Espace dimensionnel - Space Fictions + Photos
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jeudi 27 décembre 2007

ou l'arrivée du grabuge -

Cet homme se baladait toujours avec une casserole sur la tête,
" c'est pour retenir mes idées " nous dit-il et hop,
il tombe à la renverse et disparaît de moitié, dans les herbes hautes.
Il se relève et d'un mouvement de bras, s'exclame:
" c'est pour retenir mes idées " nous redit-il et hopla,
il tombe de nouveau à la renverse dans un tas de feuilles sèches.
Il se redresse, frotte ses manches d'un revers de main et à peine eut-il le temps d'ouvrir la bouche, que l'un de nous lui adresse sur le champ:
" Ne le redites pas, mais bon sang diantre fichtre, pourquoi donc une casserole ? "
La galant homme attend que le thé soit versé et par surprise, nous délivre un secret:
" Ne le dites à personne, mais c'est pour retenir mes idées " et voila t-il pas,
qu'il tombe à la renverse, sa tasse volant dans les airs, avec le thé bouillant lui retombant sur la figure.
Alors comme si de rien n'était, la face trempée et rougie, il lève un doigt en l'air et lance sur le ton d'un conquérant:
" Même sous la pluie et la tenaille, même sous le feu et ma baignoire, je porte fièrement ce couvre-chef car il me vient de mon père, qui le reçut lui même de son propre père, et du père de celui-ci encore, jusqu'à un aïeul très éloigné de l'autre côté du pacifique, et dans la famille, nous n'avons jamais rien fait de toutes nos vies, mais nous y sommes vaillamment arrivés, et ça messieurs, bien à vous de nous imiter un jour, et de plus, nous détenons pour cela, une fortune considérable ! "
" Mais dites moi mon brave, rappelez-nous votre nom déjà" demande l'un de nous.
" Moi, mais enfin ", il rajuste son noeud papillon, " n'auriez-vous point la décence d'esprit après le récit de mon histoire d'admirer, de célébrer ou même de deviner l'identité de votre interlocuteur ? .... et bien je suis Monsieur l'i de Mi pardi ! " et là il tombe à la renverse sur un balancier à rectification verticale qui le remet droit comme un i.
" Connais pas " on se regarde tous, on regarde encore les uns et les autres interrogent ceux-là du regard, non, que nenni comme dirait la Louve qui est avec nous.
" Etrange, parbleu n'avez-vous jamais entendu les aventures de mes péripéties ?
Ne connaissez-vous donc pas le royaume de Mi ? "
" Jamais entendu parlé " dit notre banquier.
Soudain jaillit de nulle part, comme un tonnerre à foudre, l'homme oiseau tout déplumé.
" Olla, ollé mes amis ! " tout essoufflé " il faut que je vous dise, malheureux incident, il y a eu un choc terrible, le trou noir, le trou noir ! "
" Quoi donc votre trou noir ? " dit un homme aux mains rouges.
" Et bien j'ai bien peur, qu'une brèche se soit formée, causant des dégâts considérables dans les parallèles du temps, les dimensions sont toutes mélangées " répond-il l'air tragiquement peiné.
Monsieur l'i de Mi, se gratte le museau et commence à comprendre:
" Mais enfin, il doit bien y avoir un responsable dans cette histoire, un responsable qui sait probablement comment réparer la situation, et si je ne m'abuse, me retourner dans mon monde ".
Il y avait là Machin, Monsieur Sezz, l'abbé, le maire et plein d'autres, réfléchissant et questionnant l'homme oiseau.
" Ah mais j'y suis, le coupable ne peut-être que celui qui a laissé des traces de sang, je l'ai vu ramper comme un animal dans le noir et puis il s'est volatilisé "
Tout le monde se retourne sur l'homme aux mains rouges.
" Ma yé n'y souis pour rien moi, j'y souis arrivé par mégarde et j'en souis sorti en me réveillant, yé n'ai rien fait moi " (l'accent pour tromper l'adversaire).
" Ah ah, il a avoué " lance l'homme à tête d'oiseau, il a creusé un trou dans mon propre trou et cet incident a provoqué la rencontre des songes avec la réalité, si nous n'arrêtons pas le processus, cela sera un chaos total "
L'homme aux mains rouges: " quelle bande de tarés, bon allez je me casse "
De là, il sort un hélicoptère de sa poche et s'enfuit en poussant la musique à fond.

lundi 24 décembre 2007



Nos pas, passants, passés, n'ont pas
l'allure changea, en nous, nos pas, pressants
sans empreintes, en prendre, en feindre
la neige est enceinte et il n'y a pas
de chant sans âge, sans un chantage
d'air entraînant, sans affectif chant d'algues et nos oublis
les nuits, de nos allures en dedans, chaussures de femme fameuse
de right et de left sans un centre, un cocon gercé
des rebords et de fines lames d'or
pour une prière d'indien, une montagne sapin et nos pas raides
il y a temps long dans une pause, où l'on s'est vu
nous et nos pas, dans une sphère de geisha et méditer
tout l'été sans en bronzer l'idée, de quelques vapeurs méditantes
sur les rebords à tribord d'une avancée, pressante, passée
au fil du temps dans un égouttoir, aux larmes dorées, l'on sait jamais
jusqu'où, jusqu'à nous, nos pas seront allés
et nos yeux se défont sur cette allée enneigée
d'une vue sous nos pieds, qui suivent toujours le même trait.

Apaisant, lentement, on se ment, à coup de vérité-ablement
esprits saccadés, nos musés personnalités s'en sont figés
et nos pas, passants, par passé, n'ont plus suivi
dans la n'ai-je, plus de traces derrière mes pieds
neige plus d'odeur, derrière ce par fin
pour une dernière fois, fleurissante, envie de survie
j'ai appelé, au loin, l'idée de changement d'une voix lactée
rotation moins critique, sans nos cris, nos pas, crispants
fiévreux sur front humide de l'enfant neige
fils Nature, réveillé et désespéré de la laisse traînée
l'emprunt fut une possession machiavélique
punition angélique d'un retour de flamme
pour nos pas, passants, passés, n'ont plus
d'empreintes empruntées de nos femmes fameuses
un point où tout s'arrête, jusqu'à la dernière miette
le dernier sous, la dernière fumée, pour nos pieds
n'ont pas, il n'y a pas, de contre-bas
la lévitation sera, une des dernières marques de fabrique
de nos pas, ici bas et nos cerveaux serrent nos têtes
t'en fais pas.

samedi 22 décembre 2007



L'hiver s'étire, dans ses jambes d'armure, contraction frigorifiée
sous le sapin vert blanc, l'espace attend et considère une larme coulée.
Quelques cheveux couverts de givre se collent à ses joues,
l'odeur du brouillard et sa respiration s'élèvent dans les airs,
dans cette matinée grise et brumeuse, elle souffle sur ses doigts.
Je crois entendre encore sa voix, vibration fragile et douce comme une fine pluie mourante, bien avant qu'elle vive cachée, refuge sans ombre, avant... qu'elle ne parle plus.

Assise là, sans mouvement sur la terre froide protégée du vieux conifère
elle retire lentement ses gants humides et promène ses mains,
les faisant voler dans l'air frais, étendant ses doigts pour les faire danser.
Sans aucune expression, la portée de son regard surpasse le fond,
sans bruit, elle devance l'inattendu du songe et la neige fredonne à l'instant.
Au clair de son visage on lit qu'il fait déjà trop froid,
qu'il n'y a plus assez de chaleur pour sa grâce.
Ses gestes s'accomplissent, tremblants, son corps s'affaiblit, lentement
son coeur..... défait, perspective vaine, entreprend de se laisser aller.

Folle ivresse, je crois.... entendre encore sa voix.
Dans la nuit, la neige s'est habillée de bruine, et elle avait disparu.
J'ai conservé ses gants de laine, ils renferment toujours son parfum qui m'envoûte encore,
et chaque hiver depuis, je m'allonge sous un sapin un instant... avec elle.
Alors je crois l'entendre, quand la neige glisse sur ma figure, je ferme les yeux
et sens sa main, froide et sauvage, m'effleurer et revenir se poser sur moi
d'une bienveillante chaleur.

lundi 17 décembre 2007

J'ai décidé, et ceci est une première mondiale,
de mettre en ligne et d'exposer mon tempo harmonicator.

Le tempo harmonicator qu'est-ce donc ?
A la pointe de la technologie, le T-Har. est la description en temps réel
de la forme palpable d'un corps gras en pleine mutation généalogique.
J'explique;
Sous l'effet du dioxyde de tapioca, et monocarbonate d'ethinylestradiol
ainsi que de l'effet du maltodextrin vulgaris pinus sur les cellules souches d'un dermophile indien, l'on peut observer après de longues années de recherche, des différences notoires sur la modification en temps réel de la membrane résistante qui recouvre chaque partie d'un corps normalement constitué, appelée peau.
Après différentes expériences donc, dans le célèbre laboratoire du doctor Gang à Pékin Express, je livre ici, aux élèves chercheurs en incroyabilité passagère, mes nouvelles mensurations et difformités spectaculaires, ce jour à précisément 1H55 à l'écriture de cette nouvelle édifiante.

Notez, trois doigts en forme de lacets, recourbés à l'extrémité antérieur du genou droit, quatre sous chaque oreille, qui à ce niveau présentent des formes à bec d'ornithorynque diffusant fréquemment des retours gazeux.
Une difformité nasale assez prononcée recouvrant la partie arrière de la cage thoracique, entièrement jonchée de nombrils épineux.
L'abdomen surdéveloppé présente quand à lui, une pilosité remarquablement jaunâtre, qui abrite des rangées d'écailles sécrétant des formules mathématiques par horodateur.
Ici nous avons deux tentacules sortant d'une cavité osseuse, généralement utilisée pour des yeux ou autre tiroir à rangement, notez cependant, l'apparition rétractable de tétons à chaque bout.
Les pattes, si nous pouvons appeler cela des pieds, sont munies de cornemuses parfaitement silencieuses mais servant de lâché de ballons quand l'individu est heureux.
Admirez ici la particularité d'un menton ressemblant à une piste noire toute cabossée à mini écran plasma inter modulable avec webcam et grille-pain à poulet.
Enfin nous décrirons un moyen de communication à la pointe du progrès par un tube cathodique relié à une connexion sans fil aux enceintes du vatican et une maxillarisation parfaitement coordonnée avec la marche et l'emboîtement du pas.
Puis un système nerveux rétréci au maximum pour plus de confort et une prise en main optimum.
Et pour finir, nous avons là un prototype se modifiant encore, d'un bon kilo par centimètre carré, en pleine croissance à l'aube de ses trente ans.

Mesdames et messieurs merci, la séance est levée.

jeudi 13 décembre 2007


Les habitants du vent soulevèrent les aquapierres lumineuses de leurs arbres à main.
La lettre aimantée d’un magnétiseur s’étant égarée, la plaine avait soufflé sur les nus éternels pour dévoiler les heures situatiques, perchées elles-même sur la question, formant quelques kilos d’angoisse palpables, bruyants mais tout à fait dociles.
La plaine les utilisa, les dispersant par les vallées, leurs flairs aiguisés ne pouvant se tromper même dans les cheveux d’une pleine trompeuse réponse parfumée.
La rapidité de la chose dut se faire dans les plus brefs délais, les nus s’étant alors appauvris en devinrent mortellement fébriles. Mais ce bruit se tut, évitant d’éveiller chez les coutoportes quelques soupçons sur la présente faiblesse. Ainsi et en attendant, les habitants du vent les cachèrent dans leurs ventres.
L’angoisse toute entière, comme un seul homme, revint avec la lettre et put reprendre une couleur apaisante après l’avoir déposée devant les arbres à main, elle se coucha et disparut dans ses heures situatiques.
L’apaisement revint peu à peu, la plaine s'effaça dans un tourbillon, les nus éternels purent sortir leurs sourires. La lettre fut dépliée et lue, autorisant ainsi de faire passer les habitants du vent dans un nouveau siècle, une nouvelle ère qui sans cela, n’aurait permis une nouvelle descendance.

- Les aquapierres lumineuses -

dimanche 9 décembre 2007

Madame Uphar est une naine qui vit dans les bassins de nos pensées.
Si l'on s'y endort tout près, alors elle choisit pour nous de merveilleux rêves pour nos journées où le soleil aurait mystérieusement disparu.

Mais un beau matin, cette brave dame, emportée dans un élan de nostalgie,
découvrit dans les journaux ce qui suit:
"Trois petits vieux sont décédés de musique dans un terrible accident d'ambiance".

A la lecture de cette nouvelle, son esprit s'éveilla et lui somma d'agir expressément. Aussi, bien des idées lui vinrent comme remettre les tourne-disques au goût du jour, avertir les pompiers et rétablir "la danse des canards" pour sirène ou limiter la vitesse du son à six miles de l'heure.
Et puis en chemin, elle croisa un jeune homme qu'elle reconnut sans trop de mal à son accoutrement, celui-ci après un doux baiser sur le revers de sa main lui déclara:
_ Savez-vous qu'hier encore, j'embrassai mon chien et donnai de la pâtée à ma copine !
Alors dans un rebondissement et une illumination sur son visage, Madame Uphar eut une idée toute aquatiquement ingénieuse, fabriquer de la musique silencieuse !

_ Il faut que je regarde mes notes, se dit-elle, j'ai forcément par là, une vieille formule sonore et d'anciennes partitions sans bruit. Mais il me faudrait un saladier, un saladier d'écoute à basse fréquence pour tout mélanger.
Alors elle regarda sa pendule à bols et à cette heure avancée, partit à sa recherche.


Il ne lui fallut pas longtemps pour le trouver, sa pensée fabriquant les choses ou les matérialisant sous d'autres formes, elle put créer un bruit court, lent et sans distorsion en secouant le tout bien fort. Un bruit qui serait la base de tous les autres bruits dans leurs volumes et densités. Ainsi plus aucun accident sonore n'eut lieu.
Oui la naine Uphar se mêle des affaires des autres, mais uniquement pour leur bien nous assure t-elle.

vendredi 7 décembre 2007


Nous sommes déçus de ne plus vous voir
déçus de ne plus y croire
vos liens sans nos cauchemars
des lieux aux hauts revoirs
des lieux qui nous font croire
que tout passe par un soi-disant art
nos poésies et nos espoirs
de froides idées sans y boire
de drôles d'idées pour tous nos soirs
Mais on ne peut cesser d'y croire
se mouvoir d'une grande histoire
sans plus attendre c'est un miroir
sans égarements, un mouvement pour nos mâchoires.

Sans sens de l'envers
sans friction pour le verre bleu d'un vers: le bobinoir


Nous sommes des sus sous vouvoyés, une foire
des sueurs en trop de gloire
voilier pour co-chemins noirs
des marres et des mouchoirs
des lieux qui semblent prévoir
des langues sur nos trottoirs
nos poches plaisirs et nos ex-poires
deux froids d'hiver comme un avoir
et frôle l'été sur ville-dortoir
Maison peignoir, un réchauffoir
sa moue voit hors du grand plongeoir
s'en détendre et s'en concevoir
sans les gares m'en rouloir et ne plus pleuvoir.

Alors au fond du couloir, un grand comptoir
et sur ce comptoir un démêloir, aux airs libérateurs
voilà où nous étions.