Espace dimensionnel - Space Fictions + Photos
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lundi 30 juillet 2007


On n'a plus de rêves puisque nos rêves sont devenus réalité.
Alors on rêverait à la réalité, mais comment pourrait-elle être dans nos rêves ?

Une réalité nous ferait envie, parce qu'ici tout est folie,
rien qui ne rentre dans une normalité.
Les guichets appellent des trains imaginaires, des toboggans à l'envers gigantesques s'évadent du ciel et plongent dans la mer par des escaliers sans sens ni direction.
Aucune porte ne se trouve sur un palier et si ascenseur il y a, alors il vous conduit tout droit sur une autoroute et vous demande quel menu choisir.
Les sols sont des tapis roulants, plus vous avancez et plus vous restez sur place, ne pas bouger, ne pas, pour avancer.
Oubliez le temps, ne vous y fiez pas, pensez au dérèglement, à l'absurde du n'importe quoi et si vous pensiez vous rassasier sur quelque chose de concret, détrompez-vous, il vous suffira d'ouvrir la bouche et choisir une couleur, une chance sur deux pour que le rouge soit de la viande et le bleu des fruits rouges.
Il y a une astuce pour aller plus vite, offrez le plus possible de résistance au vent, en boule ou accroupi voila une bonne chose que vous pourriez faire.

Et puis là on rencontre un homme à tête d'oiseau qui se dit l'inventeur du trou noir:
_ Dites-moi vous semblez égaré où allez-vous si pressé, et puis,
il vous sert à quoi votre temps ? personne ne l'utilise.

Alors dans ce monde qui n'est pas le votre,
vous dites avec un langage qui ne l'est pas non plus:
_ Et vous votre trou noir, à quoi vous sert-il, il faut bien y mettre quelque chose, ou avez-vous peur de l'égarer ?

L'homme à tête d'oiseau, se tourne, fait quelques pas et entre dans une réflexion qui semble prendre des proportions éternelles. Soudain il s'envole et se pose sur un épis de maïs à 15 mètres de haut.

_ M'aideriez-vous à y mettre quelque chose monsieur, quelque chose qui puisse suffisamment m'occuper le reste de votre temps.
_ Mais je ne sais, c'est à vous, à vous de choisir ce que bon vous semble.
_ Ah non je proteste, fit l'homme oiseau, c'est vous qui avez parlé d'y mettre quelque chose dedans, je ne vous lâcherai pas.
_ Oui mais tout compte fait, si vous y mettez quelque chose, ça ne sera peut-être plus un trou noir.
_ Où voulez-vous en venir ?
_ Et bien je dis que, un trou noir c'est un trou noir, il n'y a rien, c'est un passage d'un endroit à un autre, souvent par une autre dimension ou que sais-je encore, où mène le votre ?
_ Ah ça, je n'en ai aucune idée sinon je ne serais sans doute pas là à vous parler et me serai probablement égaré.
_ Vous voulez dire que vous n'y êtes jamais allé ?
_ Non.
_ Bien prenez un GPS mon vieux, une boussole, un portable ou faites vous attacher d'une corde assez longue pour votre périple, je ne peux vous aider davantage.
_ Si, vous le pouvez, soutena l'homme oiseau.
_ Alors vous n'avez qu'à mettre un panneau " Direction la réalité "
et faire payer l'entrée, comme ça vous pourrez y mettre des fous dedans.

samedi 21 juillet 2007



Chaque jour qui passe est un jour d’impasse
mais la colombe surgit et trace la voie
chaque fleur qui fane s'envole, telle la gitane
et court sur les ondes, les médianes en folie, réelles
du temporel présenté sur un plateau d'aiguilles.

"Ne l'as-tu pas senti venir cette déesse d'or,
celle qui te réveille pour te faire chanter ?
Ne l'as-tu pas senti venir, revenir à toi, plus tôt
l'as-tu laissé.... s'envoler, s'évanouir comme tes idées ?
l'as-tu laissé prendre le cap sans boussole dans tes songes mon ami,
cette clef t'est confiée, prends en soin et va au plus profond, la retrouver."

Chaque rêve se bouscule et veut sa place
chaque endroit est pris tel une ville qui succombe
construire au-dessus des grattes ciel le grand fleuve
une immense étendue avec nos mots à mots
ceux qui se tordent de douleur et aspirent à une tranquillité méritée
ceux qu'on oublie pour penser au pressant, oppressés
la grande autoroute s'achève enfin, et les pionniers martelés
commencent à écrire.... les premiers mots,
des gens d'en bas, les pauvres chanteurs
ceux à la voix cassée qui, apercevant la colombe
ont suivi sa voie, les artistes de cinéma fantastique
les saules pleureurs sur fond blanc
pour gravir les marches et inscrire leurs maux.

"N'as-tu pas vu ces formules envoyées dans le ciel,
celles qui prient, pour que tout s'efface, les explosions croisées
les déchaînements impitoyables s'abattant sur eux
les terminaisons à refrains des grands ducs
les marginaux à trottoirs et serpillières de salon
les enfoirés de l'apocalypse et les gredins à sous
as-tu seulement jamais osé les défier
leur dire les phrases à scandales
celles qui pourraient leur faire voir les choses, autrement
leur montrer la vraie couleur du temps
as-tu jamais un jour essayé mon ami ?"

Chaque jour qui passe est un jour d’impasse
mais la colombe surgit et trace la voie.

vendredi 13 juillet 2007


J'ai percuté la rampe à l'envers
me suis retrouvé les deux pieds sur terre
sur un coup de tonnerre, raide comme une équerre
juste avant l'après-guerre, planté dans un cimetière.

Miséricorde, c'était pas triste je vous l'accorde
pas encore de concorde mais des hordes
de jongleurs à désordre, qui grattent
sur des six cordes, les airs du désaccord.

Ils saignent et baignent dans l'immense plaine
les tirs d'obus, c'est ça qu'ils craignent
ils sont là par centaine avec un seul capitaine
ses pauvres gars choppent la migraine par demi-douzaine.

J'ai reçu des éclats, je ne sais plus trop pourquoi
on m'a dit, toi va par-là et suit cette croix
j'ai vu des caporaux qui nettoient et d'autres servirent de proie
et puis dans le tas, y a ceux qui aboient et ceux qu'on ne revoit pas.

Aussi j'ai décidé de ne plus y retourner
une jambe en moins c'est lourd payé
le délai est bien trop long à rester dans l'abstrait
mais je n'ai pas eu le choix, une fois réparé
j'étais renvoyé dans une tranchée.

Et puis il y a eu cette nuit où l'on n'entendit plus un bruit
notre sergent entreprit une sortie dans la boue, aplati
c'était de la folie mais on suivit comme des zombies
bien trop prés, accroupis dans le brouillard, ce fut une boucherie
les MP40 et mortiers ont chanté comme des furies
"Tous aux abris" je pourrais écrire mon autobiographie.

Alors sur ma seule jambe moi j'ai couru
bien plus vite qu'un pendu avant d'être abattu
et sur ma route j'ai dit adieu aux tondus
aux vieux que j'avais connu, étendus
je les avais prévenu et maintenant, tout était foutu.

Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai dû trébucher
je suis tombé et à cet instant j'ai repensé
à ma femme, mes enfants, que je les aimais.
Tout s'atténuait, et pour les rejoindre je m'en allais
bien plus vite que pour finir fusillé.

mercredi 4 juillet 2007





Un ascenseur à chiffres négatifs
plongeant dans le lointain passé
des bas-fonds de pensées obstruées
aux formes de verbe éblouissantes
le présent souvenir d'une inconnue
spectre vagabond à l'apparence de dame
survole par soupiraux au large couloir
revoir sous l'histoire les insurgés du malheur
pleuvoir les lames du perfide inquisiteur
sonner minuit et trancher les gorges
offrant le sang des fleurs servantes.

Les pièces souterraines, caveaux d'argent
tenant lieu aux yeux enfoncés, d'oubliettes à damnés
juste au-dessous des cabarets des gens de lettres
des chansonniers quelques écus acquittés
et d'une rombière à gros jupons faisant ripaille
d'abondants raisins et sermonner les culottes courtes
petits pilleurs poisseux orphelins des marées.

Il y a eu cette nuit, nuit d'octobre à scarabées
colporteurs d'élixir miraculeux
quintessence du merveilleux, prodigieux bienfait
vendu sous l'oeil de gardes intrigués, amusés
la lune fit venir la dame des bois, femme des loups
accouplée avec le démon, sorcière à sacrifier
pour elle un bûché était prêt mais jamais capturée
l'on dit que ce sont les cris, les hurlements de la nuit
qui l'ont fait venir jusqu'ici, les plaintes faisant tressaillir les morts
par les ténèbres les loups étaient venus
la rendant féline, animale et imperceptible
elle se rendit et amena ses fauves dans l'antre
dévorant les bourreaux dans les prisons écarlates
mais les gens réveillés, croyant avoir affaire au diable
brûlèrent l'endroit considéré en l'instant
comme la porte de l'enfer terrifiant.

Plus d'un siècle plus tard, l'on peut toujours en ces lieux,
y lire la phrase écrite en cette sanglante nuit:
"N'as-tu vu les parois rougeâtres avancer de leurs crocs immenses et se replier sur ta gorge"
St Denis - 1864

lundi 2 juillet 2007


Il y eut un matin, un mois prochain, une nuit d'après, presque, une année.
Tard dans la pénombre, remuant son café, elle était assise là, tout près.

On le lui avait bien dit mais maintenant je sais,
elle dépeint d'une main une vie sans abonnés,
combien d'années ?
Le large rideau orangé tarde à s'ouvrir sur le théâtre de sa vie.
Malgré cela, le soleil réchauffe la pièce et avance sur sa peau comme l'ombre d'un marchand de sable. Doux teint senteur pèche, il court dans ses cheveux de toute leur longueur. Jamais il ne s'était plut à se perdre ainsi, et dans son dos, finit de faire disparaître les derniers frissons, de ces matins solitairement froids.

Sur la table, un stylo, son agenda, une coupe, quelques agrumes, un rouge à lèvre et puis, hormis ses amis et son boulot, le vide absolu.
C'était bien ce matin là, qu'elle se surprit, à regarder sa vie.
Toujours, ces mêmes gestes, toujours qu'une seule brosse à dent dans la salle de bain, toujours ces soirées seule devant la télé ou ne jamais sortir accompagnée.
Cacher aux autres ce cruel manque d'affection, regarder les couples s'aimer,
se détester, attendant un signe, quelque part, mais où regarder ? (soupir).
Elle avale son café, deuxième soupir, s'en ressert un pour la bonne cause
et puis tient, l'envie de fumer lui reprend, tant pis, elle arrêtera une prochaine fois, un paquet se trouve là, dans le tiroir de la vieille commode, sous les magazines.

Aujourd'hui c'est férié, peut-être une belle journée...
Elle enfile son peignoir, ouvre les rideaux et dans ses yeux, le soleil devinant l'humidité qu'il y régnait, vint les éblouir de toute sa splendeur, transformant pupilles sombres en rivière étincelante.
Elle cligne des yeux et de deux gestes, place la clope à ses lèvres comme une veille habitude et embrase l'extrémité à l'aide d'une allumette. Et puis, le plaisir à évacuer cette fumée des poumons, comme si tous les malheurs s'y échappaient en même temps, les souffler dans le vent, les voir s'évaporer.

Tout ça est ridicule, elle jette la cigarette et la regarde tomber, du haut de son balcon. Alors elle pense qu'elle aurait peut-être le temps de se consumer avant d'atteindre le sol, que du sixième étage, elle aurait peut-être le temps... elle. Qu'elle dans sa vie, elle le voit passer le temps, tous les matins devant sa glace, en échangeant seulement, quelques mots avec un combiné, sans abonnés.

Penchée à son balcon, sur la pointe des pieds, au-dessus des toits et antennes paraboliques, par ce beau matin de mai, elle murmurait en secret qu'elle se pardonnait.
En équilibre sur la rambarde, sa pensée légère s'étant égarée, elle était prête à s'envoler. Alors soudainement, la sortant de ses envies, un vieil ami vint lui rappeler, que tout n'était pas encore fini, et que si jamais elle avait besoin, elle pouvait appeler, le téléphone se mettant à sonner.