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vendredi 30 mai 2008


Philippin est un homme, non c'est faux.
Philippin est un nez curieux, un écureuil
philippin est né curieux, philippin, est un éléphant.

Ce qu'il voit de vous, ou de tout individu né curieux
sont deux yeux et un front.
Certes il imagine très bien votre corps en dessous
or philippin nous assure que cela n'a pas d'importance.
Et puis, à la télé et dans les magazines, il le voit très bien,
ce qu'il y a en dessous, mais ça ne l'intéresse pas.
_ Ça ne m'intéresse pas, nous confirme t-il.
_ Est-ce que ça vous intéresse philippin ?
_ Non, ça ne m'intéresse pas, réaffirme t-il.

Philippin boit sa bière avec sa trompe de curieux
et nous signale au passage:
_ Avant j'ai cru que tout individu vivait plus ou moins à 1m.75 du sol,
la découverte du reste des corps fut un choc, articule t-il entre deux gorgées.
_ Est-ce que ce fut un choc philippin ?
_ Oui, un vrai choc au début, mais croyez moi, j'ai jeté ma télé, dit-il en ricanant. Je ne distingue que vos yeux et votre front, et là, se trouve tout ce que je veux voir de vous. Cela me suffit amplement et je suis né comme ça.
_ Né comme un écureuil philippin ?
_ Oui, je suis né curieux.

_ Ça alors, mais c'est insensé cette histoire ! Vous ne voyez que des yeux et des fronts qui se promènent alors philippin ?
_ C'est tout à fait exact, que des yeux et des fronts.
_ Dans ce cas vous ne voyez pas la beauté d'une belle plante ou d'un bel apollon philippin ?
_ Oh que si mon bon ami, le cœur dont parle tous les gens, celui-là se trouve dans la tête, l'autre je n'ai pas à m'en préoccuper, l'important c'est vos pensées, uniquement.
_ Et nos actes philippin ?
_ Ils découlent de vos pensées.
_ Et nos pensées philippin ?
_ Elles sont de mieux en mieux, mais il reste le chaos, et le chaos doit se détruire par le chaos.

_ Savez-vous philippin, que vous avez un corps aussi gros que la Terre elle-même, et je n'ai pas vu vos yeux ou une quelconque tête !
_ Je croyais que j'étais un nez curieux, un écureuil m'avait-on dit.
Que j'étais né curieux, un éléphant.


mercredi 28 mai 2008



Les hommes devraient avant toute chose combattre, leur cœur de pierre.

Quelqu'un nous dit: « J'ai appris à combattre mon ancien moi
à accepter et à aimer celui que j'étais avant
celui qui mettait des barrières dans ma vie
parce que je sais désormais que ce n'est plus moi
et qu'il ne doit plus diriger ma vie d'aujourd'hui.
Cet ancien moi qui n'était en fait qu'un enfant capricieux
menait ma vie jusqu'à présent. En apprenant à l'accepter puis à l'aimer
on s'en détache et on accède à la maitrise de sa nouvelle vie.
Sa nouvelle vie d'homme et de femme d'aujourd'hui.
Ne plus se laisser contrôler par son passé mais s'en servir
de part les leçons que nous en avons tirées, c'est aussi grandir
dans l'estime de soi tout comme dans l'estime croissant
que l'on pourra porter sur les autres. »

_ Ce qui est bien, c'est que ceci ne vous vient pas de lecture
mais bien d'expériences, indique l'homme à tête d'oiseau.
_ Oui, il me semble que travailler et fonder une famille
n'est pas le vrai sens de la vie, ça c'est la survie.
La vie c'est autre chose, d'ailleurs je pars à sa recherche.
_ Voilà ce qu'il faut se dire quand on ne va pas bien, continue l'homme oiseau.
Est-ce la faute à nous maintenant ou à notre passé ? aux incidents de notre passé qui ont fait de nous ce que nous croyons être aujourd'hui ?
Nous ne sommes pas cela et nous méritons d'aller bien car le passé dans nos têtes doit être nettoyé par nous. Le nettoyer c'est aussi s'en séparer et pouvoir se dire enfin: je ne souhaite à personne ce que j'ai vécu mais je souhaite à tout le monde ce que je vis désormais.

_ J'apprends à maîtriser le mental, tout ça c'est grâce à vous monsieur l'oiseau.
_ Oui à vous, répond-il.
_ Il ne faut pas dire que c'est bien, c'est simplement, normal. Malheureusement on ne nous apprend ça nulle part. Les gens vivent avec leurs erreurs sans essayer de s'en séparer alors ils n'ont d'autre choix que de les retourner contre eux, ou contre d'autres.
_ Là est le problème, poursuit l'oiseau, s'interroger sur ce que doit être ou non le véritable sens de la vie. Mais il y a bien une chose qui est vrai, dit-il en s'envolant, la violence est faiblesse là où le contrôle est force.

Avec ce texte aujourd'hui est venue, la neige du printemps
du pollen plein la vue
.


samedi 24 mai 2008


Nous étions comme moi, des milliards
accrochés à la terre, dans le ventre de l'univers
Au début, la nature féconda cette terre
bientôt notre tour, sera sur le pied de guerre
Ainsi nous deviendrons plus qu'un
plus qu'un avec la terre
Celle-ci alors pourra éclore
et devenir, un astrélumière
propageant l'amour pour créer
un autre univers
Ils seront alors des milliards
après l'étreinte nature
à féconder un nouvel œuf
une nouvelle terre d'univers.

Les univers font grandir l'immensité mère
les astres noirs s'éteignent et les lumières
percent nos biosphères.

dimanche 18 mai 2008


Mon pain sent le caoutchouc, il sent bon le pneu brulé
les sièges de ma voiture sont faits de pain, farine grillée
les miettes élastiques c'est ceinture formalité
c'est trois ptits points bien routiniers, le format réalité
tout ce qu'on pense être, largement mérité.
Je mâche du pain mou et contrôlé par un évier
mes papiers sont chewing-gum levain très entassés
rangés dans une boite four gants à charbonnier.
J'ai chaud ça transpire, les ptiots pains qu'on admire
tout ceux qui croquent et s'éparpillent
sous mes sièges, mes tapis, dans mes cheveux
en mes dents, m'aidant l'aspirateur d'Adam
tombe dans une flaque, l'aquaplanning, faute de planning
s'imbibe d'eau, le pain est bon pour les oiseaux.
Mon caoutchouc, cher caoutchouc
je ne peux concevoir, te voir en la décharge passoire
tes formes grillées, tes bonnes odeurs brulées s'évaporer
ça coagule, détournons les yeux mille morceaux messieurs
ma voiture de pain est une épave ce matin
ma voiture matin est une épave pain c'est certain.


mercredi 14 mai 2008


Où vas-tu dormir qu'elle me demande.
Quelle drôle de question, crois-tu sur les nuages, dans les arbres, au sommet d'une église ? _ Par terre, pardi.

Ici je suis son regard, je suis dans son regard
et il se porte sur une gouttière, puis l'ouverture d'une cheminée.
Cette maison, qu'on y rentre par la porte ou par la cheminée ce n'est plus la même à l'intérieur.
Pardon, aurais-je voulu lui dire.
Soudain, toutes les voitures en bas de chez nous stoppent.
Il est 12: 26 et des odeurs de cuisine nous montent aux narines.
Je regarde les gens immobiles aux volants de leurs autos, tout s'est arrêté, il n'y a plus le moindre bruit.
Alors machinalement on s'aperçoit lancer un soupir de soulagement.
Le calme, le silence.

Voilà où je pourrais dormir, il n'y a qu'à choisir.
On ouvre une portière, n'importe laquelle et on s'installe sur la banquette arrière.
Demain je me retrouverai ici, vois-tu sur la carte ?
Toi tu seras là.
Alors elle lance une nouvelle route sur la Terre,
une nouvelle terre sur ma route,
une route de coton d'un seul mouvement de bras.
Ton voyage de sommeil sera meilleur qu'un rêve,
ton chemin un courant d'air chaud et moi et moi et moi je t'attendrai.

J'ai vu cette route toute droite s'étendre jusqu'à l'horizon
et le temps de me retourner elle était déjà derrière moi.

Il est 12: 26, mon voyage autour de la Terre a duré seulement le temps
de vous dire tout ça et maintenant, j'ai faim.
Crois-tu que je pourrais te manger lui ai-je demandé,
au moins juste un peu ?
Alors on a fait l'amour, l'amour ou deux âmes qui s'entourent
on s'est régalé.
On a mangé les routes, les pistes et puis
les sentiers et puis..
les distances et puis..          les cœurs tout noirs.

Nos cœurs chaque soir, jamais plus ne se meurent
je suis son regard, je suis dans son regard
j'essuie de sa mémoire, ses larmes noires.


mardi 13 mai 2008


Dig dag Douguidag sent les fruits de mer
                          sent le crustacé.
Dig dag Douguidag se promène avec un hérisson blond au bout d'une laisse
celle-ci peut faire le tour du monde.
Dig dag Douguidag porte un parasol de l'autre main
qui lui sert de radeau pour traverser les mots liquides.
Dig dag Douguidag est sur le point de sortir un nouveau dictionnaire
un sur lequel il travaille depuis trop longtemps.
Quatre ans dans son ancienne vie et
mille quatre cent soixante jours dans sa nouvelle.
Son autre lui ayant pris le relais.
Dig dag Douguidag n'a que 4 ans et dispose déjà d'un doctorat d'État.
Dig dag Douguidag marche à l'envers et nous dit:
« rella y siav ej »
Alors il commence à lire:

                             - m-oa ma-voa -
Oh je chante quand je pleure, ex-cusez j'aime ma-voa
elle transperce mes joues, rayons lumin-eux, lumine d'eux c'est affreux.
J'ai avalé les chansons d'un soleil depuis mes tous débuts,
le grand phare dans la nuit pour peu qu'on ferme les yeux,
on ne fait pas d'os vieux quand on est lumineux.
Les airs se voient, c'est chaud mais ne brûle pas,
je chante après la douche et nul besoin de babouches,
mon vrai nom est Katapouche à la voix de manouche,
c'est m-oa c'est ma-voa.


Dig dag Douguidag hésite à tendre la main
mais finalement il ramasse son écuelle et disparaît.