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mardi 20 novembre 2007

dans, l'histoire de Simon Pire_


Chacun à son monde, alors, comment aller dans le monde des autres ?

Oncle Roland se trouvait au grenelle de l'environnement,
peut-être faudrait-il le trouver et lui demander comment.

Les pavés sont noyés par l'eau stagnante et le vent souffle quand on le voit.
Cette rue ressemble au dos d'une tortue.
_ J'ai 50 ans, au milieu, je me demande s'il faut revenir ou continuer, lance Simon au chef de gare. Où va ce train ?
_ Il fait le tour.
_ Le tour de quoi ?
_ Le tour de votre monde, il lui faut 8 jours pour être à nouveau devant chez vous.
_ Parbleu, mais ce train, je croyais que c'était une de ces filantes étoiles !
Tenez, aidez-moi à monter ma boite d'allumettes voulez-vous.
_ Est-ce tout ?
_ Oui, mon seul bagage.

Simon grimpe puis ouvre le côté de sa boite où se trouve son lit de camp, s'installe et s'endort pour la nuit.
Non loin de là, Président Cinquante Neuf en personne accompagné de sa chère épouse la femme de verre, séjournent dans le second compartiment depuis 19 années et vont très prochainement arriver à destination.
Le lendemain, Pire et Cinquante Neuf se réveillent et croisent leur regard à travers les deux hublots les séparant, c'est le choc.
Pire se reconnaît, comme il s'est reconnu dans l'Oncle Roland.
Le président arrive le premier.
_ S'il vous plaît ne faites pas peur à ma femme, ne vous montrez pas, nous fêtons nos noces d'argent, dit Cinquante Neuf.
_ Mais où allez-vous ? lance Pire.
_ Dans 16 jours, nous arrivons enfin, devant la maison dont vous êtes sortis.
_ Mais... mais c'est chez moi !
_ C'est chez-vous dans votre monde, pas dans le nôtre, ni dans celui d'un autre et encore moins un jour d'après ou avant, ce n'est pas pour rien que je suis le Président Cinquante Neuf voyons, c'est moi même qui ai tout créé.
Simon Pire croyait que c’était lui.

Simon Pire réfléchit.
Simon Pire est un clone, il le sait.
Mais Simon Pire aime l'adrénaline, l'imprévu, les nouvelles sensations et le nougat, aussi il se saisit du Président, le tue et prend sa place.
Pour lui le voyage se voit rallongé de huit jours, accompagnant désormais la femme de verre, transparente à souhait.
Malgré tout ça, à l'heure d'arrivée, Simon Pire découvre la maison et la vie de Cinquante Neuf et non la sienne, il apprend sur-le-champ, que quiconque perd son identité, est oublié.
La femme de verre le retient par le poignet et demande:
_ Quiconque oublie, qui oublie ?
_ Qui oublie quoi ?
_ L'identité.
_ Est perdu ?
_ L'identité c'est quoi ?
_ Je ne sais pas, une chose qui ne doit pas servir.

Le matin suivant, on apprend qu'un Simon Pire est mort, jeté d'un train.
La femme de verre se lève et lance un sort sur l'agresseur par la pensée.
Celui-ci serait appelé Hervé Mieux, puisque les clones Mieux sont moins fragiles.
Et c'est devant ses yeux, que l'homme qu'elle croyait être Cinquante Neuf prit l'apparence d'un Hervé Mieux.
_ Rassurez-vous, Président Cinquante Neuf n'était pas non plus Cinquante Neuf, un autre Simon Pire l'ayant tué avant vous, vous ne pouviez pas vous-même redevenir un Simon Pire et vous voila en Hervé Mieux.
A présent, vous êtes les plus nombreux ici, 244 Hervé Mieux contre 242 Simon Pire.
_ Ma vie est mieux, pourvu que ça ne soit pire, dit... Simon Mieux.
_ L'important est de ne pas entrer en contact avec vos mêmes clones, ne pas interférer avec vos doubles, d'où dédoublement de la personnalité.
La femme de verre est futée, elle en sait plus que la plupart de vos copines, Mieux comprend maintenant, pourquoi les femmes sont au pouvoir depuis plus de 50 ans, tout est tellement parfait, si bien harmonisé, qu'il se demande pourquoi les Pire sont encore là.
Mais Pire se réjouit du monde de Mieux et il y reste.

Plus tard il découvre que sans non, il n'y a pas de oui,
sans blanc il n'y a pas de noir,
sans haut pas de bas
sans fin pas de début.


dimanche 11 novembre 2007


Il est bientôt cinq heures, Elowan arpente le grand boulevard un journal sous le bras et porte son attention sur les hautes façades de part et d’autre de la chaussée quand soudain, il croise son ombre. Celle-ci le salue mais Elowan reste froid et continue sa route.
Son ombre se met alors à le suivre, et au croisement d’une rue isolée, elle bondit sur lui et lui plante un couteau dans le dos. Elowan s’écroule.
Trois secondes se détachent et Elowan se relève nullement blessé, pour cause, l’ombre et le couteau n’ont aucune consistance. C’est la vitesse de déplacement de l’ombre et la puissance du coup porté dans l’espace qui ont fait basculer Elowan.
Alors Elowan se met à courir, son ombre court derrière lui.
Il espère la semer en se cachant dans une des grandes tours d’immeubles, il grimpe deux étages à pied puis ouvre la porte du palier et appelle un ascenseur. Plus de trace de l’ombre.
Elowan entre, appuie sur le douzième bouton, les portes se ferment. Il a juste le temps de reprendre doucement sa respiration quand, il aperçoit son ombre sous ses pieds en train de découper le bas de l’ascenseur pour y faire un trou.
Elowan presse alors avec insistance sur le bouton d’ouverture des portes, celles-ci lui laissent la voie libre au septième étage, malheureusement il part vers le côté du couloir débouchant sur une impasse.
Son ombre, dont le contour est armé d’un grand couteau, avance sur les murs et arrive lentement sur lui, le faisant tressaillir jusqu’à lui en donner des sueurs froides. Seule échappatoire possible, la fenêtre du couloir. Pris de panique, Elowan se jète dans le vide.
Mais contre toute attente et dans sa chute, Elowan distingue son ombre déjà au sol et celle-ci le rattrape, évitant qu’il ne se brise les os. Avec délicatesse, elle le pose à terre.
Néanmoins, Elowan meurt d’une crise cardiaque et son ombre disparaît.