Espace dimensionnel - Space Fictions + Photos
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samedi 28 juin 2008


Sortant promener mon arbre
J’attrapai une feuille rouge
M’y suis mouché, m’y suis couché
Retirant une flèche empoisonnée
M’enroulant dans ses racines
Voir son sang vert couler sur la terre
Inonder la vision du printemps
Le panser des herbes bleues
Récitant des poèmes, oubliant la blessure
Mon arbre est mort dans la prairie.

A son vieil âge, il a ri de sa vie
Affalé sur le flanc, la pluie essayant
De le réchauffer à présent, aboyant son état
Mais ses feuilles toutes ensemble, se sont envolées
Et ont tourbillonné autour de mes souliers
Puis comme une main végétale, le soulevant de son élément
Le transportant et l’amenant aux pays des sages
A travers routes du silence, vent des chemins
Ses branches se sont tendues vers les grandes hauteurs
Et là j’ai vu, son écorce orangée se déchirer
A l’intérieur, un homme de ronces emprisonné, se délivrait
Une éclosion, vieille chrysalide, un papillon d’épines.

C’était son âme, ..mon arbre.


mardi 17 juin 2008


Survol au-dessus d'un escargot, vue plongée dans un bouquin, une phrase, un dernier mot: escargot. Un tour comme à la grande roue, le soleil et un homme sur un banc, absorbé, dans la lecture. Cet homme est ici dans un parc, en plein air, de la verdure et les oiseaux.
H est cet homme. H referme son livre et H se retrouve dans la bibliothèque. H aime les livres, chaque lecture l'amène ailleurs, plus fort qu'une découverte, plus grand qu'un semi-rêve. Alors si quelqu'un lui parle quand il est dans le monde de son livre, H n'entend rien.
Mais un jour, par mégarde, son livre se referme, ou est-ce quelqu'un qui le referme. H devient malgré lui, prisonnier des pages et de l'histoire.
A l'intérieur, il y a bien les personnages et H demande à l'un d'entre eux, comment il pourrait retourner dans son monde, hors du livre.

_ Il vous faut écrire votre propre histoire lui dit-on, plonger dans votre propre récit et quelqu'un ensuite, de bien intentionné, refermerait ce livre, là où vous l'aviez quitté. Mais prenez garde, n'écrivez jamais votre futur, vous ne le connaissez pas, inutile de lui apporter de fausses réalités, lui conseille t-on.
_ Mais ça va me prendre des mois, poursuit H.
_ Commencez de suite, continue l'autre. Mais rappelez vous, si vous oubliez quelque chose, ceci n'existera plus à votre retour. Plus de trace, plus de souvenir et toutes les répercussions que cela peut entraîner.
_ Et bien, ce n'est pas de la tarte, lance H déprimé.
_ Il y a quand même une solution, un moyen beaucoup plus rapide, murmure le personnage du livre. Il faudrait que quelqu'un puisse aller dans votre monde rouvrir ce livre, pour que vous ayez libre choix de le refermer vous même par la suite, ainsi tout rentrerait dans l'ordre.
_ Mais qui peut-on appeler ?
_ Je ne connais qu'un seule personne capable de voyager à travers les dimensions : l'homme à tête d'oiseau !
_ L'homme à tête d'oiseau ?
_ En personne. Envoyons-lui un fax sur-le-champ, ce n'est peut-être qu'une histoire de minutes.
Ah oui une dernière chose à vous dire. Vous devriez libérer tous ces gens qui ont vu leur livre se refermer. Vous les avez parqués dans des hôpitaux psychiatriques, alors que ce qu'ils demandent simplement, est qu'on réouvre leur récit.


dimanche 15 juin 2008


Les mares séchées, escadrons, cargos à vent
les longs trottoirs, les façades qu'on ne saurait voir
les moments sombres, les Mystèriens et leurs couloirs
prendre un taxi, sortir, déjeuner, s'habiller puis se lever
dire à ceux qui cherchent Dieu, qu'ils vivent déjà dedans
faire opposition à des rêves bancaires
« rella y siav ej, rella y siav ej »
Horizons calfeutrés, lignes enfouies et propagandes
marche à reculons, compte à rebours
à désamorcer, des armes mort c'est
et puis plus loin.
Grondements gustatifs, soupières volcan
couverts d'argent, la prise du temps
deux trois fois rien juste, perte et tant.
Ogives à rêves, artifice de feu, flamme, d'air de paire
et nos pères, de leurs cimetières la colère.
Illusion, mirage et ambition
dans les cris sauvages et leurs missions
chaque verre prit c'est en fêtant
et leurs cartes forment le château
et leurs cartes prennent les points d'eau
aux glorieuses guerres ont-ils dit
aux glorieuses et sincères ils s'insèrent
en stratégiques repères et puis, et puis la mer perd.
Ailes d'atmosphèrocéan s'abîment, se suppriment
plongent dans les profondeurs et réveillent la chaleur mère
la lave, la fusion, les canons
les pièces martyres, les torrents
les spectacles immenses, les réceptions
les courbatures des vieux et les générations
les grands dragons les vies meilleures sans division.
Aucune barque plus grande ne pourra
aucune plus grande autant vu n'aura
d'humaine masse à l'agonie pourtant
nos navires terre s'enterrent pas se taire
parole plus forte, pont haut plus haut
les bras vers le ciel danses sensorielles
au pluriel les aurores arcs démentiels
les yeux levés, tous debout vers le lever et chez nous
l'étendue biosphère transperce les rides oh !
plonge la pièce et éclaire nos têtes, la lumière est arrivée trop tôt.
Ce matin, les Mystèriens ont enveloppé le monde
ce matin, alors que la terre se déchainait
vents solaires et aurores polaires ont retiré nos fers
les chaînes du monde se sont libérées
tous se sont séparés, tous est revenu à lui
tous a su, tous est devenu plus grand
tous comprend, tous est je, je est tous
je est unique, je est une part de tous
sans un je, il manque un je/jeu à tous
je dans tous deviennent un
un devient Mystèrien.


samedi 14 juin 2008


Zéa prétend, affirme, que le monde est mort sans elle
zéa n'a plus de cédille, difficile d'être aussi fine
brise fragile, elle s'accroche, écarquille
ses rangées de doigts sur ses chevilles
elle tortille, bas résille et longs cils
zéa, à moi, quand tu démaquilles
zéa, à moi, la fille ou l'anguille
les pupilles qui s'habillent
et mordillent ta bastille
zéa, tes rêves escadrilles
le vieux torrent qui fourmille
dans mes pensées c'est nos villes
qui quadrillent reste tranquille
dans mes bras écoutilles
l'ancien refrain d'une coquille
faim d'espace ça grésille
tout comme ce qu'on gaspille
en temps accrocheur c'est débile
tous ces ils, n'importe où qu'ils grappillent
n'arrivent pas à défaire toutes ces piles
nos vieux souvenirs, l'Atlantide
zéa réponds moi, donne ta voix, oscille d'un fil
quand tu es là ça pétille, tout se concentre et ça nous vrille
en forme de vent, univers exaltants, splendeurs qui roupillent
se recroquevillent et attendent, en nous, la percée vive
zéa, parfum myrtille
zéa, fleur et peau d'aiguille
zéa dégoupille, ton monde les presqu'îles
enchaine les flottilles, tes façons sont des hymnes
zéa, zéa, zéa, n'oublie pas
les trajets parallèles, qui scintillent.