l'intérieur, guiderait alors celle-ci aux quatre coins du monde de l'eau, de par ses passions tendres et sincères rencontrées ici ou là, mais surtout partout.
Ce jour, il ne lui restait plus une seule moustache, bien incapable alors de se diriger convenablement, il attendait la nuit entière à gémir devant la lune qui n'avait pas d'autre choix, que de lui sourire pour l'apaiser un peu.
Mégot lui, tombait amoureux une fois de plus, mais comment envoyer une lettre à la lune.
Le lendemain, ses bacchantes repoussées, il se sentait attiré à droite à gauche, au nord et au sud et tout en même temps, la lune elle, avait disparu.
Alors c'est au centre, de tous les endroits ressentis, qu'il construit son propre totem, représentant tous les autres et même ceux, qui avaient été oubliés.
Mégot se dressait sur les pattes arrières et en levant la tête, c'est bien la lune et le soleil qui étaient là à le regarder, ensemble.
_ Miaoum miaw, je préfère ne pas finir ma vie, je n'ai pas fini d'aimer et je souhaite aimer davantage encore, leur dit-il.
A ces paroles, la lune, le soleil, n'ont fait plus qu'un.
A ces paroles, mégot est devenu un homme. Un homme ni jeune ni vieux.
Un homme sans moustache mais aux cheveux longs et la peau rouge.
Sa langue n'était pas noire mais tous ceux et tout ce qu'il avait aimé avant, étaient là, à ses pieds et autour de lui.
Ainsi, partout où il allait, ils le suivaient.
Ainsi, partout où il se sentait heureux, ils se sentaient heureux.
Et le monde de l'eau est devenu, un monde de là-haut où mégot,
déposait un de ses cheveux dans une enveloppe d'eau brillante.
Une enveloppe aquatique capable de suivre, le grand fil de la vie.


mercredi 27 août 2008



Quand je pourrai, quand.

_ Quand tu pourras, quand ? (elle)
_ Un jour où les mots disparaitront, le jour où, l'on aura plus besoin
de se lire, de se dire, ces choses avec nos yeux, à les entendre de si loin. Tu vois parfois, le vent les porte jusqu'à chez moi, les dépose ici dans un coin, en sureté je les y garde, parce que c'est tout ce qu'il me reste, de toi.
Quand je voudrai, quand.

_ Quand tu voudras, quand ? (elle)
_ Une saison entière, longue comme une vie qui fleurie, une de ces toiles dans laquelle on s'est croisée, sur le bord d'une année, ensoleillée, tu m'as souris, alors, je n'ai rien su faire d'autre que de te dire: ça y est, je vis. Et j'ai cherché à me dire " où es..tu ? "
" avec qui, es...tu ? " mais je n'ai pas trouvé, ne trouverai jamais, alors ma main s'est détachée, tu vois, le point d'encrage. C'était un vide en lequel je tenais, parce que je l'avais rempli... alors, je ne sais plus, désormais, j'oublie... j'oublie tout sauf, toi...

Quand tu me demandes, quand.

_ Quand je te demande... quand ? (elle)
_ Ce que j'aimerai t'entendre dire, même tout bas, dans l'autre monde... ne sont pas des choses pour moi, même si.. même si tu serais celle-là, celle pour combler le royaume de mes pensées, étancher la soif de mes rêves en démesure, compléter le côté manquant en la divine nature, je couronnerai ta tête à l'instant, déesse mystique d'une contrée sans fin, te protégeant, comme l'exquise et la plus délicate des fleurs sauvages, unique, l'unique. Tes racines s'enfouiront dans ma chair, partageant le sang, de tout ce qui nous fera vibrer, mais.. mais, je ne peux à présent en dire davantage, sur ces choses qui bouillonnent si, dangereusement.

Quand, un pourquoi dis-moi.

_ Quand, un pourquoi te dis-je ? (elle)
_ Dans les grandes prairies, les plus immenses forêts, dans les grands déserts ressemblant au néant, dans les nuits les plus noires, jusqu'au plus grand silence, quand tu auras froid, je serai là.
Dans ces instants de solitude, à réfléchir sur le sens d'une existence, tu pourras au détour d'un sentier, compter sur une âme bienveillante. Quelque part où d'autres ne vont, les endroits oubliés, même dans ces moments gris du passé, il y aura une épaule sur laquelle te reposer. Si jamais un jour, chose que je n'espère pour rien au monde, tu te retrouves seule ou isolée, désespérée ou quelque peu, inconsolable, tu pourras, en dernier recours, compter sur moi, même si il me faut pour cela, marcher pendant cent lunes, je viendrai. Quelque soit le temps, la forme des obstacles, c'est ici une promesse dans laquelle je m'engage et honorerai le jour où, j'entendrai l'appel, espérant que cela soit celui d'un chant et non d'un profond chagrin, quoi qu'il en soit, il me transportera.

Où est.

_ Où es.. toi ? (elle)
_ J'étais, je suis et serai, là_


dimanche 24 août 2008


Forêt Bastard, chouettes, ombre feuille
discuter, avenir hommes bûcheron, tirer cartes.
Forêt six allées, garde hérisson maison châtaigne
biches gué pour coureur, pommes tombé.
Lucioles feu-follets apparaître nuit, vielles énergies
entre, bruyères pleine lune, pistes feuillues menues
caresse verdure inspirée, racines élevées, politesse.
Foulée branches craquements, invisibles
nature vie effort, nuage terre et les chevaux
soleil scie rayons cache-cache, les petits pas
sabots griffes des bois et ponts, évacuation
rythme séquence et souffle, intense
corps libre, pensées légères.
Fruit vert, terre frite.


samedi 16 août 2008


Tout ce que nous avons retrouvé sous les débris furent, un pistolet à lettres, un passeport tout neuf et un billet pour Paris 1957. Elle désirait plus que tout, assister à la naissance de sa mère.

Les voisins sont arrivés par eux-même nous prêter main-forte, il faut dire que cette vieille bâtisse datait de plus de trois siècles et les murs ainsi que la charpente étaient d'une épaisseur remarquable.
Nous continuons les recherches même par ces nuits glaciales, Marie Trente-deux doit-être retrouvée coûte que coûte.
Elle, c'est la nièce du vieux roi Chakri-kra ou quelque chose comme ça, qui règne sur le royaume de Num Éros. Étant devin, il aura vite fait d'apprendre la nouvelle et nous devons impérativement retrouver au moins, un pistil de Marie Trente-deux.

Marie Trente-deux est une tulipe qui fait des bons. Elle replie ses pétales comme le nez d'une fusée et par un magnifique mouvement d'impulsion, elle se projette dans les airs telle une tige filante et n'a plus qu'à rouvrir ses pétales pour s'en servir comme d'un parachute.
Marie Trente-deux ne peut faire qu'un saut tous les trente-deux jours.
(Elle en profita sûrement, le jour de l'effondrement, pour se faire la belle).
Seulement voilà, Marie Trente-deux a atterri sur le museau d'un ruminant de Num Éros.

Le ruminant: Eh bien en voilà une surprise !
Marie T: Vite la vache, direction le couvent des Marilettres !
La vache donc: Diable ! Mais d'où puises-tu cette force, ne me tire pas comme ça !
Marie T: Il faut récupérer à tout prix mes papiers, la navette part dans trente-deux jours exactement.
La vache: Quelle navette ?
Marie T: Celle pour Paris 1957.
La vache: ah !?

Arrivée au couvent_

Marie T: Fichtre diantre, tout le beau monde qui est là. Trouvons une solution pour qu'ils ne me voient, je suis tellement précieuse à leurs yeux qu'ils risqueraient de me renfermer à nouveau.
La vache: ah !?
Marie T: Oui, il n'y a que Trente-huit tulipes au couvent des Marilettres. Pour elles, les prières sont des contes et elles purifient par l'action de leurs pollens et parfums, tout ce qui se trouve alentour, ainsi qu'une nouvelle spécialisation dans la diffusion de lettres éclairées après les plus anciennes et mieux connues, lettres éveillées. Heureusement, toutes les autres Marilettres se trouvaient au séminaire, à Paris 1983.
La vache: Alors que fait-on ?
Marie T: Cherchons ensemble, remue-moi tout ça, pendant ce temps, je me cache dans une de tes narines.

Ainsi la vache remue les détritus et autres gravats avec ses sabots, son museau ou à coup de corne et de glace. Les habitants stupéfaits se demandent si ils ne rêvent pas. Une vache les aide aux recherches !
L'un d'eux s'approche d'elle et celle-ci, visiblement, est prise d'une violente crise d'éternuements.

L'homme s'écarte après l'avoir, ô combien ! dévisagé et Marie Trente-deux indique alors à la vache où creuser.
Le temps d'une page de réclame plus tard, la vache repart en sautillant avec son butin, passeport et billet entre les dents et pour la protection, le pistole à pistils ou, le fameux pistolet à lettres.
Marie Trente-deux toute fripée sort de la narine, elle se secoue et la vache éternue de nouveau, manquant de la décoller de son museau.

La vache a donc vingt-neuf jours à compter d'aujourd'hui, pour se rendre à l'aérotif des Lettres planantes. Elle en profite alors pour butiner les herbes des régions locales, regarder ses feuilletons favoris et entretenir des discussions savantes avec Marie Trente-deux.

Le jour de la lettre J est enfin arrivé.
Marie Trente-deux est prête à bondir au moindre choc.
Ses racines sont tendues comme un string ou plutôt, comme un ressort prêt à lâcher. La navette est là, à cinquante-deux mètres exactement. Marie Trente-deux calcule la bonne trajectoire, le bon angle, son inclinaison, la force du vent et dit adieu à la vache, se replie, se contracte et ppppffffiiiuuuu, décolle comme une mini fusée Austin Powers.
L'atterrissage se passe parfaitement. Un passager, la voyant tomber lentement, ouvrit la main.

Voici donc le nouveau moyen de transport de Marie Trente-deux pour les trente-deux jours qui suivent, la conduisant évidement, au centre hospitaliéné des Ver Binfinis, voir sa pauvre mère, Lucilétroi Fonsun, naître.






- Le couvent des Marilettres -
Ici on appelle ça, des Tul hype hype hype ! hourra !!!

mercredi 6 août 2008

Dans un coin de cuisine, entre l'étable et un champ de blé,
deux anciens s'adonnent à leur plaisir quotidien, le lancé de grumeaux.

_ Dis moi voir la Josie, c'est ti pas quel jour nous sommes aujourd'hui ?
_ V'la ti pas que tu m'poses des questions sottes maint'nant !
_ Donc tu n'sais rien, comme l'habitude...
_ M'enfin l'François, qu'est-ce qui t'prends là encore une fois.
_ Sacré bon Dieu, nous sommes le 6 la Josie, le 6 décembre ! cette date n'évoque donc rien pou'toué ?
_ T'as encore bu ou bien l'François, qu'est-ce tu m'racontes là ? c'est ti un jour différent qu'hier ou d'avant-hier ou bien, que mijotes-tu avec ton air tout tordu à m'regarder comme ça ?
_ Nom di diou, t'es ti pas encore plus bourrée qu'moi ou a t'on échangé ma femme avec une imbécile heureuse, chuis sûr qu'la vache le sait mieux qu'toué !
_ Hou que tu m'énerves l'François, va au bistrot si t'as encore envie de créer des histoires, j'aime pas quand toué comme ça.
_ Jamais vu une nigotte pareille, bon sang de bonsoir la Josie, le 6 décembre c'est la date de notre mariage, fais-tu exprés ou est-ce ta mauvaise volonté qui n'arrive point à s'rappeler ?
_ T'es encore bien plus atteint que je n'pensais vieux pépère, tu m'as dit la même chose l'an passé, tout ça pou'passer sous mes jupons j'chuis sûr.
_ Mais c'est qu'elle est plus tétue qu'une mule, on fête nos 45 ans de mariage ! enfin la Josie ! bon ce n'est point grave, j'te laisse réfléchir, et je m'en vas chercher la gnole.

Le père François sortit de par le jardin et s'engouffra dans le hangar pour y remuer quelques bricoles. De là le voisin apparut derrière un buisson et à pas de loup, rentra dans la ferme par la porte arrière.
_ Josie, psssiitttt !! la Josie, c'est mouié l'Fernand ! Josie où qu'tu t'caches ? fais donc voir tes mamelles au vieux Fernand !
La Josie se precipita dans l'arrière cuisine et comme décomposée, lança au voisin:
_ T'es donc pas fou l'vieux débris d'rentrer chez moi comme ça, avec l'aut asticot qui mijote un mauvais tour, t'es donc comme l'inconscient qui ne sait jamais reçu des plombs dans les fesses ? Si jamais l'François t'vois ici, ça risque fort d'être l'hécatombe, tu sais bien qu'il planque des fusils de chasse un peu partout !
_ J'sais bien la Josie, mais j'ai pas pu résister, fais donc voir et je m'en vas comme j'suis revenu.

Pas eu le temps de dire "ouf" la porte de la pièce à côte se met à grincer.
L'François fait son entrée avec quatre litres de rouge.
_ J'suis foutu, murmure Fernand.
_ Vite sous la table, fait Josie.
_ A qui qu'tu causes la Josie ? demande le père François.
_ A toi pardi mon vieux, j'disais "vite à table !", il faut que j'te parle, dit Josie plus qu'inquiète.
Le Fernand, recroquevillé sous la table, ne bougea plus d'un pouce.
_ V'la qu'je m'rappelle bien maint'nant, annonça Josie, j'te faisais marcher l'François, aussi je propose de mettre les litrons de côté et passer directement dans la chambrée.
François ouvrit de gros yeux et regarda Josie des pieds à la tête.
_ M'enfin ma bonne vieille, est-ce que tout va ti bien ? T'sais bien que j'ai besoin d'boire avant si je m'en dois aller au charbon !
_ J'sais bien l'François, mais pour une fois, fais donc un ti effort.
_ Bon et bien j'te suis la Josie, on verra bien c'qui marche et c'qui marche pas, mais laisse moi donc prendre une bouteille, j'serai plus rassuré au cas où j'm'ennuierai.
Alors les deux vieux grimpèrent les escaliers et le Fernand put sortir de sous la table. Au passage, il prit deux des bouteilles et s'éclipsa discrètement.

V'la ti pas un bref passage de la vie d'la Josie et du père François, pardiou !

dimanche 3 août 2008



Je connais une légende que l'on appelle mademoiselle
une légende pourtant bien plus vieille que la plus vieille d'entre elles
puisque cela fait maintenant presque huit siècles sur mon échelle
qu'un os à pattes du nom de Théo, essaye de sortir de l'eau.

Un matin de pâque à haute altitude, une jeune inconsciente découvre une source sacrée et y met les pieds. Aussitôt transformée en os, elle restera là et dans cet état, tant qu'un homme ne l'en sortira pas.

L'os Théo pattes a non seulement six mains mais également un cerveau aux facultés extrasensorielles, se dit Calie (la jeune inconsciente) dans la peau (l'os) de Théo.
« Imaginons et matérialisons fortement l'ombre d'un homme, peut-être cela éveillerait Calie et sa soif d'évasion », se dit l'os Théo sous l'eau.
Alors par grande magie, les contours d'un chevalier moderne vinrent surgir de par les flots. Calie, devenue l'os Théo ne sont et ne font plus qu'un, ils travaillent ensemble. Calie parvient à donner les forces nécessaires à son os, pour faire bouger ses pattes.
_ Miracle, c'est un miracle, cet os bouge sous l'eau, lance l'ombre qui est véritablement un homme, aquatique certes, mais un homme... quoiqu'un peu transparent également, ou, des entières pensées d'homme fluide ont fait cette ombre en trois dimensions !?
L'os demande à Calie qui est cet homme, Calie demande à l'ombre quels sont ses centres d'intérêt.
_ Je n'ai pas intérêt à avoir de centres mais plutôt un large contour, signale l'homme.
Calie alors saute dans la main de l'ombre, l'os crie : non ! et l'homme effrayé lance l'os dans les airs.
L'os Théo pattes se retransforme en Calie mais celle-ci retombe dans une autre source sacrée plus loin et redevient un os, à vingt-sept centimètres de profondeur sous un bleu azur éclatant d'éternité.

Si Calie n'a pas de destiné, l'os Théo pattes lui, travaille sur les sources, leur masse le dos ou leur font craquer de fines vagues endolories.
A ce qu'il paraît, il y a toujours un os Théo dans chaque source de montagne et une femme qui prie à l'intérieur.



- L'os dans la cinquième source -